JO 2012. Le drapeau breton interdit !

Jeux Olympiques samedi 28 juillet 2012
Thierry supportait sa fille Eugénie, attaquante de l'équipe de France de foot, mercredi pour le début du tournoi olympique. Le drapeau breton n'a pas été le bienvenu...

 

Glasgow, mercredi. Thierry Le Sommer et son fils ont pris place dans les tribunes du stade où l'équipe de France féminine de football affronte les Américaines, pour son premier match des JO.

 

Thierry est venu encourager sa fille Eugénie, attaquante des Bleues. En bon Breton (il est originaire de Plumergat près d'Auray), Thierry sort le Gwen-ha-du. Et l'agite à tour de bras, avec son fils.

 

Les vigiles sont intervenus

 

« On est fiers de notre région. En plus, ça permet à Eugénie de nous repérer dans les tribunes. » 

Oui mais voilà. Les vigilants vigiles des JO ont aussi repéré le manège.

 

« Ils m'ont obligé, très fermement, à relâcher le drapeau et à le ranger. Ils ont prévenu la police et ont tenté de me sortir manu militari du stade... Finalement, à force de palabres j'ai pu assister à la fin du match. Nous étions surveillés en permanence. »

 

Thierry n'en revient toujours pas : « Je me déplace dans le monde entier pour suivre les matches internationaux de ma fille et je n'ai jamais été inquiété de la sorte. »

 

C'est le règlement

 

Aux JO, seules les nations participantes ont l'autorisation d'exhiber un drapeau à leurs couleurs. Et du côté du règlement, on ne plaisante pas de ce côté-ci du Channel.

 

« Qu'on m'explique alors pourquoi les drapeaux écossais flottaient partout dans les tribunes ! »

 

Pierre WADOUX (Ouest-France)


Commentaire de Florestan:

ça grogne sur le forum de Ouest France! Un certain nombre d'internautes d'outre Couesnon tombent des nues lorsque des vigiles anglais (des militaires de la Marine vigilants par tradition face à tout pavillon pirate ou de flibuste?) ne font que leur devoir en rappelant le règlement: les athlètes français sont sous la bannière tricolore de la flotte française!

Tout bon plaisancier le sait et quand il arbore en poupe un autre pavillon que celui qu'impose l'immatriculation de son bateau, il peut être mis à l'amende par les affaires maritimes a fortiori lorsque vous oubliez le "pavillon de courtoisie" lorsque vous abordez un port étranger: tout bon plaisancier breton abordant aux îles anglo-normandes le sait...

On rappelera donc que le Royaume-Uni, comme son nom l'indique, est constitutionnellement composé de 4 nations (avec dévolution du pouvoir législatif): l'écossaise avec sa croix de St André, l'anglaise avec sa croix de St Georges, la galloise et l'irlandaise (pour l'Ulster du Nord) il y a donc toute légitimité à voir des croix de St André ou de St Georges dans les gradins des J.O. de Londres. Mais la France ne reconnaissant qu'une nation française certes multiple avec d'autres langues que le français, n'a qu'un seul emblème: le tricolore bleu blanc rouge et ce depuis 1792.

Certes, les provinces historiques françaises ont par usage républicain le droit d'arborer des drapeaux avec des emblèmes plus ou moins authentiques et historiques. Ainsi, quelques exemples: le semi d'hermines pour la Bretagne, deux ou trois lions passants et gardants pour la Normandie, un seul pour l'Aquitaine, les bandes rouges et or pour la Provence, la croix perlée pour le Languedoc, le gonfalon pour l'Auvergne, un lion de sable sur champ d'or pour la Flandre, une croix blanche sur fond rouge pour la Savoie, une diagonale "d'alérions" pour la Lorraine, les six couronnes d'Alsace ou la Corse avec sa célèbre tête de Maure...

Mais le "gwen ha du" adapté du "stars and stripes" américain par un certain Morvan Marchal dans les années 1920 et qui eut la carrière plus que douteuse que vous savez entre 1940 et 1944 n'a vraiment aucune légitimité à représenter des athlètes français aux Jeux olympiques de Londres!

Les 128 volontaires venus de l'île de Sein à Londres suite à l'appel du 18 juin 1940 ne sont pas venus avec l'oripeau indépendantiste de M. Marchal. Ils sont venus à Londres servir la Liberté et la continuité de la République française alors que notre pays était placé sous la botte nazie avant de s'abimer dans une collaboration honteuse avec l'occupant...