Le percepteur de Néron mais aussi philosophe, Lucius Annaeus Seneca, Sénèque,  disait à son époque : <<Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles >>

Je trouve son propos très à propos concernant les Normands et leur Normandie. Les choses sont devenues difficiles voire très difficiles car les Normands n’osent pas assez réclamer haut et fort que leur soit rendu ce qui leur fut volé. Une grande et forte Normandie leur fut enlevée pour en faire deux régions qui ferment depuis des années le peloton des régions françaises.

Les présidents à la destinée des régions normandes en sont résolus à coopérer. La coopération inter-région en Normandie draine des coûts supplémentaires : des études de faisabilité, des séances de travail, des projets, la rédaction des accords …

Les Normands entretiennent deux systèmes de gestion, les Normands rémunèrent deux présidences régionales. Cela ne serait plus si les Normands clameraient haut et fort leur désir de voir la Normandie retrouver sa puissance par la réunification.

Je regarde autour de moi, tout fout le camp, les centres de décision quittent la Normandie, l’État joue les Normandie l’une contre l’autre ou bien ce sont les Présidences qui se font une concurrence maladive. Les investissements étrangers sont nuls en Normandie, les jeunes qui devraient faire l’avenir de la Normandie partent chercher du travail ailleurs. La Normandie est attrayante pour ses voisines qui savent capter ses richesses, elle est lourde à porter pour les Normands car elle coûte très chère à ses contribuables.

Divisés, tout ce que font les Normands est petit, ainsi fait-t’on du petit commerce alors que nos voisins bretons sont ouverts sur le monde. Le cidre breton se vend partout en Europe alors que le cidre normand est introuvable mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. La Normandie ne fait pas la promotion des produits normands en Europe ni dans le monde, seules les distilleries de calvados de piètre qualité démarchent actuellement l’Europe, elles vendent un produit de mauvaise qualité au prix du haut de gamme. Les consommateurs étrangers déçus ne consommeront plus de produits normands et ils ont raison, on leur vend de la merde au prix du luxe. Entre temps si les Bretons n’ont plus le droit de vendre leur alcool de pomme sous l’appellation de Calvados en France, il m’arrive encore de trouver du Calva breton dans des étagères étrangères ( ?).

Cela m’irrite au plus haut point, nous ne deviendrons pas riches tant que nous nous laisserons dépouiller de nos biens, tant que nous ne sortirons pas du carcan qui nous fait plier le dos. Lorsque je rencontre des jeunes gens de la CCI du Pays d’Auge et les producteurs locaux, je perçois en eux une envie de se libérer de ce carcan mais faute de moyens financiers aucun salon de la Normandie ne peut se tenir lors des grandes manifestations (salons etc…) en Europe. Je propose toujours d’ouvrir des portes en Allemagne, je propose d’aider à faire la promotion des produits normands mais faute de moyens financiers toute ma démarche est vouée à l’échec. Je me demande ce que fait l’IRQUA, n’est-ce pas son rôle de promouvoir nos produits ?

Les producteurs de cinq départements normands devraient pouvoir s’entendre et fonder une société de diffusion de leurs produits en Europe, où sont les directives qui les encouragent dans ce sens, où sont les aides ?

Vous remarquerez que je n’ai pas parlé du tourisme, vous connaissez aussi bien que moi la misère du budget normand et je salue le courage des gens qui travaillent au CRT normand comme je saluais plus haut le travail des personnels de nos CCI. Il n’est pas aisé de faire quelque chose quand on à rien pour le faire. Les idées sont là, nous connaissons les outils, il manque l’argent pour les acheter. Décidément les travailleurs normands sont bien pauvres. Tout ceci grâce à la division et à ceux qui l’entretiennent.

Osez Normands, osez !

MHAP