etoile    [Note Yuca] : Caen retrouve de l'appétit pour son futur, peut-être que la Cité de Guillaume le Conquérant retrouvera-t-elle goût également de son passé !

Caen a de l'appétit pour les ions exotiques

Les ingénieurs et chercheurs de Ganil se réjouissent de l'implantation de Spiral 2 : « Un deuxième Ganil. »

Laboratoire scientifique de niveau mondial, le Ganil va doubler ses capacités. Le lancement de Spiral 2 s'est effectué hier à Caen.
Il est désormais bien loin le temps où poussait le blé sur les parcelles fertiles du nord de Caen. Depuis l'installation, en 1976, du Ganil, le Grand accélérateur national à ions lourds, ces terres d'excellence sont devenues les championnes du monde pour produire des « noyaux exotiques ». Une communauté scientifique de 700 chercheurs du monde entier s'y rend régulièrement. Ils viennent à Caen phosphorer sur l'infiniment petit, afin de mieux comprendre le mystérieux monde de la matière et des atomes qui nous entoure.

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Accélérateur d'ions SPIRAL 2

Caen manifeste un tel appétit pour ces fameux noyaux exotiques qu'un nouveau laboratoire, Spiral 2, va conforter sa place de leader dans ce domaine. « Pas une conférence de physique nucléaire ne se déroule sans la présence d'un chercheur de Ganil, assure Philippe Chomaz, numéro 2 de Ganil. Spiral 2, poursuit-il, c'est un deuxième Ganil. C'était un quitte ou double. Sans ce nouvel outil, nous aurions fermé dans dix ans. » Désormais sauvé, Ganil rêve maintenant d'accueillir une autre installation scientifique de haut niveau, baptisée Eurisol. La concurrence sera rude avec le Cern, grand laboratoire de Genève. La décision finale ne sera pas prise avant la mise en service de Spiral 2, en 2012.

Unanimité politique

L'atome rassemble. Pour le lancement officiel de Spiral 2, hier à Caen, les élus de droite et de gauche, Philippe Duron, président PS du conseil régional ; Anne d'Ornano, présidente UDF du conseil général du Calvados ; Luc Duncombe, président UDF de Caen-la-Mer ; Brigitte Le Brethon, député-maire UMP de Caen, se sont, tous, congratulés. Et ont mis la main au portefeuille. Mine de rien, ce nouveau grand équipement caennais - d'un coût de 130 millions d'euros (75 pour l'État via le CEA, le Centre à l'énergie atomique et le CNRS Centre national de la recherche scientifique, 40 pour les collectivités territoriales et 20 pour l'Europe) - est pratiquement du même ordre de grandeur que les grands travaux du Mont-Saint-Michel, 150 millions d'euros pour les fonds publics. Avec six ans de travaux dans les deux cas.

Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, il s'est murmuré hier dans les couloirs du Ganil, qu'un autre projet est également sur les rails. Installé en région parisienne, l'Institut de recherche de sûreté nucléaire, IRSN, cherche à délocaliser une partie de ses laboratoires, avec un effectif de 200 personnes. Bien entendu, Caen est sur les rangs. En concurrence, encore une fois avec Lyon et d'autres villes comme Nantes, Marseille, Nantes. Le gouvernement devrait arrêter sa position en début d'année, lors d'un prochain Comité d'aménagement du territoire (Ciat). Lors du choix pour l'hadronthérapie, Caen avait perdu au profit de Lyon. Le prochain match sera-t-il le bon ?

Jean-Jacques LEROSIER.
Article paru dans OUEST-FRANCE

[Note Yuca : ] quand les enjeux sont importants et dépassent les clivages partisans, les élus de tout bord sont capable de faire cause commune (et de trouver l'unamité politique).. pourquoi n'est ce pas le cas pour la Normandie???

Pour retrouver le Ganil & le Spiral-2  de Caen : http://www.ganil.fr