Dans la France hollandaise qui court tranquillement vers 100% de dette publique en part de PIB, la maladie commune, notre langueur c'est la PROCRASTINATION: à savoir remettre à des jours meilleurs ce que nous pourrions faire dès maintenant... Les calendes grecques sont devenues hollandaises, pour ne pas dire normandes, la Normandie étant le pays où s'apprend plus qu'ailleurs, la patience...

C'est pourquoi, nos amis de l'association de promotion de la Ligne Nouvelle Paris Normandie étaient bien audacieux de lancer le slogan: "la LNPN c'est maintenant" comme un certain président de la République nous assurant que le "changement c'est maintenant"! Le mouvement de procrastination commence toujours par une promesse, un espoir: demain ne sera pas ou ne sera plus identique à aujourd'hui ou hier. Mais la promesse est déçue et le présent semble devenir éternel...

Fransisco De Goya: Saturne (le dieu du Temps) dévorant l'un de ses fils (vers 1819)

Le fossoyeur habituel de l'espoir normand, Alain Le Vern a fait les annonces que nous savons sur l'avenir de la Ligne Nouvelle Paris Normandie: pas avant 2025 ou 2030 d'après la note de cadrage de la mission LNPN de Réseau Ferré de France avec les contraintes techniques et financières présentes. Le futur s'éloigne et devient inaccessible. A l'instar des premiers Chrétiens qui ont fini par accepter que le retour du Christ pour la fin du Monde, ce n'était pas pour demain, il va falloir gérer la crise de foi.

C'est la raison pour laquelle le site de l'association présidée par Gérard Lissot pour défendre et promouvoir la LNPN a repensé l'argumentaire et reconfiguré son site internet. Il comporte désormais huit points.

http://la-lnpn-c-maintenant.fr/index.php/pour-vous-convaincre/argument-n-1

Pour notre part, nous attendons le 15 juin date à laquelle le contenu précis du rapport qui sera rendu par Philippe DURON en tant que président de la commission nationale "Mobilités 21" pour arbitrer l'avenir des infrastructures de transports en France, sera rendu public: nous espérons encore y voir figurée la LNPN en bonne place en tant que projet d'intérêt national pour garantir le désenclavement ferroviaire de la façade portuaire normande en tant que premier potentiel d'économie maritime de notre pays.


L'argumentaire pour la LNPN a donc été modifié: le premier argument porte désormais sur l'urgence du désenclavement ferroviaire des grands ports maritimes de la Basse Seine normande:

Un projet qui participera au redressement de la France

port-du-havreLes crises économiques marquent des épisodes de changement profond, notamment dans les modes de production. D’une économie de lieux, la France doit passer dans une économie de flux si elle souhaite s’intégrer sans heurts au processus de mondialisation.

Depuis de nombreuses années, la France connaît un processus de désindustrialisation et de vives tensions sur le marché de l’emploi. De manière générale, c’est l’ensemble du tissu économique, tous secteurs confondus, qui fait face à des soubresauts liés à des incertitudes financières, sociales et environnementales.

Ce constat posé, on notera que le projet de LNPN n’est pas apparu ex nihilo. Il s’inscrit bel et bien dans une réflexion globale d’aménagement du territoire, tant à l’échelle régionale que nationale.

Sur le plan local et régional, l’appareil productif de la Vallée de la Seine, qui a longtemps été gage de sa vitalité, fait face à des changements structurels importants, dus au contexte rappelé précédemment. En portant le projet « Paris-Seine-Normandie », les acteurs de ce territoire ont manifesté leur volonté de réinventer un modèle économique, fondé sur l’innovation. Les filières d’excellence de ces régions sont nombreuses (logistique, aéronautique, automobile, énergie, chimie-pharmacie, agroalimentaire…). L’avenir des grands établissements présents dans le Nord Cotentin, et l’émergence d’une filière nouvelle dans les énergies maritimes renouvelables à Cherbourg sont aussi conditionnés à l’attractivité ferroviaire de leur territoire d’ancrage.

Bateau-containers-CaenSur le plan national, la France ne peut pas ignorer que 80% des échanges dans le monde s’effectuent par voie maritime. Les ports, leur management, leur capacité à conquérir de nouveaux marchés et bien sûr leur desserte sont des éléments fondamentaux. A l’heure où toutes les villes-mondes du globe se sont ouvertes sur la mer, Paris doit faire de même.

Voilà brièvement esquissée l’importance stratégique du territoire Paris-Seine-Normandie. La LNPN est tout simplement la colonne vertébrale de ce projet. Sans elle, impossible de favoriser le report modal vers le fer et la voie d’eau attendu par les ports de Rouen, du Havre, de Paris, mais appelé de leurs voeux par les pouvoirs publics. Sans elle, les approvisionnements du Bassin parisien et de la France toute entière deviennent chaque jour un peu plus dépendants des grands ports de la mer du Nord (Rotterdam, Hambourg, Anvers).

Les différences de performance dont souffrent nos places portuaires sont frappantes et permettent de remettre les choses en perspective : signalons simplement que le volume d’activités du port du Havre équivaut au 1/5 de celui du port de Rotterdam.

L’enjeu dépasse largement nos frontières. Paris et la Normandie sont des noms prestigieux, connus dans toutes les régions du monde. Devant la forte concurrence touristique internationale, le territoire «Paris-Seine-Normandie» doit se doter des atouts nécessaires à la circulation des personnes : en ce sens, la LNPN est un enjeu d’attractivité déterminant.

La LNPN, en dégageant des sillons ferroviaires sur les lignes classiques au profit du fret et en facilitant la mobilité des personnes, répond à de multiples enjeux de dimensions nationale et européenne : concrétisation d'un grand projet de développement territorial, relance de la vocation maritime de la France, développement d'activités portuaires directes et induites.

Paris-Seine-Normandie en chiffres

  • 15 millions d’habitants, 1/5 du total national
  • 7,3 millions d’emplois, 28,5% du total national
  • Un million d’établissements, 25% du total national
  • Plus de 600 000 emplois dans l’industrie soit 20% de l’emploi industriel national
  • 128 millions de tonnes de trafics maritimes et fluviaux soit un tiers du total national
  • Près de 490 000 emplois liés à la fonction logistique soit 11 % de l’emploi total de l’axe Seine et presque un quart du total national
  • 14 000 hectares de réserves foncières