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La motion "La Réunification : aux Normands de décider !" présentée le dimanche 26 novembre 2006 à Epaignes (dans l'Eure), par l'association pour la réunification de la Normandie, a été votée à l'unanimité par les élus présents et l'assemblée présente.
Motion soutenue par Hervé Morin (président de cette association), par Alain Tourret, 1er vice président, Catherine Morin-Desailly, Jean-Louis Bourlanges, Pierre Albertini, Daniel Goulet, Philippe Augier, Claude Leteurtre, Franck Martin, comme par Jean-Pierre Gohel, directeur du pôle universitaire normand, Philippe Langlois, conseiller agricole, Christian Fougeray, président de la CCI de Pays d’Auge –intervenant à Epaignes-, la motion a été validée également ce jour là par plus de 300 personnes présentes à la rencontre.

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Serment_d_Epaignes

L'association pour la réunification de la Normandie, composée d'élus bas et haut-normands, de gauche, du centre et de droite, privilégie un référendum populaire sur la question de la réunification normande.
(photo:
Ouest-France)

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Voici la motion, connue sous le nom de "Serment d'Epaignes" :

LA REUNIFICATION : AUX NORMANDS DE DECIDER !
Le serment d'Epaignes
Epaignes, le 26 novembre 2006

Le déclin qui frappe actuellement nos deux régions n’est pas une fatalité. Si nous en avons la volonté, nous pouvons redonner à la Normandie le pouvoir régional dynamique dont elle a besoin pour mener des actions concrètes et efficaces. Pour faire bouger les choses. 

Haute-Normandie et Basse-Normandie, ce sont deux mini-régions créées artificiellement et arbitrairement par des technocrates au début des années 1950. Pourquoi perpétuer cette erreur, qui ne nous cause aujourd’hui que des inconvénients ?

Si des coopérations interrégionales se sont développées au cours de ces dernières années, elles restent limitées à certains secteurs et finalement chacune des deux régions conserve une politique qui lui est propre.

Le constat est clair : la Normandie divisée décline

Certains indicateurs sont au rouge, qu’il s’agisse de l’activité industrielle, des créations d’emplois, du chômage, de l’équipement sanitaire… Les Normands quittent leur région qui crée moins d’entreprises, connaît plus de chômage et plus d’exclusion.

A 30 ans, un Haut-Normand sur trois et quatre Bas-Normands sur dix n’habitent plus la Région, partis principalement en région parisienne. Les grandes entreprises implantées durant les années 1960 voient leur présence se réduire, des industries traditionnelles disparaissent, tandis que les chiffres de création d’entreprises sont médiocres. Depuis 1970, on crée même trois fois moins d’emplois en Normandie que la moyenne nationale et, par conséquent, les taux de chômage sont élevés.

L’unité profonde de la Normandie est évidente

La Normandie a une histoire commune, riche de plus de dix siècles, et elle est la plus ancienne des régions françaises.

La Normandie a une culture et une identité communes ; son patrimoine bâti, ses abbayes, ses paysages, sa lumière, ses manoirs, ses rivages, en font une région singulière et unique. On retrouve dans chaque Normand, du Cotentin au Pays de Bray, des traits de caractère communs.

La Normandie est connue dans le monde entier, autant que Paris, Rome ou Londres. La Normandie n’est étrangère pour personne. Elle est synonyme de qualité de vie, de douceur de ses paysages, de gastronomie.

La réunification est le moyen d’un projet d’avenir

La réunification, c’est le moyen…

            - d’atteindre une taille critique et le poids politique nous permettant de prendre notre destin en main, de décider nous-mêmes les politiques et les infrastructures, françaises et européennes, que nous souhaitons (voies de communication, nouvelles technologies, centres de recherche…).

            - de simplifier le réseau des collectivités locales et donc de faire des économies de fonctionnement en faisant l’économie des structures : quel est le sens d’une région à deux départements ou à trois départements où les gros départements pèsent financièrement plus que la région toute entière ?

            - de créer une région pilote, chef de file du développement, en charge de l’aménagement du territoire, tandis que les départements mènent les politiques de proximité (routes, aides aux communes, social …) et adaptent à leurs particularités les grands projets régionaux.

            - d’instaurer un équilibre politique entre les « gros » et les « petits » départements

            - de réduire les coûts et d’être plus efficaces en mettant nos atouts en commun. Unis, nous aborderons ensemble les grandes questions : développement économique, développement durable, ruralité, attractivité du territoire, desserte aéroportuaire, politique maritime et portuaire autour de Port 2000, centres de recherche et universités visibles au niveau européen…

La réunification de la Normandie n’est pas un gadget ni un but en soi. C’est la condition pour rendre notre région attractive, pour mener une politique dynamique en matière d’emplois qui permettra à nos enfants de rester en Normandie, pour lui donner les moyens de se désenclaver et de se doter des infrastructures, des services et des compétences nécessaires.

La nouvelle organisation de la région ne doit pas reproduire la centralisation à la française: Caen sera la capitale régionale, avec des services et des institutions répartis dans les principales villes de Normandie. De plus, des antennes locales assureront la présence du conseil régional, au plus près des habitants.

L’enjeu, aujourd’hui, c’est de jouer ensemble et non l’un à côté de l’autre, ou pire, l’un contre l’autre.

Une Normandie réunifiée donnerait une fière image à la France et à l’Europe. Nous démontrerions notre capacité à refuser le déclin et à combattre les conservatismes, à prendre notre destin en main, avec une belle et grande ambition, et un sentiment d'identité revalorisé.

La réunification donnerait à chaque Normand des nouvelles frontières, un nouvel horizon. Les Normands démontreraient que leur esprit conquérant ne les a pas quittés.

Notre engagement est simple :
les Normands doivent être consultés avant les prochaines élections régionales, c'est-à-dire avant 2010, afin que les prochaines élections aient lieu dans le cadre d’une région réunifiée.