03 juillet 2008
Réflexion normande en famille
Nos parents, nos anciens auraient-ils pu empêcher la partition de la Normandie en 1956 ?
Je ne sais pas s'ils tentaient de le faire, ce que je sais c'est qu'ils furent abusés. La division normande qui devait servir les Normands les a desservis, les a asservis !
Cela fait beaucoup de questions qui découlent d'un sondage perso auprès de Normands de générations différentes. Ces questions je ne les posais pas pour ne pas froisser mes interlocuteurs, je cherche des alliés dans la réunification pas des coupables. Permettez moi de dire ici que je refuse l'idée que les Normands acceptent de vivre comme des moutons parqués dans deux enclos.
En général les plus âgés et les retraités ne voient pas d'intérêts pour eux dans la réunification, ils ne prendraient pas part au referendum. Même l'expression de mes craintes quant à l'avenir de leurs enfants et petits-enfants dans une Normandie morcelée ne pouvaient les faire changer d'avis.
Pour les personnes actives de Normandie, pour les travailleurs, les étudiants, il en est autrement car confrontés à l'imbécilité de la découpe administrative de la Normandie ils veulent faire sauter le verrou.
Une mise en garde aux partisans du referendum, il faut en amont informer (éduquer) les Normands avant de se lancer dans l'aventure d'une consultation électorale et cela prend du temps. Que la politique ressortent les arguments réunificateurs durant chaque campagne électorale ne suffit plus. On ne peut pas plébiciter le referendum sans faire un travail de fond et comme je doute que la Politique s'en occupe rapidement, je vous demande de bien vouloir informer vos ainés des problèmes que vous rencontrez et/ou reconnaissez. Il faut que nos ainés se mobilisent pour la Normandie.
Dès cet été, quand vous rendrez visite à des grands parents, quand vous rencontrerez des membres de votre famille, n'hésitez pas à évoquer avec eux ce que vous attendez de la réunification de la Normandie.
Le challenge est d'obtenir l'assurance du soutien de nos ainés le moment venu (si referendum il y a).
Michel H. A. Patin
Commentaires
En attendant, lettre envoyée à Valérie Fourneyron
Objet : « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain », interrogations sur l’avenir d’une grande ville normande
Madame la Maire de Rouen,
Le collectif « Bienvenue en Normandie », groupe de citoyens et républicains militant pour la défense et la promotion de la Normandie et sa nécessaire « réunification » s’étonne sinon s’inquiète des arbitrages que vous venez de prendre sur certains dossiers qui nous paraissent pourtant essentiels, contrairement à ce que l’on peut en dire, pour le rayonnement d’une grande ville en Normandie comme celle de Rouen qui a un patrimoine culturel et historique de premier ordre à faire valoir en harmonie avec son potentiel maritime, logistique et industriel.
Ce patrimoine et ce potentiel font tout l’intérêt et la beauté de l’Armada des grands voiliers qui s’apprêtent à revenir accoster dans le majestueux théâtre urbain et fluvial de la capitale historique de la Normandie : en tant que Normands, résidant et travaillant à Caen, nous allons les 5 et 6 juillet prochains faire le voyage de Rouen et passer « outre l’eau » non pas pour mesurer à Rouen le mépris que pourrait avoir des Haut- Normands pour des Bas- Normands mais pour vivre ensemble, un fort moment de communion populaire avec les Rouennais, tous les Normands et tous ceux et celles qui viendront voir Rouen et la Normandie en ce mois de juillet…
Cependant, vous avez pris le risque de gâcher la fête : votre annonce du retrait du Groupement d’Intérêt Public pour la restauration du Marité, dernière goëlette morutière de Fécamp avec la Belle Poule à pouvoir naviguer, nous a fait l’effet d’une douche froide… Après plus de 40 années de querelles et de mépris entre Hauts et Bas Normands, à l’heure où l’on parle enfin de façon sérieuse et raisonnable de « fusion régionale » pour faire de la Normandie la sixième région de France, au moment où Laurent Fabius, président de l’agglomération de Rouen s’engage aux côtés de l’agglomération de Caen, des deux conseils régionaux de Haute et Basse Normandie pour promouvoir ensemble un grand événement international autour de la peinture impressionniste en Normandie, vos annonces sur le retrait du GIP Marité ou la remise en cause du projet de médiathèque ne peuvent provoquer qu’interrogations et vives inquiétudes : Où est la cohérence ? Le résultat le plus immédiat de ces annonces est de rallumer la méfiance entre collectivités territoriales normandes et de nourrir de nouveau des tentations politiciennes…
Le Groupement d’Intérêt Public constitué autour du Marité était encore, jusqu’à l’annonce du retrait de la ville de Rouen, le symbole qui pouvait montrer que des collectivités territoriales venues de toute la Normandie pouvaient enfin travailler utilement ensemble : il était temps car les querelles de clochers entre élus et élues nous épuisent depuis trop longtemps… Le localisme et les calculs politiciens sont un cancer en Normandie : l’histoire politique récente de Rouen l’a hélas que trop prouvé au détriment de l’intérêt général de la plus grande ville de Normandie. Nous sommes bien conscients que le Marité était en fort mauvais état mais fallait-il hier le laisser filer en Bretagne ou ailleurs et aujourd’hui parfaire le naufrage en prenant le risque de saborder le GIP Marité ce mois de juillet en même temps que l’Armada ? Piteux symbole !!
Nous sommes conscients ici à Caen que notre avenir régional est lié à celui de Rouen et nous avons été les premiers à être navré d’apprendre le résultat catastrophique de l’audit que vous avez commandé sur la gestion financière de la municipalité Albertini : dans ce contexte difficile, nous sommes conscients qu’il faut hélas trancher, faire des choix car s’imposent avec rigueur les contraintes de la gestion quotidienne d’une grande ville qui connaît des difficultés sociales et économiques… Mais faut-il jeter le bébé normand avec l’eau du bain d’une débâcle financière ? Certes, on peut être légitimement déçu de ne pas voir le Marité à son port d’attache rouennais pour l’Armada 2008, mais de là à prendre le risque de le couler définitivement ? Alors qu’à l’occasion de l’Armada, nombreux auraient été ceux et celles qui auraient fait un geste sur les quais de Rouen pour le sauver définitivement…
Certes, une fusion régionale normande va nécessiter, à terme, le partage de façon équilibrée et rationnelle des fonctions de la future capitale régionale entre Rouen, la sœur aînée et Caen, la sœur cadette : un récent rapport, objectif et honnête sur cette délicate question, permet enfin d’entamer cette discussion, sachant que, comme toutes les discussions de famille, elle ne sera pas simple… Mais de là à faire tomber la maison normande sur nous tous ?
Pour le plus grand profit de Paris, Rennes, Nantes et Lille ? (ou Anvers si l’on n’oublie pas Le Havre…)
Le collectif « Bienvenue en Normandie »
Pendant l'Armada, le naufrage d'une médiathèque
Après le Marité, voici la situation inédite d'un chantier de grande médiathèque à Rouen: le localisme normand a encore frappé...
Sauf que maintenant, le grand malade, c'est à dire notre région, est arrivé au stade terminal: le pronostique vital est engagé...
La preuve? Le récit du dernier conseil municipal de Rouen: ces choses là ne se passent qu'ici...
(source: site internet de France 3 Normandie)
"Qualifiée de "taliban" par l'opposition, la municipalité de Rouen met un terme au chantier de la médiathèque.
"Le conseil municipal de Rouen a approuvé mercredi soir la décision du maire de la ville, Valérie Fourneyron, députée PS, d’abandonner le projet de construction de la médiathèque dans le quartier de Grammont. L'équipement devait remplacer en 2010 la bibliothèque centrale Villon, fermée au grand public depuis 2003.
"La majorité PS, Verts, PCF, MRC a exprimé un vote unanime. Comme prévu, l’opposition de droite, 3 élus UMP et 8 élus du centre, a voté contre cette délibération qui met fin au projet qu’avait défendu tout au long de son mandat le centriste Pierre Albertini, qui fut maire UDF puis sans étiquette de 2001 à 2008.
"Ce projet était très critiqué par la gauche en raison de sa localisation et de son incompatibilité avec les moyens financiers de la ville. Les travaux avaient quand même démarré à l’automne 2007, six mois avant la défaite de Pierre Albertini, sèchement battu au premier tour des municipales.
"Le débat qui a précédé le vote a été vif, trois élus de l'opposition ayant été personnellement impliqués dans la définition et la mise en œuvre du projet. Leur désaccord est d'abord une affaire de principe car elle met un terme à un projet culturel de la ville. Catherine Morin-Desailly, sénatrice Union centriste, ancienne maire-adjointe chargée de la Culture, a parlé d'un "acte de démolition barbare, le contraire de la civilisation", alors que l'UMP Bruno Devaux, qui fut un temps chargé de la politique de la ville, a qualifié la décision de "politique de Taliban". Edgar Menguy (UMP) qui fut chargé de l'urbanisme, s'en est pris nommément à l'actuel adjoint chargé des Bibliothèques, Guy Pessiot, éditeur de profession, décrit comme celui qui "dans 150 ans, sera celui qui a détruit une médiathèque".
"C'est justement M. Pessiot qui avait auparavant rappelé les "trois raisons principales" de l'arrêt du chantier. Premièrement, l'incapacité "de supporter quasi seuls sa construction et son coût de fonctionnement". "L'ancien maire a été complètement irresponsable de lancer un chantier de 49 M€ TTC sans avoir bouclé son financement. Seul l'Etat a apporté sa part (8M€). Manquent les quelque 20 M€ qu'auraient pu apporter la Région et le Département, sans parler de l'agglomération, si dans cette affaire, il y avait eu un minimum de concertation sur le choix de l'emplacement ".
"La deuxième raison est une meilleure connaissance des pièces du dossier. Le programmiste aurait jugé dès 2001 que le site de Grammont finalement retenu, présentait "tous les défauts", sa seule qualité étant de recevoir des fonds européens alors escomptés à 5,5 M€ mais qui ne s'élèveront finalement qu'à 400.000 €. La fréquentation estimée serait de 800 visiteurs jours en raison de son positionnement alors que la médiathèque a été dimensionnée pour en accueillir 2.500, a calculé M. Pessiot.
"Dernière raison enfin, la poursuite du chantier ne donnerait pas les moyens de construire un véritable réseau de lecture publique qui devrait prendre forme dès septembre 2008 par la réouverture de la vénérable bibliothèque municipale de la rue François Villon.
"Reste la question du bâtiment dont le gros œuvre est réalisé presque pour moitié. L'annonce, rapide, d'une démolition a choqué au sein de la majorité municipale qui a finalement intégré dans sa délibération "l'engagement d'une réflexion sur le réemploi du bâtiment à partir de l'existant, des besoins du quartier et de la ville".
"Mme Fourneyron multiplie depuis deux semaines les contacts avec le maître d'œuvre, l'architecte Rudy Riciotti, en vue d'une éventuelle requalification du bâtiment. Les portes ne seraient pas fermées alors que le risque est grand d'un long et coûteux contentieux, y compris avec les entreprises. L'addition pourrait s'élever à 4 M€ alors qu'une dizaine de millions d'euros ont déjà été réglés.
"A comparer avec les 29 M€ que la ville devait encore engager", relativise la maire qui s'affaire également à rassurer les habitants de Grammont sur ses intentions.
A Caen, il est question aussi d'une grande médiathèque régionale: nul doute que Philippe DURON aura en tête le contre exemple rouennais... au risque de se tourner plus encore vers Rennes ou Nantes?
On ne peut pas demander l'impossible aux pèquenocrates qui gouvernent encore dans nos ploukistans normands, mais franchement, le contre exemple déplorable qui nous vient de Rouen (et Caen aussi lors de la dernière municipalité) aura des effets catastrophiques sur le rayonnement bien palichon des deux soeurs capitales historiques de la Normandie...
Heureusement qu'il y a Le Havre pour nous dire enfin que l'avenir est possible en Normandie!
Mais enfin....
L'épisode de Rouen et de sa médiathèque nous conduirait-il à penser que seuls les Normands auraient à subir des élus qui prennent le contrepied de leurs prédécesseurs ou "punissent" ceux qui pensent différemment. Regardons ailleurs à Nice, à Montpellier, j'en passe et des meilleurs. S'agissant de P. Duron, il n'a pas besoin d'aller à Nantes pour voir un soit-disant "BHNS", à Rouen il existe TEOR. Je dois dire que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire. Pourquoi ne pas s'inspirer de Mulhouse (même taille de ville centre et d'agglomération) qui non seulement s'est offert deux lignes de vrai tramway et bientôt une troisième (tram-train) du centre ville jusqu'à 25 km en banlieue (clairsemée) sur une ancienne ligne sncf.
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