Après le nucléaire et la pétrochimie voici le risque gazier. Il n'y a vraiment qu'en Normandie où tout peut péter à la gueule des habitants. Je pense aussi aux risques liés au terrorisme, les accidents se multiplient dans le nucléaire parce que par soucis d'économie nous ne contrôlons plus les entreprises chargées de la sécurité et de l'entretien. Normand-e-s, nous ne valons pas mieux que la mer2 que d'autres viennent déposer ou installer chez-nous. A la place des élus qui ne font qu'assister muets à l'augmentation des risques, je quitterais vite la région car trop dangereuse. Eux partis, nous pourrions redessiner la Normandie comme nous la voulons, belle, forte et rassurante.

Michel H. A. Patin

Lu ce-jour dans OF.

Gaz de Normandie vient de confirmer l'implantation d'un terminal méthanier au Havre. Modifié, le projet est toujours rejeté par les riverains.

Après des mois de débats publics houleux, Gaz de Normandie (1) a décidé, mi-juillet, de confirmer l'implantation d'un terminal méthanier au Havre. D'une capacité de 9 milliards de mètres cubes de gaz par an, il sera construit à Antifer, port pétrolier du Havre créé dans les années 1970 pour recevoir les supertankers. Cette nouvelle installation portuaire aura la capacité d'accueillir les plus grands navires méthaniers de 270 000 m3 (130 000 tonnes).

Cette éventualité inquiète les riverains. Trois associations, très motivées, ont mobilisé la population et recueilli plus de 4 000 signatures. Elles contestent l'utilité du terminal et dénoncent « l'inefficacité du gaz naturel liquide pour lutter contre l'effet de serre ». Mais, leur opposition est avant tout motivée par la peur d'un accident majeur à proximité des habitations du village de Saint-Jouin-Bruneval (1 800 âmes).

Un surcoût de 60 millions d'euros

« Avec la présence du pôle pétrolier à proximité, on peut, sans dramatiser, redouter l'effet dominos, évoque Sylvie Barbier de l'association Écologie pour Le Havre. Aucune issue de secours n'est possible pour évacuer la plage, située au pied de la falaise, à seulement quelques centaines de mètres des cuves de stockage. En été, elle est très fréquentée par les Havrais. »

Ces angoisses, Gaz de Normandie dit « les avoir entendues. Nous avons modifié nos plans en conséquence », indique Yves Bramoullé, directeur du projet. « Nous avons déplacé le terminal pour préserver l'accès à la plage et éviter un impact négatif sur le tourisme. » Étretat n'est pas loin. Concernant, les réservoirs géants (150 000 m3 à 200 000 m3), qui recueilleront le gaz liquide, « ils seront implantés 600 m plus loin ». Ces évolutions entraînent un surcoût de 60 millions d'euros.

« On amuse le peuple », ironise Annie Leroy, d'Écologie pour Le Havre. « On veut nous faire croire que la falaise réduirait les risques en cas d'accident grave. Ce n'est pas ce que nous avons constaté en étudiant les effluves du terminal pétrolier. Les deux valleuses à proximité font effet de cheminées », détaille Sylvie Barbier.

Président de Saint-Jouin développement durable, Guy Le Mignot va engager des recours en justice. « Gaz de Normandie n'a retenu aucune des propositions du débat public sur le lieu d'implantation. » Une manifestation est annoncée pour la rentrée.

Les éoliennes plus dangereuses

Gaz de Normandie compte sur la publication des études de sécurité, en cours, pour démontrer le bien fondé de ses affirmations. « Elles seront rendues publiques après validation par la Drire » (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement), s'engage Yves Bramoullé qui espère ouvrir son terminal en 2013. Investissement prévu : 600 millions d'euros.

À partir d'octobre, le nouveau président de Gaz de Normandie, Hubert Fournier, ancien préfet de Région en Basse-Normandie, aura la tâche de mener le projet à son terme. Il va devoir affronter un contexte électrique. Aux dernières élections municipales à Saint-Jouin-Bruneval, la liste des opposants a balayé les sortants dès le premier tour. Conseil régional haut-normand et conseil général de Seine-Maritime sont également opposés à cette construction.

Pour mémoire, la direction du port autonome du Havre a rejeté un projet d'installation d'éoliennes sur la digue d'Antifer. Elle l'a jugé trop dangereux à proximité du terminal pétrolier.

Jean-Pierre BUISSON.