Le 7 avril 2013 aura lieu un exercice démocratique inédit, innovant, courageux sur le territoire de notre république française une et indivisible encore marquée par le centralisme parisiano-jacobin...

Si au moins 25 % des électeurs inscrits du département du Bas-Rhin et si de même 25% des électeurs inscrits du département du Haut-Rhin se déplacent à cette consultation référendaire, et si une majorité des votants dit OUI à la question posée, il n'y aura donc en Alsace plus qu'un "congrès d'Alsace" remplaçant deux départements et une région...

Selon un récent sondage, 68% des Alsaciens interrogés seraient favorables à cette simplification administrative et institutionnelle qui doit renforcer le territoire alsacien, cette fenêtre française ouverte sur la puissante Allemagne fédérale.

Notons que cette initiative fait l'objet d'un consensus droite-gauche de la part des élus concernés (région et les deux départements) sauf les élus des deux Fronts (le Front National et le Front de Gauche) ainsi que les élus socialistes de l'agglomération de Strasbourg qui s'opposent ainsi à leurs camarades socialistes de la région et des départements: encore des arrières pensées politiciennes médiocres! Les Verts quant à eux sont favorables à cette fusion alsacienne...

Si l'expérience alsacienne réussit, elle démontrera enfin que la décentralisation régionale en France est possible, que le cadre départemental hérité de la Révolution française n'est pas immuable et que face à un gouvernement dit de "gauche" qui tend à renoncer devant toute sorte de lobbies, le lobby des élus locaux n'étant pas le moindre, et qui va nous proposer une réformette en guise d'Acte III de la décentralisation, les élus locaux alsaciens, avec le concours des citoyens alsaciens, veulent nous proposer une vraie réforme régionale en s'attaquant de front au problème central: la réforme du département dont on ne sait s'il doit disparaître ou s'il doit devenir une antenne locale d'un conseil régional devenu autonome de l'Etat central en matière de finances et de compétences...

 Si l'expérience alsacienne réussit, elle risque de rendre ridicule les soi-disantes avancées audacieuses proposées par le gouvernement dans son mirobolant "Acte III de la décentralisation" à savoir une usine à gaz pour rendre compatible à la fois la montée en puissance des conseils régionaux (pilotage de la toute nouvelle Banque Régionale d'Investissement, expérimentation de la gestion directe des fonds structurels européens), la montée en puissance des métropoles (création des pôles métropolitains et des "euro-métropoles" pour Lille, Lyon et Marseille avec transfert des compétences du conseil général sur le territoire métropolitain) et le retour à la clause de compétence générale qui permet à toute collectivité territoriale de s'occuper de tout ou presque! D'où cette improbable idée de "conférence territoriale " avec "chef-de-filat" (sic!) du président de région placé sous l'oeil vétilleux du préfet... 

En Alsace on sera donc plus radical et donc plus efficace en démontrant qu'une région avec deux départements ce n'est pas efficace à moins de fusionner les trois collectivités en une seule...

Si l'affaire alsacienne réussit, il ne restera plus qu'une seule région française à deux départements: 

la Haute-Normandie... 

Et on sait que faute d'appliquer enfin la solution préconisée par tous ou presque depuis 40 ans à savoir ne faire qu'une seule région normande comportant cinq départements, le baron président demi-régional  Ooh Normand Le Vern a, depuis 2005, mis en oeuvre avec ses collègues socialistes Didier Marie (Seine Maritime) et Jean-Louis Destans (Eure) une solidarité de finances et de projet "276" ouverte depuis peu à l'agglomération de Rouen mais qui, refusant d'associer celle du Havre (à droite) prend le risque de se transformer en un bunker partisan... On sait que depuis la crise de 1972-1981, crise de naissance qui faillit être celle d'un avortement, avec la grève du siège des élus du département de l'Eure, la région administrative de Haute-Normandie est une circonscription boîteuse... Parce que c'est une demi-région!

Le cas Alsacien et sa solution montre que la Haute-Normandie, demi-région avec deux départements est dans une impasse: ce sera encore plus évident lorsque les CCI normandes auront procédé à l'unité normande consulaire en 2016...

Enfin, la mise en oeuvre d'un pôle métropolitain qui pourrait s'étendre du Havre à Caen à l'horizon 2016 achèvera de relativiser les régions Haute et Basse Normandie telles qu'elles sont...

Le processus de ringardisation  commence en Alsace!

Pour en savoir plus sur l'expérience alsacienne et les enjeux du référendum du 7 avril prochain:

http://www.referendum-alsace.fr/

http://www.lalsace.fr/actualite/2013/02/15/fusion-des-collectivites-d-alsace-la-campagne-du-referendum-est-lancee

http://www.lalsace.fr/actualite/2013/03/16/la-collectivite-unique-une-singularite-alsacienne-qui-pourrait-servir-de-modele

Cependant, tout le monde n'est pas d'accord!

Ci-après, l'adresse du site du MPEP, farouchement républicain et départementaliste qui a mis une longue diatribe contre le projet alsacien et fondamentalement, contre l'idée régionale: un forum est associé à ce texte et des partisans de la réunification bretonne et normande ont déjà répondu, vous les reconnaitrez bien entendu et nous vous invitons à utiliser le site du MPEP pour défendre l'initiative alsacienne!

http://www.m-pep.org/spip.php?article3231#forum1462


Enfin, l'Etoile de Normandie a reçu un communiqué du Mouvement Normand saluant l'expérience alsacienne, nous le reproduisons ici volontiers:

 

Appel aux Normands résidant en Alsace
Amical salut aux électeurs alsaciens
 
Bonjour , 

Je m’adresse à vous, chers compatriotes normands, qui résidez en Alsace.

Le 7 avril prochain aura lieu dans les deux départements alsaciens un referendum où il sera demandé aux électeurs de se prononcer sur une nouvelle organisation territoriale en Alsace, avec la création d’un Conseil d’Alsace, remplaçant l’actuel Conseil régional et les deux Conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, avec une répartition des compétences entre les principales villes. Cette initiative a été lancée à l’issue d’une large concertation entre les élus, toutes tendances confondues, notamment par M. Richert, président du Conseil régional et, à ce moment-là, ministre chargé de la décentralisation dans le gouvernement Fillon. Chacun faisant des concessions, comme il sied dans une véritable concertation, le projet finalement a reçu un accueil favorable parmi les responsables des partis de la quasi totalité de l’éventail politique alsacien et c’est cet accord que les électeurs vont être amenés à approuver ou à refuser. La procédure référendaire requiert la participation active d’au moins 25% du corps électoral et la majorité des suffrages exprimés. Les adversaires du projet – il y en a, de façon apparemment minoritaire certes, et ils ont leurs raisons… que ma raison ne comprend pas – comptent sur les abstentions (plus de 75% du corps électoral) pour que la validité de la consultation soit contestée. Et c’est, là, justement où, vous, Normands résidant en Alsace, ne devez pas céder aux sirènes de l’indifférence.

En effet, ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement le futur statut des institutions régionales alsaciennes, une sorte d’affaire qui ne concernerait que les Alsaciens de souche, mais bel et bien l’avenir de la décentralisation en France. L’accord alsacien va dans le sens d’une plus grande authenticité de cette décentralisation, entreprise en son temps par le Général De Gaulle remettant en cause « l’effort multiséculaire de centralisation de la France qui ne se justifie plus ». Il pose les prémisses d’une meilleure efficacité en simplifiant le fameux « mille – feuille » territorial. Il peut être un exemple stimulant à la veille des débats concernant l’Acte III de la décentralisation.

 Et puis, chers amis Normands, ce peut être une préfiguration de ce qu’il pourrait advenir si les élus de Normandie entendaient mettre fin, par concertation et en écoutant les sollicitations pressantes et majoritaires de la société civile, à la calamiteuse division de la Normandie en deux sous-régions, devenues, de ce fait, « l’angle mort de la France du Nord-Ouest ». En vous exprimant positivement lors de ce referendum alsacien, amis Normands résidant en Alsace, vous pouvez rendre un immense service à toute la Normandie.

 

Je me permets maintenant de m’adresser à tous les citoyens alsaciens : je n’ai pas de conseils à donner, ni à invoquer telle ou telle raison pour que vous répondiez « oui » à la question posée. Vous connaissez mieux que moi les arguments invoqués pour rendre possible ce Conseil d’Alsace : vos élus – presque toutes tendances confondues – en ont largement débattu et ont su par leur esprit de conciliation faire preuve de responsabilité. De cela, je suis d’ores et déjà admiratif et, si les résultats de la consultation sont positifs, mon admiration pour le sens démocratique des Alsaciens – qui rappelle la pratique des votations à la mode helvétique – sera total et constituera un exemple pour tous les autres Français, Normands compris évidemment.

Je profite de cette occasion unique pour un Normand de remercier l’Alsace qui, après 1871, a envoyé en Normandie, dans les circonstances que l’on sait, certains de ses fils qui, non seulement firent souche chez nous, mais apportèrent leur savoir-faire, leur intelligence et, par là-même, la richesse, notamment dans la Vallée de la Seine, d’Elbeuf au Havre… De cet apport de qualité, je ne retiendrai que deux noms : André Maurois (Emile Herzog) et André Siegfried.

L’un, grand écrivain, l’autre, éminent politologue. Nous en sommes fiers et remercions l’Alsace de nous les avoir légués. Nul mieux qu’André Siegfried, expert en psychologie des peuples, n’a mieux dépeint la mentalité normande, notamment dans son « Tableau politique de la France de l’Ouest ».

Puisse mon vœu d’aujourd’hui de voir le corps électoral alsacien faire progresser une transformation raisonnable de l’organisation territoriale de la France constituer une sorte de témoignage de reconnaissance des Normands envers l’Alsace et son attachante population !

 

Didier PATTE, Président du Mouvement Normand

Contact : 1446, rue de la maison forestière – 27290 Ecaquelon.

contact@mouvement-normand.fr


 Récemment, le triste sire demi-régional Oooh combien Normand que nous connaissons que trop aurait déclaré, à propos de l'expérience alsacienne:

"je ferais la même chose en Haute-Normandie!"

Décidément, il ne recule devant aucune provocation notre satrape demi-régional!

On sait très bien que la Haute-Normandie a failli ne jamais exister parce que les élus de l'Eure voulait la réunification normande... Sauf que 40 ans plus tard, et après l'expérience de l'accord "276" qui vient prochainement à terme, plus que l'identité hypothétiquement "haut-normande" (qui en soit n'existe pas) c'est l'idée même de Haute-Normandie qui est plus que jamais en cause (comme a fortiori celle de Basse-Normandie) en tant qu'absurdité politico-administrative au moment où l'unité d'une Normandie concrète s'affirme sur le terrain autour de l'Estuaire de la Seine...

Ils auraient l'air malin nos présidents de région avec d'un côté l'un qui vogue au naufrage vers le grand ouest breton (Normandie de l'Ouest) et l'autre qui coule son bunker en béton dans la Seine en aval du Grand Paris alors que l'esnèque de la Normandie unie est actuellement en cours de construction...

 


 

Jacques Augustin Normand,
le célèbre directeur des chantiers navals du même nom qui ont fait la réputation de la construction navale normande et celle du port du Havre