Un mur d'images impressionnantes, notamment la dernière: des cheminots CGT (région Normandie) devant un logo débile qui ne sert, décidement... à rien!!!

Ce sujet pénible, nous l'avons déjà évoqué sur l'Etoile il y a quelques mois alors que nous étions en plein débat public sur la Ligne Nouvelle Paris Normandie ainsi que pour évoquer le contexte du suicide d'un cheminot employé sur le site de Sotteville. Cet article de Tendance Ouest après un article déjà paru sur Ouest-France confirme notre analyse et notre colère en dépit du discours émoliant en provenance du conseil régional de la demi-région Haute-Normandie qui voudrait nous faire croire que le site de Sotteville est en passe d'être la gare de maintenance indispensable au bon fonctionnement de la future étoile ferroviaire rouennaise: mais en attendant ces lendemains qui pourraient chanter enfin, nous constatons avec d'autres comment la gestion du projet industriel (s'il existe encore) de la SNCF est devenu une catastrophe!

Car pendant que ces centaines de locomotives et wagons fret moisissent sur les rails de la gare de la plus sotte de France, Rouen est asphyxiée par la thrombose routière et Anvers, le principal concurrent du port du Havre fait 60% de son trafic d'éclatement par le rail contre à peine... 9% pour le grand port normand!

A lire donc sur Tendance Ouest Rouen:

http://www.tendanceouest.com/rouen/actualite-53925-sotteville-les-rouen-un-grand-cimetiere-de-trains-.html

Sotteville-lès-Rouen : un grand cimetière de trains !


Publié le 08-05-2013 à 18:00:00 par A.L



Les centaines de locomotives et de wagons qui attendent sur les voies, inutilisées, se dégradent très rapidement.

Malgré un soleil printanier, la gare de triage de Sotteville-lès-Rouen garde un air sinistre. L'une des plus grande gares de triage de France abrite des centaines de locomotives et wagons abandonnés.

L'impression est en partie due à ce sentiment de gâchis qui prend l'automobiliste ou le promeneur, passant à proximité de la plus grande gare de triage de France, devant ces centaines de locomotives laissées à l'abondon. Au sein du Comité d'établissement régional de la SNCF (CER), on ne décolère pas. Beaucoup de ses membres ont connu l'âge d'or de la gare de triage, lorsque les lieux voyaient passer jusqu'à 2 500 wagons jour et nuit. Les engins défilaient sans discontinuer. Aujourd'hui, c'est le silence qui domine, juste troublé par le bruit des voitures et des camions qui passent sur le boulevard Industriel.

La gare de triage à l'abandon

Le coup de grâce aurait été donné par l'arrêt de la pratique du wagon isolé. "Pour des raisons de rentabilité, la SNCF a décidé de la stopper en 2009, préférant axer sa politique de fret vers les gros chargeurs", détaille Pierre Ménard, président du Comité de défense du triage de Sotteville-lès-Rouen, créé en 2010. Ainsi, les moyens chargeurs voient leurs possibilité d'utiliser le fret ferroviaire réduites de façon drastique. Désormais, seuls des trains complets passent à Sotteville, entraînant une réduction des effectifs de 50 %. Autant dire que les voies, appelées faisceaux, sont largement sous-utilisées.

Sur les 40 voies de débranchements qui faisaient de la gare l'une des plus vastes de France, 400 locomotives et wagons vides attendent, abandonnés aux quatre vents, à la pluie. "Ces machines sont loin d'être toutes obsolètes, note Pierre Ménard. Entre le tiers et la moitié d'entre elles avaient été garées ici en bon état". Mais laissés à l'extérieur, les éléments ont peu à peu raison de ces carcasses de fer. Les vandales aussi. Il y a peu,  certaines machines ont été la proie de cambrioleurs venus chercher du cuivre dans leurs entrailles. En outre, laissé inutilisé, le matériel s'abîme vite. "La situation est critique. L'outil existe encore mais étant donné qu'il est très peu utilisé, il se dégrade très vite", regrette Laurent Miraucourt, président de la commission économique du CER Normandie. "Nous sommes dans l'obligation de bloquer certaines voies parce qu'il devient dangereux de les utiliser".

On comprend donc pourquoi la gare de triage a été rapidement rebaptisée le cimetière de trains. Elle est même devenue plus que cela, selon Laurent Miraucourt. "C'est désormais une sorte de casse-auto pour trains. Toutes les pièces des locomotives sont référencées. Les ateliers viennent donc se servir ici afin de réexpédier les pièces vers d'autres gares". Peu à peu, la gare de triage se dépouille de ses trésors et de son savoir-faire. Certaines machines sont en attente de désamiantage avant d'être emmenées à la découpe. Le fret ferroviaire est en train de quitter, lentement mais sûrement, la gare de triage. Les projets ? Il semblerait qu'il n'y en ait pas à l'étude. Interrogée, la SNCF n'a pas donné de réponse...

 

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