Donc c'est bien confirmé par Météo-France, il y aura ce vendredi 17 mai à Caen plutôt des éclaircies dans le ciel mais le risque d'averses n'est pas écarté.


 

Le rouennais François Hollande, président le plus humide de la 5ème République, fait un nouveau déplacement en Normandie:

après Rouen et Louviers cet hiver (pour rendre hommage à Pierre Mendes-France), le président de la République est donc attendu à Caen, officiellement sur le thème du logement. Mais il est évident que dans les conversations que ne manqueront pas d'avoir le Président de la République avec Philippe Duron, député-maire PS et président de la commission nationale "Mobilités 21", Laurent Beauvais président de région en Normandie et Bernard Caseneuve, l'ancien maire de Cherbourg et actuel ministre du Budget qui sera du voyage, il sera surtout question de l'avenir du projet de Ligne Nouvelle Paris Normandie qui, associé au projet d'aménagement de l'Axe Seine, permet de donner un avenir d'intérêt national à la Normandie qualifiée "d'angle mort de l'Ouest de la France" par Bernard Cazeneuve lui-même...

François Hollande à Caen: à quoi bon?

En effet, par ces temps de crise et de rigueur budgétaire, on pourrait se poser la question que certains se sont posés lors de la conférence de presse du président Hollande de ce jour (jeudi 16 mai 201): à quoi bon?
Il est donc évident que Duron et Hollande vont parler de la LNPN et il faut espérer à l'occasion de cette nouvelle visite présidentielle en Normandie, un "arbitrage de la dernière chance" pour recadrer ce qui a fuité (que d'eau, que d'eau!) dans la presse depuis quelques jours à savoir la perspective d'un phasage tellement déphasé avec les attentes normandes que certains, y compris nous-mêmes,  ont déjà à l'esprit l'éloge funèbre du projet et de son ambition.
Mais attendre 2030 pour le Y normand qui doit desservir la Normandie occidentale en aval de Mantes la Jolie c'est impossible! Attendre 2025 pour faire sauter le bouchon du Mantois, résoudre l'enfer ferro-routier rouennais et un début de LGV vers Le Havre c'est tout autant impossible...
 
Les Normands trop bas ou pas assez hauts vont-ils attendre sans broncher les calendes grecques (ou hollandaises) pour voir réalisée cette grande ambition ferroviaire ? Alors qu'elle pourrait contribuer à la refondation d'un modèle ferroviaire français autour du concept de "grande vitesse de proximité" (250 km/h maxi).
L'urgence du moment quitte à sacrifier l'avenir c'est de passer le projet sous les fourches caudines des 6 milliards d'euros au lieu des 10 ou 11 annoncés  sous prétexte qu'il n'y a décidément, plus un rond! On devrait se souvenir que certaines fourmis sont pires que toutes les cigales réunies!
Concrètement, sur la demande de Frédéric Cuvillier, il y a une note de cadrage préparée par Jean-Damien Poncet, chef de la mission LNPN chez RFF qui circule et qui est entre les mains de Laurent Beauvais, (d'où une réunion le 13 mai dernier de la conférence des exécutifs bas-normand), Le Vern et Huchon le président de la région Ile de France: Philippe Duron en a forcément eu une copie et ce sont les éléments de cette note qui ont fuité dans la presse et c'est sur cette base que Laurent Beauvais s'est exprimé dans le journal télévisé de FR3 Basse Normandie le 14 mai dernier.
Or si l'on s'en tient à cette note de cadrage, avec le phasage proposé, le projet perd de sa consistance, de sa globalité, de son intérêt national et de son urgence...
                 
Le premier port français demain: Port du Havre ou port d'Anvers ?
En conséquence, s'il doit y avoir un dernier arbitrage présidentiel lors de cette visite caennaise, c'est de réaffirmer d'urgence l'intérêt national de ce projet. Et cette urgence, c'est le fret ferroviaire des Grands Ports Maritimes du Havre et de Rouen: La desserte ferroviaire du port du Havre est tombé en 2012 à 9% de son trafic éclaté sur l'hinterland, alors que la SNCF s'était engagé à faire 25% lors de l'ouverture de Port 2000. On s'épargnera la peine d'évoquer à nouveau les performances en ce domaine des ports d'Anvers ou de Rotterdam, concurrents directs du Havre dans la perspective de la desserte de la région parisienne et ses 11 millions d'habitants...
Philippe Duron, en février dernier, l'avait pourtant rappelé pour justifier son activité de président de la commission "Mobilités 21" qui doit trancher dans un rapport qui sera dévoilé le 15 juin prochain, l'avenir des transports en France: avec le soutien du député maire de Dunkerque qui siège dans ladite commission, le maire de Caen avait affirmé que le désenclavement ferroviaire des ports français était une urgence nationale...
Une urgence nationale doit-elle attendre 2025 ou 2030??
Donc, le problème, c'est l'argent. Mais quand on n'a pas d'argent, il faut avoir des idées!

 Ne serait-il pas temps de mettre enfin pleinement à contribution "la sangsue aux Normands" alias la société autoroutière SAPN (ce serait bien le moins) ?

Mais surtout, ne serait-il pas pertinent de s'appuyer d'ici 2016 sur la création de la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie de Normandie, 6ème de France pour lancer un grand emprunt régional ouvert à tous les citoyens et à tous les acteurs économiques normands, en s'inspirant de ce que la CCI du Havre a été la seule capable de faire, on en fête cette année le 20ème anniversaire, avec la construction du pont de Normandie commencé en 1993?

Le président de la République a annoncé dans sa conférence de presse jeudi 16 mai à l'Elysée, un plan de relance par l'investissement qui concernerait les infrastructures de transports: il faut donc que le projet normand soit inscrit dans ce plan.

Il faut faire plus que jamais du lobbying territorial: si nous avions des élus bretons, la chose serait acquise depuis longtemps...


 

 

Puisque l'urgence c'est le fret ferroviaire, il faut impliquer la future CRCI Normandie qui devient de fait, le premier acteur de l'avenir normand: une table ronde des grands acteurs économiques normands doit être réunie pour proposer les solutions de financement puisque la classe politique en Normandie est à la peine (ça fait 40 ans d'ailleurs que ça dure: au nom des chômeurs de Normandie, ça ne peut plus durer!)

Laurent Beauvais, président de région en Normandie (CRBN) souhaite relancer le débat sur la réunification normande via une saisine de la  Commission Nationale du Débat Public: l'idée est excellente car la question régionale normande serait ainsi moins polluée par les calculs politiciens mesquins que nous connaissons que trop...  Mais pour que cette proposition ait vraiment du sens, il faut que ce débat sur la réunification soit totalement lié à la perspective de réaliser un vrai projet régional d'envergure: la LNPN avec un grand emprunt régional; la mise en oeuvre de l'Axe Seine; le "choc de croissance" généré par la mise en oeuvre de l'évidence normande.

Un agenda régional normand  se met actuellement en place mais vu l'échec de la classe politique depuis 40 ans, cet agenda est désormais à l'initiative des forces vives régionales lasses d'attendre les lendemains qui doivent chanter après chaque élection...  

 Mais terminons, une fois n'est pas coutume, par une bonne nouvelle:
 
La capitale de l'Axe Seine sera à Rouen!

Le décret nommant le préfet François Philizot  (qui n'a jamais été en poste jusque là en Normandie) "délégué interministériel au développement de la vallée de Seine" a été signé le 22 avril dernier (le document N° 2013- 336 a longuement trainé sur le bureau de l'ex baron de l'estuaire de la Loire).
Chose innovante et c'est une première, un projet d'aménagement du territoire impliquant l'ile de France ne sera pas piloté de Paris mais depuis la préfecture de Rouen:
En effet, le "comité directeur" aura en son sein "un préfet coordinateur des actions de l'Etat pour l'aménagement de la Seine" qui n'est autre que le préfet de la Seine Maritime -Haute Normandie, Pierre-Henry  Maccioni.
Rouen est donc affirmée comme la métropole de l'Axe Seine (la main de Fabius ?)
C'est une bonne chose pour la Normandie...