L'Etoile de Normandie défend les langues régionales françaises:

Avec plus de 25000 Normand(e)s qui parlent la langue normande (surtout dans le Pays de Caux et le Nord Cotentin) avec un enseignement bilingue dans certains collèges, avec des liens culturels très actifs avec les locuteurs en langue normande dans les îles anglo-normandes, une renaissance de la chanson à textes en langue normande et d'une littérature contemporaine en langue normande depuis la fin des années 1970, la Normandie du normand doit encore sortir du folklore du mépris que les responsables d'institutions culturelles "en région" continuent d'avoir pour les expressions culturelles régionales...

Rappelons aussi que c'est un ministre normand de Valéry Giscard d'Estaing, Hubert Bassot député de l'Orne, qui porta en France pour la première fois la question des langues régionales sur la voie législative...

Ce week-end les militants et amoureux des langues régionales françaises se sont mobilisés: la France n'a pas ratifié la charte européenne des langues régionales notamment parce que la Constitution affirme en son article 2 que le français est la langue de la République. Le français n'est pas en danger mais le français se rabougrit en France face au rouleur compresseur anglais ou s'avachit dans ses accents et sa syntaxe en oubliant ses racines linguistiques régionales ou en refusant la rencontre stimulante avec les langues de France étrangères au français (catalan, basque, breton, flamand, alsacien, italien, corse)

Langues régionales : Des manifestations dans tout l’Hexagone

30/03/2012
 

Samedi, les défenseurs des langues et cultures régionales appellent à manifester sur tout le territoire. Leur revendication ? Acquérir pleinement la reconnaissance de cette diversité linguistique et culturelle française.

JPEGNeuf ans après la grande manifestation qui avait réuni 12.000 personnes à Rennes en 2003, où en est le dossier sur la protection des langues régionales ? Apparemment, l’avancée n’a pas été suffisante. En effet, samedi, ce sont de nombreuses manifestations qui sont prévues en France, de Quimper à Ajaccio, de Strasbourg à Bayonne. Se joignent également au mouvement les Picards à Saint-Quentin, les Poitevins à Poitiers, les Savoyards à Annecy, mais aussi les Bretons, les Corses et les Alsaciens. Le mot d’ordre des organisateurs est clair, les langues et culturesrégionales, symboles d’une diversité précieuse, doivent être pleinement reconnues en France. Ils considèrent ainsi qu’il faut modifier la Constitution pour permettre la ratification de la Charte des langues minoritaires.

L’exemple de la Bretagne

Comme le déclare Ouest France, en Bretagne, le nombre d’enfants scolarisés dans les trois filières bilingues est en progression régulière et a franchi le seuil des 14 000 élèves. Cela ne représente toutefois que 2.5 % des élèves de primaire (contre 40 % au Pays Basque et 12 % en Alsace). Ce vivier de jeunes locuteurs, est donc encore bien insuffisant pour compenser la disparition des générations bretonnantes les plus âgées. Le nombre de Bretons parlant leur langue régionale est aujourd’hui estimé à 200 000, un chiffre en constante régression. Certes, le travail de nombreuses associations culturelles a permis à la langue bretonne de retrouver une certaine visibilité, notamment dans la toponymie et la signalétique. Mais elle reste très discrète dans la plupart des domaines de la vie courante, les services publics, le monde du travail. Enfin, de toutes les languesrégionales d’Europe considérées comme « vivantes », la langue bretonne est celle qui bénéficie du plus modeste accès à la télévision.

Une avancée législative est nécessaire

C’est pour toutes ces raisons que les défenseurs des langues régionales, dites « langues de France », estiment que seule une avancée législative, leur donnant un statut et des moyens, peut aujourd’hui sauver une diversité linguistique que Gilbert Dalgalian, linguiste, considère comme « un élément à part entière de la biodiversité » et que la plupart des politiques qualifient de « richesse » nationale. Les attentes des défenseurs ont depuis des années été déçues, malgré de multiples rappels ou condamnations de la France par l’Union européenne. Promis en 2007 par Nicolas Sarkozy durant sa campagne présidentielle, et rapidement confirmé par Christine Albanel, ministre de la Culture, un projet de loi sur les langues régionales a été enterré par Frédéric Mitterrand, dès son arrivée au ministère de la Culture, en 2009.

Un point sur la situation : la Charte des langues régionales n’a pas été ratifiée

Comme le rappelle le site internet d’informations Quoi.info, une Charte des langues régionales a été rédigée par le Conseil de l’Europe en 1992. Elle pose comme objectif « la protection des langues régionales ou minoritaires historiques de l’Europe » et liste des engagements pratiques pour les États, touchant aussi bien l’enseignement que les médias ou les relations entre les citoyens et l’administration. Les États qui la ratifient acceptent entre autres que l’accusé ait le droit de s’exprimer dans sa langue régionale lors d’une procédure pénale et que leslangues régionales puissent être utilisées dans les échanges avec l’administration. Des dispositions qui sont en phase avec les revendications du collectif du 31 mars. Celui-ci souhaite notamment l’instauration du « bilinguisme dans les services publics à direction nationale et territoriale : la Poste, la SNCF, Pôle emploi, l’administration régionale, départementale, municipale ». Si la France a signé la Charte des langues régionales, ce qui signifie qu’elle approuve ses objectifs, elle ne l’a cependant pas ratifiée. En 1999, le Conseil constitutionnel a, en effet, estimé que la Charte comportait « des clauses contraires à la Constitution », notamment par rapport à son article 2.

Voir le site:http://www.languesregionales.org