Paris-Normandie m'étonne. Il a su faire la synthèse du choix de Deauville-St-Gatien et nous révèle le drame du Marité. Bravo Paris-Normandie pour ce numéro. Pour une fois il y a de l'objectivité.

Décidemment, tout ce que les Normands entreprennent semblent leur coûter énormément cher (pas un échec mais un coût surélevé). Personne ne se serait douté que nous achèterions une ruine tant le Marité était beau. Il me semble pourtant que nous aurions du faire une analyse de la coque avant de payer le prix. Nous sommes tellement préssés de retrouver notre fierté et notre Normandie que nous accumulons les erreurs. Après le Marité, Deauville-Saint-Gatien ? MHAP

Article paru dans Paris-Normandie de ce-jour

Le Marité n'est pas près de rejoindre Rouen, son port d'attache. Le trois-mâts goélette repose actuellement à Cherbourg. En plein centre de la ville, dans la forme Napoléon. En cale sèche. Arrivé en novembre, pour quatre mois de travaux, il ne partira pas, au plus tôt, avant l'année prochaine. Le dernier terre-neuvier français est en bien mauvais état.

Peinture décapée, pour les besoins de la restauration, coque en partie démontée laissant apparaître des bois endommagés, échafaudages tout autour du bateau. Décidément, le Marité ne connaît pas ses plus belles heures. Le beau voilier fait peine à voir.

Venu ici pour une simple révision, le trois-mâts doit subir une restauration de fond. Impossible de repartir sur mer sans. Le retrait de certaines bordées a dévoilé des dégâts, nettement plus importants que prévus. Des parties de la charpente transversale sont endommagées. La tuile !

Alors que le montant des travaux n'est pas encore estimé, le chiffre d'un million d'euros se murmure. Près de la moitié de son prix d'achat (lire ci-contre). Au moins un an de travaux est nécessaire. Dix charpentiers de marine pourraient être employés à plein temps à sa remise en état.

«Il n'y a rien d'irréparable. , assure Bernard Gérard, ancien charpentier de marine et spécialiste du Marité, pour un bateau de 83 ans, c'est un classique. Techniquement, c'est tout à fait réparable».

Souscription nationale

Reste à trouver le financement. Faute de quoi, le Marité ne peut plus naviguer. Les collectivités locales - ville de Rouen en tête - ne peuvent se permettre de prendre en charge une telle somme. «Il n'est pas question de demander aux contribuables de payer», assure Elisabeth Boudier, adjointe au maire de Rouen.

Un appel à des entreprises privées, via un mécénat, pourrait être lancé. L'idée d'une souscription nationale auprès de particuliers est aussi avancée. Il faut faire vite.

A Cherbourg, le trois-mâts occupe un bassin utilisé par les pêcheurs pour leur carénage. Après avoir pensé, un temps, à le déplacer à l'aide d'une grue, il a finalement été décidé de le laisser sur place. Les pêcheurs cherbourgeois devront effectuer l'entretien de leur bateaux ailleurs.

A charge pour le groupement d'intérêt public, présidé par Pierre Albertini, de les indemniser.