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Lu dans la dernière livraison de la Manche Libre (en date du 28 juillet 2012)

Ceci...

"Monsieur Jean DENIS, 62 ans, de Saint-Lô, revient sur l'article "500 vaches: allons- nous vers les exploitations géantes?"(La Manche Libre du 14 juillet 2012) qu'il a lu avec "intérêt".

"La réponse que vous apportez à la question que vous posez fort bien dans le titre me laisse sur ma faim: il faut dire que vos interlocuteurs ne sont pas enclins à vous ouvrir leurs portes... et leurs âmes sur un sujet qui les met mal à l'aise vis-à-vis de leurs confrères agriculteurs ou de leurs adhérents.

"Je lis régulièrement un journal agricole et je n'ai jamais vu traiter ce journal de cette question de l'augmentation de la taille des exploitations laitières dans notre région sur un autre plan que technique. La rédaction de ce journal s'interdit manifestement de poser la question  de la taille "optimale" de telles exploitations laitières, même si le régime de gestion par l'Union européenne des quotas de production de lait qui existe depuis 25 ans est programmé pour finir en 2014.

"Pourquoi un tel silence sur une question essentielle qui touche à notre alimentation comme consommateurs, à notre environnement comme habitant en milieu rural, à notre relation avec les vaches qui sont les animaux les plus nombreux dans notre département et qui ont presque totalement disparu de nos paysages? Parce que, selon moi, beaucoup d'agriculteurs ont aujourd'hui honte d'exercer leur métier "avec un profit" alors qu'ils savent qu'ils polluent durablement les sols, les cours d'eau, l'atmosphère et qu'ils ne sont plus les jardiniers du bocage (haies non entretenues régulièrement mais coupées tous les 10 ans pour faire du bois de chauffage, arbres abattus au lieu d'être élagués lorsqu'ils couvrent les cultures, chemins de terre défoncés par des engins agricoles toujours plus gros).

"A cette honte s'ajoute le complexe qu'ils se font de percevoir des aides financières européennes qui constituent pour les exploitations agricoles laitières les plus importantes une recette essentielle alors qu'ils ne préservent pas l'environnement qui est un bien de la collectivité. Beaucoup d'entre eux sont victimes de maladies ou d'allergies liées aux produits phytosanitaires qu'ils utilisent ou qu'ils épandent sans protection suffisante.

"Je ne conteste pas qu'il existe encore des agriculteurs producteurs de lait de vache qui respectent leurs animaux et l'environnement de leur ferme, mais ils sont devenus beaucoup moins nombreux que ceux qui ne savent pas reconnaître un animal en bonne ou en mauvaise santé parce qu'ils n'ont plus le temps de les regarder chaque jour! L'essentiel de leur temps de travail quotidien se passe seul sur un tracteur pour apporter l'aliment aux vaches, faire et refaire leur litière dans les stabulations et dans la salle de traite, 2 fois par jour (soit de 4 à 7 heures au total)

"Ils ne voient de leurs vaches que leurs mamelles lorsqu'elles se trouvent en salle de traite et à la condition que la traite ne soit pas robotisée; l'amortissement du coût financier d'un tel équipement nécessite en effet de traire au minimum 250 vaches laitières ce qui induit un agrandissement très important de la superficie des terres exploitées (de 250 à 300 hectares couramment).

"Le consommateur connaît  à présent grâce aux médias, les conditions "d'élevage en batterie" des petits animaux (poules...) et les acceptent en majorité pour pouvoir manger plus de viande avec un budget alimentaire qui s'est réduit du fait de l'augmentation des autres dépenses ou de la naissance de nouveaux besoins. 

"Mais il connaît encore peu les nouvelles conditions de vie et de production des vaches parce qu'il n'a que très peu d'occasion de pouvoir visiter une ferme pratiquant l'élevage intensif et qu'il confond ces bovins avec les vaches allaitantes qui paissent avec leurs veaux dans les vertes prairies de Normandie.


 

Commentaire de Florestan:

La vache normande est à la mode (Heula, des films documentaires récents, des photographes, des peintres, des beaux livres, l'humour de François Morel)

Mais la pisseuse de lait enfermée dans sa stabulation concentrationnaire est mal traitée...