29 janvier 2012
Lisieux encore plus isolée
Quand nos élus dorment entre les élections cela donne CA.
27 janvier 2012
PNA vs NIMBY
NIMBY c'est le petit nom que l'on donne au monstre aquatique qui hante les eaux trop dormantes du canal de Caen à la mer: un projet de navigation et de manutention maritime sur le canal du port de Caen, au pied du viaduc de Calix a brusquement réveillé la bête... NIMBY est même sorti de l'eau pour enflammer l'enquête d'utilité publique: les riverains découvraient qu'ils habitaient près d'un... port!
Mais Ports Normands Associés semble vouloir combattre finalement NIMBY pour qu'il retourne à sa tranquilité...
NIMBY ? mais qui est NIMBY? Rodolphe Thomas l'inénarrable maire d'Hérouville Saint Clair le fait afficher sur les panneaux lumineux de sa propagande municipale localiste:
Oui bien sûr, on veut bien des navires dans le port de Caen oui mais "Not In My Back Yard" (Pas au fond de mon jardin...)
Avec de tels arguments, ce sera difficile de penser l'avenir industriel de la Normandie...
Ports Normands Associés va donc certainement reprendre l'option d'aggrandir le site de Blainville sur Orne au risque d'affronter les associations écologistes en raison des zones humides classées qui entourent ce site...
Aura-t-on un réveil du NIMBY lorsque le garagiste Thomas voudra construire ses marinas "les pieds dans l'eau" à proximité immédiate d'un dépôt pétrolier, d'un viaduc autoroutier et d'une usine de retraitement des eaux?
50 000 CAMIONS SUR LES ROUTES entre Caen et Le Havre par an pour assurer la tranquilité des poules d'eau et des rameurs: on appelle ça le développement durable...

Communiqué de presse du 26 janvier 2012
Suite à l’avis du Commissaire Enquêteur et à l'annonce du Préfet de Région de ne pas donner suite à l’implantation de la plate-forme conteneurs sur le site de Mondeville et Hérouville-Saint-Clair, Laurent BEAUVAIS, Président de Ports Normands Associés a réuni le bureau de PNA et entamé des consultations. A l’issue de ces démarches, il a :
•confirmé sa volonté de poursuivre, avec le port du Havre, le partenariat engagé avec des opérateurs portuaires pour l’établissement d’une liaison maritime conteneurs.
•demandé aux services de PNA de travailler en concertation avec la CCI de Caen et l’agglomération de Caen la Mer pour proposer des solutions adaptées afin d’assurer le lancement de ce nouveau service dans les meilleurs délais. Il apparaît, en effet, absolument nécessaire de faire vivre ce projet de plate-forme conteneurs et de soutenir ainsi les 2 300 emplois portuaires*. En période de crise, il est plus que jamais primordial de tout faire pour développer l’emploi. Ce projet doit créer de l’emploi et de l’activité économique sur un port qui se classe au 10ème rang français (3ème rang hors grands ports maritimes). « Les opérateurs privés et les chargeurs nous ont tous reconfirmé aujourd’hui la nécessité de cet équipement. Nous avons donc décidé d’engager un nouveau processus de concertation et d’expertises pour que ce projet puisse se réaliser dans des délais satisfaisants. Plus que jamais nous restons tous mobilisés au service de la population, de l’activité économique et de l’emploi en Basse-Normandie » a déclaré Laurent Beauvais.
* Etude PNA – Université de Caen Basse-Normandie de 2009 :
•930 emplois directs
•1 270 emplois indirects
•100 emplois induits
Contacts presse : Ports Normands Associés : 02.31.53.34.61
PETROPLUS: le massacre de la 4ème région industrielle de France continue...
A lire sur Paris-Normandie: les tribulations des salariés normands de Pétroplus...
Petroplus sur tous les fronts
Publié le vendredi 27 janvier 2012 à 08H00
SOCIAL.Une enquête préliminaire pour faillite frauduleuse a été ouverte concernant la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, tandis que les salariés manifestaient hier à Rouen.
Les salariés de Petroplus dans les rues de Rouen hier, dénonçant l'attitude des banques (photo J-.M. Thuillier)
L'enquête préliminaire pour faillite frauduleuse a été ouverte par le parquet de Nanterre sous le soupçon que le compte bancaire de Petroplus-France a été amputé d'une centaine de millions d'euros.
« En clair, les banques se seraient servies sans autorisation, commente hier Yvon Scornet, l'un des dirigeants de la CGT de la raffinerie.
Le groupe dément les allégations
Avant que la faillite ne soit prononcée, elles ont récupéré cet argent. Ce qui est proprement scandaleux. Alors nous sommes satisfaits qu'il y ait une enquête ».
Deux perquisitions ont été menées mercredi matin par la brigade financière de la police judiciaire parisienne, la première au siège de la filiale française de Petroplus à La Défense, la seconde à la Deutsche Bank où la société a ses comptes. Le groupe suisse Petroplus a demandé à être mis en faillite et ses filiales en France et en Allemagne ont été placées sous administration judiciaire. L'enquête diligentée par le procureur de Nanterre Philippe Courroye fait suite à la décision du tribunal de commerce de Rouen de placer mercredi en redressement judiciaire pour six mois la raffinerie Petroplus dont la direction a déposé le bilan mardi. Un administrateur et un mandataire judiciaires ont été désignés par le tribunal pour rechercher toutes les solutions permettant une relance de l'activité avec un éventuel repreneur. La raffinerie, qui emploie 550 personnes, est à l'arrêt depuis début janvier peu après le gel par les banques des lignes de crédit de Petroplus. Le groupe compte quatre autres raffineries, elles aussi concernées par la menace de faillite, à Anvers (Belgique), Cressier (Suisse), Coryton (Grande-Bretagne) et Ingolstadt (Allemagne). L'action Petroplus est toujours cotée à la Bourse suisse. Mercredi, elle ne valait plus que 21 centimes suisses et a perdu -12,5 %.
Le raffineur suisse Petroplus a démenti jeudi les allégations de « faillite frauduleuse » en France. « Petroplus Holding réfute […] toutes les allégations de faillite frauduleuse en France », indique le raffineur dans un communiqué. Le raffineur suisse rejette la responsabilité sur la Deutsche Bank, banque de sa société en France. Selon le groupe, elle a retiré 222 M€ et 59 millions de dollars de son compte, sans en avoir reçu l'ordre.
« Aucune entité juridique de Petroplus n'a donné d'instruction ni pris de mesure pour transférer ces fonds dans ces comptes français », souligne l'exploitant.
A noter enfin que les salariés de la raffinerie ont prévu de manifester jeudi 2 février devant le siège de l'union française pour l'industrie pétrolière (Ufip).
Les banques dans le collimateur
Manifestation peu ordinaire hier dans les rues de Rouen. Ce n'est pas à pied mais en voiture que les salariés de Petroplus ont manifesté hier après-midi pour défendre leur outil de travail.
Environ 200 véhicules, emmenant une grande partie des 550 salariés, sont partis du site couronnais vers 14h pour traverser ensuite Rouen, avec une artère de choix : la rue Jeanne-d'Arc et sa dizaine de banques qui pour le coup avaient décidé de fermer « momentanément ».
Parce que pour les salariés, emmenés par leur intersyndicale CGT-CFDT, CFE-CGC, c'est bien « le groupe suisse et les banques qui ont organisé le pillage de l'entreprise ». A l'appui de leur mouvement, et pour sensibiliser les passants, les manifestants ont lancé et éparpillé des milliers de faux euros, privilégiant de surcroît les entrées de banques et leurs boîtes aux lettres.
En toile de fond, c'est bien le lâchage des banques que dénoncent les salariés de Petroplus dont l'usine a été placée en redressement judiciaire mercredi dernier pour six mois.
« Il faudrait soutenir les politiques industrielles, les emplois, les financer. Il faudra l'imposer !, martèle la CGT. Car les marchés financiers ne seront jamais satisfaits. Il leur faudra toujours plus ».
La Banque de France rue Lecanuet, les grands boulevards, puis retour à Petit-Couronne par la Sud 3 sur la rive gauche, le cortège a considérablement ralenti, voire stoppé à certains endroits, la circulation dans Rouen.
« Nous, on veut rester confiant. L'usine peut tourner, après quelques travaux, et l'aval de l'administrateur judiciaire, et retrouver surtout un bon repreneur », souffle un salarié.
Commentaire de Florestan:
Toutes les huiles défilent désormais sur le site de la raffinerie de Petit-Couronne, y compris les plus consacrées: ainsi la visite remarquée de Mgr Descubes, l'archevêque de Rouen, primat de Normandie après celle de la plupart des candidats à l'élection présidentielle... Et tous de saluer la très grande responsabilité de l'intersyndicale qui unit l'ensemble des salariés soucieux de l'intérêt de leur outil de travail contrairement aux "banksters"!
Mais ces huiles feront-elles la tâche qu'elles ont la responsabilité de faire? à savoir maintenir en France, donc ici en Normandie les capacités de raffinage qui doivent assurer l'indépendance énergétique de notre pays... On rappelera que la Basse-Seine normande fabrique près de 30% du pétrole consommé dans le pays!
C'est pourquoi, nous trouvons particulièrement mal venu de la part du gouvernement Fillon de procéder au changement de préfet de région de Rouen en pleine crise "Pétroplus"! Rémi CARON est un excellent préfet et comme d'habitude quand il y a un bon préfet en Normandie, on nous en prive...
Il faut savoir enfin et surtout que le poste du chargé de mission à la préfecture de Rouen préposé à la "réindustrialisation" était lui aussi menacé! Ce haut-fonctionnaire a vu sa mission prorogée: jusqu'à quand?
Depuis les paroles en l'air de Gandrange les responsables politiques devraient savoir qu'on ne doit pas jouer avec le feu: surtout lorsqu'il s'agit du futur des salariés d'une raffinerie... normande!
LEUR NORMANDIE (en miettes) ET LA NÔTRE !!!

Communiqué du collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie". Caen, le 26 janvier 2012
Le choix de Rouen pour le siège de la future cour des comptes normande sans l'annonce d'une compensation pour Caen (par ex: Caen siège du PRES), le Niet du préfet de Basse-Normandie sur le projet de navette maritime entre les ports de Caen et du Havre, les craintes d'un axe Seine oubliant la Normandie (Rufenacht, Grumbach même vision?), la chicane entre grands élus normands sur le scénario AB en plein débat public, le coup de gueule totalement déplacé d'Alain Le Vern le 17 janvier dernier à Paris sur le financement de la LNPN, et bien entendu, le traitement de ces informations qui peut être fait parfois par la presse, nous amène à être plutôt pessimistes sur la capacité de la classe politique régionale normande à sortir du réflexe localiste pour sortir nos territoires normands du déclin...
Faudra-t-il un nouvel électrochoc?
Par exemple, la déprogrammation de la LNPN du SNIT faute de soutien suffisant en février prochain?
Si tel était le cas, il faudra enfin prendre quelques responsablités pour questionner et dénoncer les irresponsabilités politiques alors que les forces vives régionales et les socio-professionnels normands ont montré un engagement positif sans faille sur la LNPN: Alain Le Vern, jusqu'à présent président du conseil régional de Haute-Normandie, aurait à répondre d'un échec éventuel sur la question essentielle du projet régional devant justifier l'enjeu national de la LNPN et sur son corollaire: l'architecture financière du projet...
Au titre du collectif "Bienvenue en Normandie", nous interviendrons lundi 30 janvier 2012, lors de la réunion de clôture à Caen du débat public sur la LNPN pour rappeler un constat suivant:
Le décalage presque caricatural entre la Normandie volontariste et unitaire des forces vives régionales (ex: le mouvement consulaire, les grands ports, le syndicat CGT, associations normandes, entreprises...) et les mesquineries des élus et leur Normandie en miettes!
et poser deux questions:
1) A quoi a donc pu servir le comité de pilotage pour préparer ce débat si l'on se querelle encore à quelques jours de la fin sur l'architecture même du projet?
2) Au lieu de critiquer le débat public et son organisation n'aurait-il pas mieux valu profiter de ce débat pour présenter et proposer des solutions de financement déjà étudiées et débattues par les grandes collectivités territoriales concernées par le projet?
Car tout attendre de RFF en cette période de vaches maigres sans rien proposer ou presque c'est condamner définitivement le projet...
C'est pourquoi le collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie" a abordé ici sur l'Etoile de Normandie les enjeux très sérieux du financement de la LNPN avec des propositions concrètes pour maîtriser l'architecture financière...
Mais est-ce que la volonté politique normande existe-t-elle?
Nous répondrons par l'affirmative car il faut bien désormais distinguer LEUR NORMANDIE EN MIETTES (celle des élus) DE LA NÔTRE! (associations, entreprises, mouvement consulaire, syndicats, salariés, simples habitants ou citoyens aimant leur région et s'inquiétant de son avenir...)

26 janvier 2012
ROUEN METROPOLE / CAEN TECHNOPOLE
Brève de Ouest-France, ce jeudi 26 janvier 2012:
La Chambre régionale des comptes quitte Caen pour Rouen
Aménagement du territoire, jeudi 26 janvier 2012.
L’annonce a été faite mercredi en fin de journée par plusieurs responsables politiques de Haute-Normandie dont Laurent Fabius, président de l’agglomération de Rouen ; Alain Le Vern, président de Région et Valérie Fourneyron, maire de Rouen. Le Premier ministre a tranché en faveur de Rouen contre Caen dans le dossier de la future Chambre régionale des comptes de Normandie. Les deux chambres actuelles de Haute et Basse-Normandie doivent fusionner. Le siège de cette nouvelle chambre sera à Rouen. Caen espérait garder cette institution en l’installant dans les nouveaux bureaux du quartier des Rives de l’Orne. La chambre de Basse-Normandie siège actuellement au château de Bénouville.
Commentaire de Florestan:
La contrepartie pour Caen est en cours de négociation: il s'agit de faire de Caen et de son université, le siège du Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur de Normandie associant les trois universités normandes, soit 70000 étudiants et 4000 chercheurs, 6 écoles doctorales et bientôt les deux CHU normands.
A moyen terme, Caen doit accueillir plusieurs milliers de chercheurs internationaux en physique fondamentale sur le projet SPIRALE II: alors que Rouen se positionne comme METROPOLE administrative de la future Normandie (la préfecture régionale, la DTA et maintenant la chambre des comptes), Caen doit se positionner comme TECHNOPOLE avec, pourquoi pas le siège du futur conseil régional...
L'Etoile de Normandie remercie donc chaleureusement les amis de l'Union pour la région normande et son président, Yves Loir pour avoir suivi ce dossier d'une main de maître dès l'automne 2010 pour obtenir le résultat d'aujourd'hui: le maintien EN NORMANDIE d'une grande institution administrative. Car la solution de facilité eut été une fois encore de ne pas choisir entre Caen et Rouen et de voir partir la chambre des comptes bas-normande à Rennes et celle de Haute-Normandie à Douai...
25 janvier 2012
CAEN L'AMER!!!
L'avenir du port de Caen?
Des chômeurs et des retraités... "les pieds dans l'eau"!
Lire l'article de Ouest-France de ce jour (25/01/12): concernant la future navette maritime à conteneurs entre les ports de Caen et du Havre, le préfet de région suit donc l'avis défavorable du commissaire enquêteur qui n'a retenu que les plaintes de riverains qui tiennent à ce que le port de Caen reste ce qu'il est devenu aujourd'hui, une mare aux canards et aux cancans!!

24 janvier 2012
SCENE DE MENAGE POUR UNE NORMANDIE EN SEINE !
A lire dans Ouest France du 24/01/2012 Edition caennaise

______________________________________________________________________________________________________________
Commentaire de Florestan :
A une semaine de la fin du débat public ils vident encore querelle ! A quoi donc a servi le comité de pilotage qui devait préparer le débat public sur la LNPN (Ligne Nouvelle Paris-Normandie) ?
Le contraste entre la Normandie en miettes des politiciens et la Normandie en cours d’unification des habitants, des salariés, des entreprises, des syndicats, des associations, des chercheurs etc. devient insoutenable !
Frédéric TADDEÏ PROVOQUE LE DEBAT SUR LA REUNIFICATION NORMANDE
On vient de l'apprendre:
Frédéric Taddeï prépare une émission qui sera diffusée prochainement sur France 3 sur le thème de la réunification de la Normandie avec le partenariat du site Web de la ville de Rouen.
Vous pouvez sans tarder contribuer au débat et à la défense de l'évidence normande en cliquant sur le lien suivant (moyennant votre inscription sur un compte Face de bouc)
http://www.newsring.fr/local
Vous retrouverez notamment sur ce lien, une video grandguignolesque de notre inénarrable Le Vern qui tel un Shaddok atemporel continue de mouliner des arguments foireux contre le vent de l'Histoire...
Je propose donc comme solution normande à la crise énergétique après 2014, l'implantation du moulin LE VERN en pleine mer au large de nos côtes!
POUR UNE NORMANDIE A GRANDE VITESSE: signez la pétition!
http://www.normandie.grandevitesse.org/index.php?petition=2
Le débat public sur la Ligne Nouvelle Paris Normandie se termine à Caen, le 30 janvier prochain: plus que jamais, les forces vives régionales doivent se mobiliser pour la défense de ce projet soutenu par certains élus régionaux comme la corde soutient le pendu: On ne pourra ainsi que déplorer, UNE FOIS DE PLUS! l'attitude PUBLIQUE CONSTERNANTE (ce monsieur ne se gêne apparemment plus...) d'Alain LEVERN, président de "je ne sais plus quoi" faisant un esclandre de plus lors de la dernière réunion du débat public la semaine passée à Paris, consacrée aux modalités de financement du projet...
D'après nos informations, les propos du président de région de trop en Normandie, tenus lors de cette réunion ont été jusqu'à provoquer, chez certains socio-professionnels normands présents, un sentiment de "HONTE"...
QUESTION: LE VERN EST-IL FOU?
21 janvier 2012
La réunification de la NORMANDIE: un enjeu pour les PRESIDENTIELLES 2012
A lire ci-après un communiqué en date du 20 janvier 2012 de Didier PATTE président du Mouvement-Normand.
L'Etoile de Normandie s'en fait l'écho comme elle fera écho à toutes les prises de position sérieuses et respectables en faveur d'une solution de la question régionale normande à l'occasion du débat public précédent les élections présidentielles de 2012
Divisée en 1956, de façon technocratique, sans l’aval des populations concernées, la Normandie est séparée depuis cette date en deux demi-régions, la haute et la basse Normandie. Les différentes étapes de la décentralisation ont ainsi créé deux collectivités régionales, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ont connu un déclin relatif par rapport aux régions qui l’entourent.
En un demi-siècle, la Normandie, dont on vient de commémorer le Onzième centenaire de la naissance, a perdu un grand nombre de fonctions métropolitaines supérieures et beaucoup de tertiaire de commandement ou de décision, notamment des directions régionales d’administrations ou d’organismes qui sont allées vers Lille, Rennes, Nantes, Orléans ou Paris, à telle enseigne que c’est maintenant un territoire dépendant comptant peu de sièges sociaux d’entreprises. Ce territoire n’agit plus : il est « agi ». Ce territoire n’attire plus : un quart de ses jeunes diplômés le quitte chaque année.
Peut-il en être autrement pour des petites régions (deux départements pour l’une, trois départements pour l’autre, les deux ayant des moyens limités pour générer un véritable développement endogène) ? Elles n’ont pas l’entregent suffisant pour faire valoir un lobbying efficace, tant auprès de la Capitale que des autorités européennes ! Le résultat de ce fractionnement des volontés normandes se constate avec éclat dans la déshérence dans laquelle se trouve le réseau ferré normand : de toute la façade maritime de la France, la Normandie est la seule zone à ne pas être connectée aux grands sillons ferroviaires européens.
Cette situation est en elle-même une anomalie : en effet, par la force des choses, des structures unitaires subsistent ou se recréent : une seule Chambre Régionale d’Agriculture, un seul Comité Régional de Tourisme, une seule CARSAT, un seul Comité du Littoral, un seul Etablissement Public Foncier, un Bassin Laitier de Normandie bien individualisé et, bientôt, une seule Chambre Régionale des Comptes et une seule Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie. La volonté d’union ou de réunion des Normands ne cesse de croître, même si elle ne se concrétise pas au plan institutionnel.
Cependant la donne est en train de changer. Et ce, sous la pression de la mondialisation, d’une part, qui incite les zones littorales et portuaires à s’inscrire dans le contexte des échanges intercontinentaux. En fonction, d’autre part, du désir exprimé avec force par le Président de la République de faire de Paris une « ville – monde », ne se concevant qu’avec un accès intégré à la mer.
Paris – la Mer, l’Axe Seine, devient un impératif d’aménagement du territoire national pour le vingt-et-unième siècle et il suppose une prise en compte globale de l’estuaire et de la baie de Seine, avec tous ses ports (Dieppe, Le Havre, Rouen, Caen, Cherbourg). Dès lors, il devient urgent de concentrer les énergies normandes dans un ensemble territorial cohérent et équilibré : la Normandie, « de la Bresle au Couesnon et de l’Epte à la Hague », dans laquelle le Grand Estuaire (dont les pointes sont Dieppe, Vernon et Cherbourg) ferait le pendant et le partenaire du Grand Paris et dont le Pôle métropolitain, constitué par les agglomérations de Rouen, Le Havre et Caen, jouerait un rôle d’entraînement.
On voit donc que la revendication unitaire de la Normandie ne relève pas du folklore ou d’une nostalgie, mais qu’elle s’inscrit dans une perspective d’avenir concernant tout autant les Français que les Normands.
La Normandie est la rencontre de la mer la plus fréquentée du globe, la Manche, et du fleuve, la Seine, qui doit ouvrir Paris au monde : sa vocation maritime est donc essentielle. C’est en outre une des portes d’entrée de l’Europe occidentale pour les flux mondiaux et sa géopolitique en fait une région d’ouverture de première importance. Il est indispensable que les Français, en général, les Normands, en particulier, en prennent conscience et fassent tout pour que cette opportunité d’aménagement du territoire qu’est le projet du Grand Paris et de l’Axe Seine trouve sa concrétisation dans un partenariat équilibré entre la Région Capitale et la Normandie.
Pour y parvenir, il faut donc que la Normandie existe : nous n’en sommes plus aux simples coopérations interrégionales, mais aux convergences fusionnelles afin d’atteindre, dans les toutes prochaines années, la résurrection d’une Normandie conquérante et sûre d’elle-même.
Tout le reste n’est que misérables calculs politiciens de boutiquiers sans envergure ou de prébendiers profiteurs de la calamiteuse division absurde de la Normandie.
Didier PATTE
Président du Mouvement Normand