L’Axe Seine ne suffit pas : le « cœur » de la Normandie se mobilise !

 

L’association « EURE NORMANDIE + »  se mobilise pour la promotion d’un tracé de la future Ligne Grande Vitesse (Ligne Nouvelle Paris Normandie) qui permette la desserte de l’ensemble du territoire normand…

 

Le scénario « B » étudié par la commission de préparation du débat public qui aura lieu cet automne semble à cet égard le plus pertinent en terme de coût , en terme d’impact sur l’environnement et en terme de service rendu au territoire : ce scénario de LNPN via Evreux permettrait en effet une desserte du cœur de la Normandie, actuellement « à cheval » entre les régions administratives de Haute et Basse Normandie, de Vernon à Lisieux en passant par Evreux et Louviers… tout en préservant l’essentiel : la liaison Paris /Rouen / Le Havre / Caen en moins d’1h 30.

 

Les élus eurois mobilisés dans cette association veulent, en outre, rappeler que l’ensemble urbain « Vernon-Evreux-Louviers » rassemble 233 523 habitants et quelques 10821 entreprises (notamment le pôle aéronautique de Vernon)…

 

Cette démarche est donc comparable à celle des élus Bas-normands (notamment Laurent Beauvais président du CRBN et Philippe Duron député-maire de Caen)  qui affirment depuis le début, non sans courage et lucidité, que le seul « axe Seine » ne sera pas suffisant en terme de population et de territoire pour assurer la rentabilité interne de la future ligne : c’est un bassin urbain d’au moins un million d’habitants entre Caen à l’Ouest, Le Havre au Nord, Rouen à l’Est et Evreux au Sud qu’il faut défendre et valoriser pour aller chercher les financements… Dès maintenant !

 

Se focaliser sur le seul « Axe Seine » avec les agglomérations de Rouen et du Havre  isolées  face au mastodonte du Grand Paris  comme cela a été présenté au dernier colloque de Rouen , ou se focaliser sur la seule urgence du nœud ferroviaire rouennais ou du « bouchon » du Mantois, comme le fait Alain Le Vern, c’est non seulement manquer d’ambition mais c’est surtout prendre le risque politique de la mise sous tutelle définitive d’une Normandie « utile » placée sous l ‘étroit contrôle de la région parisienne

 

En clair : le cœur de la Normandie et ses marges occidentales (Eure + Basse-Normandie) se mobilisent pour éviter le suicide par noyade dans l’Axe Seine d’une Normandie rouennaise et seino-marine ! 

 

C’est peut-être actuellement du côté d’Evreux ou de Caen que les intérêts de Rouen, en tant que métropole qui attend toujours d’être à la tête d’une vraie région, sont paradoxalement, les mieux défendus !

 

Face aux atermoiements rouennais (Fabius est tenté d’attendre après les élections présidentielles de 2012), face à la complexité du dossier notamment financière, face à l’urgence de l’agenda (débat public clos en janvier 2012 et mission de financement achevée en mars 2012) la mobilisation des élus de l’Eure et de la Basse-Normandie est donc exemplaire !

 

Nous espérons donc que le Commissaire Général au Développement de la Vallée de la Seine, un certain Antoine Rufenacht qui vient de constituer son équipe de travail installée au ministère de la Ville, qui a annoncé son désir de rencontrer les élus normands et les forces vives de notre région,  comprendra, en tant que  représentant de l’Etat et porteur d’un intérêt national et européen en Normandie  qu’une vallée ne peut être qu’un corridor et qu’un Estuaire a toujours deux rives !

 

Le 26 septembre prochain aura lieu le colloque de Caen : Antoine Rufenacht a d’ores et déjà souhaité être présent. Il serait donc judicieux que les élus eurois animateurs de l’association « Eure-Normandie + » y soient aussi pour rencontrer les élus bas-normands et rappeler ainsi à l’envoyé du Gouvernement qu’une vision commune de la Normandie peut finalement exister dans et au-delà du seul « Axe Seine »…

 

Car, sans préjuger de la bonne foi d’Antoine Rufenacht qui a toujours défendu l’idée d’unité normande et du rôle impartial qu’il souhaite désormais jouer (son équipe accueille notamment Laurence Tison-Vuillaume, adjointe au maire de Rouen en charge de la Culture et conseillère régionale au CRHN : elle sera en quelque sorte « l’œil de Fabius »…), il faut dire que le libellé de sa lettre de mission reçue du Premier Ministre le 24 mai dernier,  fera frémir tous ceux et celles qui sont mobilisés actuellement pour une Normandie active et non pas simplement agie:

 

« Concevoir les modalités d’un développement durable et intégré sur la grande échelle de la vallée de la Seine, valorisant les atouts de l’ensemble des territoires franciliens et normands directement ou indirectement concernés »

« Identifier les vecteurs culturels et socio-culturels ainsi que les initiatives qui pourraient développer un sentiment d’appartenance , facteur de cohésion territoriale, à cette partie singulière du Grand Paris qu’est la Vallée de la Seine »

« Définir les objectifs et les modalités de fonctionnement d’une gouvernance destinée à créer du consensus ou arbitrer les divergences (sic !), coordonner les actions et assurer un suivi des décisions prises et des actions en cours »

 

Pour qu’il en soit autrement, il faut donc que les élus normands « apprennent à chasser en meute comme les bretons » !

 

Le conseil vient d’Antoine Rufenacht et le message est reçu 5/5  dans l’Eure et en Basse-Normandie

 

Et à Rouen ?