Ne crions plus HARO contre HAROPA, ce mystérieux acronyme sous lequel se sont rassemblés les ports du HAvre, ROuen et PAris pour que l'Axe Seine ne soit plus l'angle mort qu'il est devenu depuis 40 ans faute d'investissements majeurs depuis la fin de la Reconstruction des années 1960.

La situation des grands ports maritimes de la Basse Seine normande avec une tour de contrôle installée à Rouen pour coordonner la politique logistique et commerciale de l'ensemble qui s'étend de Port 2000 au port fluvial de Gennevilliers, résiste bien face à la crise: le regroupement et la mutualisation des efforts portent ses fruits. HAROPA est devenu le cinquième ensemble portuaire d'Europe avec Le port du Havre qui se maintient comme premier port conteneurs pour la France ou le port de Rouen comme premier port européen exportateur de céréales notamment pour l'Afrique...

Mais cette position apparemment satisfaisante ne doit pas faire oublier certaines fragilités et le manque de soutien politique pour ne pas dire l'absence quasi totale de vision de la part de la classe politique régionale ou de l'actuel gouvernement français (parisien) concernant les enjeux de l'économie maritime inquiètent considérablement les grands acteurs industriels et portuaires normands:

Vont-ils accepter de patienter jusqu'en 2030 pour que la LNPN soit enfin réalisée? La rocade fret Le Havre-Gisors via Serqueux pour éviter Rouen semble insuffisante d'autant plus que le raccordement de cette rocade fret au réseau ferré de la région parisienne (Conflents Sainte-Honorine, Cergy-Pontoise?) semble encore bien incertain et suscite déjà des oppositions...

Un seul chiffre résume ces inquiétudes: quand Le Havre éclate près de 90% de ses conteneurs sur les routes normandes, Anvers, son principal concurrent pour la desserte de Paris et de la France, éclate ses marchandises à près de 60% par le rail ou le fluvial!

La SNCF a, semble-t-il, décidé de tuer sa filiale fret en attendant l'ouverture à la concurrence privée prévue en 2019. Le port du Havre risque notamment l'asphyxie à ... terre (saturation des routes, enfer routier rouennais) et refuse l'installation de nouveaux armateurs sur ses quais car on ne sait pas comment on pourrait évacuer sur les routes normandes les quelques 6 millions de tonnes annuelles de marchandises conteneurisées que pourraient traiter le port du Havre: avec les deux millions de tonnes actuels, c'est déjà limite!

Plus que jamais, il est difficile de faire comprendre aux Parisiens que la Seine n'est pas qu'une piscine à bateaux mouches et qu'elle ne tombe pas dans une "bétoire" en aval du pont de Puteaux!

ndlr: une "bétoire", mot normand signifiant la disparition momentanée ou définitive d'une rivière dans un trou perçant son lit...


A lire donc sur France 3 Haute-Normandie:

http://haute-normandie.france3.fr/2013/06/12/rouen-paris-le-havre-l-union-des-3-ports-fait-la-force-268677.html

Rouen-Paris-le Havre : l'union des 3 ports fait la force

Les chiffres du premier semestre 2013 montrent la progression de l'activité des 3 ports de l'axe Seine malgré la crise. Ils sont réunis dans le groupement Haropa depuis janvier 2012

  • Par Sylvie Callier
  • Publié le 12/06/2013 | 11:43, mis à jour le 12/06/2013 | 11:52
Le déchargement de céréales au port de Rouen © Sylvie Callier
© Sylvie Callier Le déchargement de céréales au port de Rouen


La nouvelle organisation qui propose un "guichet unique" aux armateurs du monde entier porte ses fruits. La progression moyenne des ports français depuis début 2013 oscille entre -1% et +1%.

Celle du groupement d'intérêt économique Haropa (Le Havre-Rouen-Paris) est en hausse de 5%.

Lien : le port de Rouen et du Havre



© Sylvie Callier
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