La NORMANDIE en 2013 c'est

La crise économique, les fermetures d'usines, le chômage, le déclin et la perte d'influence, la perte de compétitivité, le sous-encadrement chronique, la médiocrité métropolitaine, le parasitage politique de l'intérêt collectif régional, l'absence de vision commune ou d'ambition partagée, la fuite des jeunes diplômés, la progression des déserts ruraux, la désintégration territoriale, la confirmation d'un "angle mort", d'un "trou normand" à l'Ouest de Paris entre le Nord européen et la Bretagne conquérante...

 L'heure est grave: alors que la crise économique et financière s'approfondit en France et en Europe, la Normandie institutionnelle, celle des élu(e)s politiques est toujours "en miettes"!

Les 2 Conseils régionaux, les 5 départements et les 3 grandes agglomérations qui devraient former le G10 des grandes collectivités territoriales normandes unies pour nous sortir de la crise, nous infligent un affligeant con-cours d'égoïsmes de cir-con-scription!

La Normandie en 2013 court vers sa mort clinique...  alors que l'on s'apprête à célébrer, une nouvelle fois, le prestige international impressionnant du patrimoine culturel normand: du musée au cimetière, c'est finalement le même grand coup de pompes!

C'est la raison pour laquelle les forces vives régionales et les grands acteurs de la société civile ou les décideurs économiques normands, avec l'énergie que donne le désespoir se démènent actuellement pour mettre en oeuvre un agenda régional normand autonome de celui des politiques.

Puisque l'heure est grave, posons-nous alors la question impertinente:

L'arrogance de Tartarin ou de Matamore d'Alain LE VERN, le président de région que nous avons manifestement de trop en Normandie, est-elle efficace?

Au moment où il faut prendre de grandes et de courageuses décisions, décisives pour l'existence même d'un espace géographique normand ayant encore un intérêt national,  la réponse, hélas, est  NON!

Alors que la conduite du  projet de Ligne Nouvelle Paris Normandie qui se déploie depuis l'Ouest Parisien sur toute la Normandie exige de créer un G10 des collectivités territoriales normandes pour porter une ambition nationale (le maintien en France du premier potentiel portuaire français et la refondation d'un modèle ferroviaire autour de la "grande vitesse de proximité"), alors qu'il faut se mobiliser plus que jamais dans un contexte de crise des finances publiques...

LE REFUS d'Alain LE VERN, président socialiste de la région Haute-Normandie, sous prétexte d'opposition à toute idée d'UNITE NORMANDE qui serait une affreuse idée régionaliste d'extrême droite, de coopérer de façon structurelle avec Laurent BEAUVAIS, son collègue président socialiste de la région Basse-Normandie qui a le malheur d'afficher sa volonté d'oeuvrer à une unité normande aussi évidente qu'urgente, est une...ABSURDITE SUCIDAIRE !

En effet, sur le dossier essentiel de la Ligne Nouvelle Paris Normandie nous constatons, en février 2013 que:

1) L'Axe Seine qui doit donner un intérêt national au projet de LNPN pour garantir la desserte fret des grands ports maritimes de la Basse- Seine normande n'a toujours pas de pilote depuis que Monsieur LE VERN a réclamé et obtenu la tête d'Antoine Rufenacht de l'actuel Premier ministre...

2) Le financement des études techniques et le comité de pilotage de la LNPN se font toujours attendre...

3) Pour "déboucher"  le Mantois ça pourrait être EOLE (le RER E prolongé jusqu'à Mantes) parce que la LGV des Normands, c'est du vent! Du moins, si l'on en croit cet article paru dans le Figaro en date du 4 février dernier reprenant les informations disponibles sur le site de Réseau Ferré de France, il nous parait difficile d'imaginer qu'il soit possible de faire dans un Ouest francilien "très contraint", en cette période de "vaches maigres", A LA FOIS EOLE et la LGV des Normands (LNPN). La région Ile de France, en tant qu'autorité organisatrice des transports va devoir trouver... 3,7 MILLIARDS d'euros pour réaliser ce prolongement du RER E jusqu'à Mantes qui vient d'obtenir sa Déclaration d'Utilité Publique.  

EOLE

(bien entendu, aucune allusion à la LNPN dans cet article...Une étude financée par la région Haute-Normandie doit nous dire s'il est techniquement possible ou non de faire Eole et la LNPN (LGV) dans le Mantois: on attend avec intérêt son résultat ! )

Alors, dans ces conditions, il semble légitime que les intérêts des Haut-normands, aussi "hauts" soient-ils, puissent passer après l'intérêt des voyageurs franciliens qui subissent les désagréments de la saturation du réseau de la banlieue Ouest:

Les banlieusards Normands les plus pressés n'auront qu'à prendre ce futur RER à Mantes vers Paris Centre tandis que le report de quelques 600 000 voyageurs quotidiens de la ligne classique actuelle vers ce futur RER E  permettrait de "déboucher" le Mantois, à condition que les collectivités territoriales normandes financent la modernisation de la ligne classique sur le territoire francilien... 

On dirait un conte de Maupassant ! Non?

 

 

4) Sauver ce qui reste de l'armoire normande: une LNPN oui, mais sans LGV? Comme il n'y a pas d'union sacrée des grands élus normands, comme il n'y a pas d'argent pour le moment, la tentation ne serait-elle pas de proposer une LNPN sans LGV et donc revenir ainsi au plan dit "Bussereau" envisagé au printemps 2009 de "revitalisation" du réseau actuel des grandes lignes normandes qui date, rappelons-le, de Louis Philippe et de Napoléon III. Dans ce cas, si l'on renonce à la meilleure sortie ferroviaire possible de la Région parisienne pour un projet normand d'intérêt national, alors on ne comprendrait vraiment pas pourquoi il faudrait  alors dépenser plusieurs milliards d'euros pour faire à Rouen la plus coûteuse des gares de la... banlieue de Paris! 

Quant au fret ferroviaire venant du Havre, à quoi bon réaliser une rocade "haut-normande" pour éviter Rouen en passant par Serqueux et Gisors s'il n'y a pas un LOBBY NORMAND pour porter la priorité et l'urgence de créer une rocade Ouest de la région parisienne?

Le maillon manquant, c'est le maillon faible... HAUT Normand ! 

Et le "cocu magnifique" l'est finalement trois fois! (Le Mantois, la gare de Rouen et la rocade fret...)


Mais heureusement, il n'y a pas que Le Vern en Normandie !

Les grands élus bas-normands, les présidents des CESER normands, les milieux économiques sont très mobilisés pour porter l'INTERET COLLECTIF DE TOUTE LA NORMANDIE...

 

Philippe DURON, le député-maire (PS) de Caen et président de la Commission nationale "Mobilités 21" chargée d'arbitrer les priorités à financer en matière d'infrastructures de transports a fait, lors d'une conférence de presse, jeudi 21 février dernier, des déclarations remarquéesle maire de Caen et député du Calvados a, en effet, défendu avec vigueur les intérêts des ports du Havre et de Rouen en insistant sur l'intérêt national de défendre l'amélioration indispensable de la desserte ferroviaire des ports français: cette piste serait retenue par la Commission nationale comme "déterminante" et Philippe Duron de préciser qu' « en matière portuaire, la France n’occupe pas la place en Europe qu’elle devrait ». « L’amélioration des conditions de desserte des grands ports maritimes ainsi que des conditions de transit des marchandises des principaux ports français, et notamment du Havre-Rouen, Marseille mais aussi Dunkerque, apparaît comme devoir être considérée comme une priorité ».

(source: filfax Normandie n°4512, 22/02/13)

Mais concernant la LNPN, Philippe DURON prévient:

"la qualité du service, la régularité, la fiabilité du service sont aussi importantes sinon plus que le seul gain de vitesse ». Il tient à rappeler aussi que la commission qu'il préside « s’interroge sur la généralisation de la grande vitesse ferroviaire dans un contexte où, déjà, les grands noeuds ferroviaires et les grandes gares de correspondance sont en voie de saturation ou fortement dégradés »Philippe Duron a également appelé à « une optimisation de l’existant » par la "mobilisation des moyens suffisants" pour assurer l'entretien et la régénération des réseaux.

(source: filfax Normandie n°4512)

Le message est donc clair: Alain Le Vern l'entendra-t-il? Va-t-on optimiser l'optimisation de l'optimisation de la gare de Rouen Rive Droite et ses tunnels?

 

Laurent Beauvais, président PS du Conseil régional de Basse-Normandie (CRBN), Pierre Mouraret, vice-président PCF du CRBN en charge du dossier ferroviaire et Bernard Cazeneuve, ministre délégué aux affaires européennes et ancien député-maire PS de Cherbourg se battent comme des lions pour obtenir un point essentiel pour l'avenir même du projet de LNPN: l'enveloppe financière indispensable pour commencer les études techniques. Aux dernières nouvelles, le ministre des transports Frédéric Cuvillier aurait trouvé l'argent nécessaire: l'Etoile de Normandie salue ici l'engagement résolu de ces trois responsables politiques Normands...

 

 

Gérard LISSOT et Jean CALLEWAERTles deux présidents des deux CESER normands (Conseil Economique Social et Environnemental Régional) unis comme jamais pour défendre la LNPN jusqu'au bout, ont pris leurs bâtons de pélerin et font le travail que les deux présidents de région normands ne veulent pas faire... La solution du problème stratégique quant à savoir si on peut concilier ou non la LNPN et le RER E dans l'Ouest francilien est entre leurs mains.

L'ETOILE DE NORMANDIE souhaite, en conséquence, le meilleur à toutes ces bonnes volontés ainsi mobilisées:

l'Avenir même de la Normandie se joue maintenant !