Deux Normandes bien décidées. Bel exemple de ténacité (MHAP)  A lire aujourd'hui dans Paris-Normandie

Elles poursuivent leur ancien patron jusqu'au Maroc

Deux ex-salariées de Palace Parfums de Saint-Nicolas-d'Aliermont se sont envolées hier pour le Maroc où leur ancien patron a installé son usine.

«Nous voulons voir nous même où nos anciens patrons ont rouvert leur entreprise. Puisque la justice dit qu'elle ne les trouve pas, nous allons leur montrer que lorsque l'on veut on peut. » Sophie Somont et Huguette Gréboval, deux des ex-salariées de Palace Parfums ont pris l'avion hier soir, direction le Maroc à la recherche de Peggy Maze, leur ancienne PDG. « Des éléments nous laissent supposer qu'une nouvelle unité de production à été montée à Tanger » explique leur avocat Me Garraud.
Alors les filles veulent voir sur place. Camescope et appareil photo en main elles vont essayer de rencontrer leurs anciens patrons. « On va leur demander pourquoi ils ont fait ça. » Un contact à Tanger devrait les mener jusqu'à la nouvelle usine. Cette action, elles y pensent depuis des semaines.
La décision de surseoir à statuer de la chambre sociale de la cour d'appel de Rouen, dans le paiement des indemnités liées aux heures supplémentaires, en attendant la fin de la procédure pénale, est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de ce dossier complexe. Car depuis janvier 2003, date du déménagement sauvage de l'entreprise de conditionnement de parfums, Parfums des Champs puis Palace Parfums, installée à Saint-Nicolas-d'Aliermont, les procédures engagées par les 48 ex-salariées s'accumulent pour obtenir la requalification de leur contrat et le paiement des indemnités et heures supplémentaires.

« Nous prenons les choses en main »

« Puisqu'on ne veut pas nous entendre, nous prenons les choses en main », expliquent les ex Palace Parfums.
« Il y a quelques mois, l'émission Capital de M6 a réalisé une enquête et diffusé un reportage. Partant de ces renseignements, nous avons décidé d'y aller. » Arrivées à Marrakech hier soir elles doivent se rendre à Tanger dès ce matin.
Parties au nom de toutes les anciennes salariées de Palace Parfums, Sophie Somont et Huguette Gréboval « ont avancé les 650 € » des billets d'avion et de l'hôtel, malgré leur situation professionnelle très fragile. La première a retrouvé du travail et la seconde est de nouveau sans emploi. « C'est pour cela que nous organisons un concert samedi soir à Dieppe, pour récolter un peu d'argent. Nous pensons même à constituer un fonds de solidarité. »
Argent qui permettrait alors d'aider les filles les plus en difficulté et de financer d'autres actions, car les ex Palace Parfums n'en resteront pas là. Du côté judiciaire, « le juge avait promis des réponses pour la fin février, il y en aura », assure Me Garraud.
En attendant samedi, avant le concert, Sophie et Huguette projetteront le film qu'elles auront enregistré sur place.

MARIE CHRISTINE URSET