Le trio bas-normand à la manoeuvre:

Bernard Cazeneuve (ancien député-maire de Cherbourg, ministre des affaires européennes) ; Laurent Beauvais (président de région en Normandie) et Philippe Duron (député-maire de Caen, président de la commission nationale "Mobilités 21")

Jean-Louis Destans (président du Conseil Général de l'Eure) s'est rapproché des élus bas-normands sur le dossier de la LNPN: c'était indispensable!

Edouard Philippe, le jeune successeur d'Antoine Rufenacht en tant que député-maire du Havre observe: dans la foulée du pôle métropolitain qui va réunifier l'Estuaire normand, les Havrais devraient sortir de leur isolement en rejoignant la dynamique bas-normande!


Dans l'Histoire, on observe souvent que ceux qui se mobilisent et s'activent pour sauvegarder les intérêts du centre se trouvent à la périphérie:

Ainsi: les Portugais au XVe siècle offrent le Monde à l'Europe, les cavaliers Mongols et Mandchou refondent l'empire de Chine au XIIIe siècle...

Les Bas-Normands de Cherbourg se mobilisent pour sauver l'intérêt d'une gare centrale à Rouen et d'offrir pour toute la Normandie la meilleure sortie ferroviaire de la Région parisienne dans le Mantois.

Rappelons ici quelques faits édifiants:

Décembre 2008, Bernard Cazeneuve alors député-maire de Cherbourg, constatant que la liaison Corail Paris-Cherbourg est à bout de souffle s'interroge sur les moyens de relancer le projet de Liaison Rapide Normandie Vallée de Seine: une association "Normandie Grande Vitesse" est alors créée

Avril 2009: l'ensemble des grands élus normands sont abasourdis par les annonces tonitruantes de Nicolas SARKOZY reprenant le projet du maire du Havre Antoine Rufenacht présentant celui de l'urbaniste Antoine Grumbach d'un Grand Paris Maritime tendu sur un Axe Seine réduit au principe d'une liaison TGV Paris- Le Havre en 1 heure par les plateaux du Vexin et du Caux.

Au lieu d'hurler comme les élus socialistes de Rouen, les élus socialistes (mais pas seulement) bas-normands s'organisent dans le cadre d'une "conférence des exécutifs" et se mobilisent à l'initiative du président de région socialiste Laurent Beauvais pour négocier avec le ministre délégué aux transports d'alors (D. Bussereau) pour, à la fois, proposer une amélioration de la desserte Paris-Cherbourg et pour l'inscrire dans un projet de modernisation globale de la desserte ferroviaire normande, intercités, fret et relation avec Paris: de ces négociations parfois difficiles (certains élus eurent alors de grands moments de solitude...) le projet de l'Y NORMAND sortit en juin 2009 et le tout fut repris par Nicolas Sarkozy lui-même en juillet 2009 dans un discours corrigeant les annonces de départ avec l'idée d'une desserte ferroviaire globale des "deux Normandie"

Août 2009: Tenant compte du travail accompli par le président de région normand Laurent Beauvais, le ministère des transports lui envoie les lettres de mission de Jean-Pierre Duport qui vient de prendre la tête du comité technique préparant le futur débat public de l'hiver 2011 de ce qui deviendra la LNPN.

Pendant toute l'année 2010: les élus Bas-normands n'auront eu de cesse (avec ceux du Havre et de l'Eure aussi mais sans coordination directe ce qui en dit long sur l'émiettement politique de la Normandie...) de défendre à la fois l'intérêt global du projet et la nécessité d'une enveloppe financière globale pour éviter le phasage-découpage du projet souhaité par un responsable élu rouennais. "Pas de solidarité de projet sans solidarité de finances" répétera sans se lasser le président de région bas-normand attaché à l'architecture générale en Y du futur projet de LNPN

En 2011: le comité de pilotage du futur débat public présidé par Jean-Pierre Duport fait le point sur les trois scénarios possibles qui seront proposés au Débat public: les scénarios A B et C que nous connaissons mais qui n'ont pas l'heur de plaire aux élus de l'Eure (qui découvrent alors qu'il aurait fallu peut-être s'associer davantage aux élus bas-normands, ce qu'ils font désormais totalement...)

Le 7 septembre 2011: Laurent Beauvais rencontre son homologue président de région Alain Le Vern à Rouen dans le but notamment de construire une stratégie commune des conseils régionaux normands dans le futur débat public (rédaction d'un cahier d'acteur commun). Cette promesse ne sera pas tenue puisque le président de région Haut-normand préférera écrire un cahier d'acteur "Axe Seine" avec l'Ile de France...

Hiver 2011: pendant le Débat Public, les élus bas-normands font bloc autour du président de région Laurent Beauvais, le député-maire de Caen Philippe Duron qui fut le seul à plaider pour une métropole normande en réseau avec Rouen et Le Havre tandis que d'autres acteurs régionaux normands se mobilisaient aussi dans le même sens (les CESER, les chambres de commerce et la fédération normande de la CGT). De fait, les mobilisations bas-normandes et euroises aboutissent, à la fin du Débat Public, à la validation d'un scénario de compromis: le scénario A-B.

Mars 2012: La gouvernance de l'Axe Seine et les perspectives proposées par Antoine Rufenacht en tant que haut-commissaire au développement de la vallée de la Seine sont critiquées sans nuances par les grands élus socialistes haut-normands à Rouen. En Basse-Normandie, la critique se fera plus feutrée et constructive pour ne pas insulter l'avenir.

Après les élections présidentielles de mai 2012 avec son changement de majorité et l'arrivée du rouennais et corrézien François HOLLANDE à la présidence de la République dans un contexte exceptionnel de crise des finances publiques, la priorité de la mobilisation des élus normands devrait être à la création d'un lobby pour sanctuariser financièrement la LNPN et en justifier l'intérêt national dans le cadre de l'Axe Seine: ce lobby existe, il est bas-normand!

Eté 2012: Bernard Cazeneuve en tant que ministre des affaires européennes mais gardant toujours l'oeil sur Cherbourg et la LNPN, garde le contact avec Frédéric Cuvillier, le nouveau ministre en charge des transports qui viendra d'ailleurs à Cherbourg.

Les Bas-normands maintiennent la pression pour que le projet ne soit pas réduit à la seule réalisation de la portion de 25 km entre Paris St Lazare et Mantes la Jolie, pour que le phasage technique et financier qui est indispensable, se fasse en respectant un cadre régional normand ayant un intérêt national.

Octobre 2012: Philippe Duron, député-maire de Caen, déjà président de l'association de financement des infrastructures de transports, prend la tête de la commission nationale chargée de réviser le projet de Schéma National des Infrastructures de Transports (commission "Mobilités 21")

Novembre 2012: au 3ème colloque "Axe Seine" de Paris, les élus bas-normands présents plaident pour la mise en place rapide d'un comité de pilotage de la LNPN dans le cadre d'une nouvelle gouvernance du projet "Axe Seine"

Le 1er février 2013: Frédéric Cuvillier, non s'en s'arrêter à Rouen pour distribuer les déclarations rassurantes indispensables, faisait à nouveau le voyage du Cotentin à l'occasion de l'inauguration de la fin du désenclavement routier du port de Cherbourg pour annoncer que le financement des études nécessaires à la LNPN sera programmé.

Le 4 février 2013 avait lieu à Caen une nouvelle conférence des exécutifs bas-normands autour de Philippe Duron en tant que président de la Commission Mobilités 21: la LNPN qui n'est pas un TGV de plus et qui est au service d'un intérêt national à savoir l'Axe Seine doit échapper au coup de rabot de budgétaire.

Moralité: c'est à Caen que la future gare de Rouen rive gauche et que la desserte fret du Grand Port Maritime du Havre jouent leur existence future... C'est grâce à la mobilisation bas-normande que Rouen échappera peut-être au sort de n'être qu'une seconde Mantes la Jolie sur une ligne de grande banlieue...

Les Eurois l'ont enfin compris et sont dans la boucle bas-normande: les Havrais observent et devraient s'y mettre prochainement.  A Rouen de plus en plus nombreux sont ceux qui voudraient sortir du "méandre". L'Armada des Bas-normands (doit-on dire des vrais Normands?) n'est pas programmée semble-t-il pour 2013: faudra-t-il attendre 2015?


 

A Caen, toujours, les deux présidents des CESER normands, Jean Callewaert (Basse-Normandie) et Gérard Lissot (Haute-Normandie) plaidaient ENSEMBLE hier mercredi 6 février la cause de l'urgence de la LNPN devant le Conseil Général du Calvados:

 

Train. Il y a « urgence » pour la ligne nouvelle Paris-Normandie

Ouest-France: Transports mercredi 06 février 2013

« Plaider pour une union sacrée et un traitement du dossier dans sa globalité. Car il y a urgence pour défendre la ligne nouvelle Paris-Normandie. » C’est le sens de l’intervention des deux présidents des Conseils économiques sociaux et environnementaux régionaux (Ceser) venus s’exprimer ce midi, lors de la session du conseil général du Calvados. Selon les présidents des Ceser, le projet et son ampleur seront tranchés au cours des trois prochains mois.