En octobre prochain, tous les camions circulant en France devront être équipés d'un boitier électronique permettant d'assurer la perception d'une écotaxe... Partout ? Sauf en Bretagne où l'esprit du CELIB (Cercle détude et de liaison des intérêts bretons) semble sortir de nouveau  de derrière les dolmens et les menhirs... Avec, à la pointe de la "colère bretonne", le fameux Institut de Locarn, véritable tour de contrôle internationale du lobby breton...

(Assemblée générale du CELIB à Lorient, le 18 juin 1962)

Le CELIB avait obtenu du Général de Gaulle et de Paul Delouvrier le principe de la gratuité du futur réseau autoroutier breton...

 


Bien entendu, Ouest-France se fait généreusement l'écho de cette "colère" bretonne qui veut soustraire une partie du territoire français à la plus élémentaire solidarité républicaine face au devoir collectif de contribuer à la réduction de l'effet de serre. L'article ci-dessous ne fait, en outre, aucune allusion au fait que les transporteurs routiers bretons avaient obtenu, en avril dernier, le principe d'une "discrimination positive" prise au nom de la "contrainte de l'éloignement territorial de la Bretagne" qui pourrait leur donner le droit de payer une écotaxe proportionnellement plus faible qu'ailleurs ce qui avait fait bondir de colère les transporteurs routiers de Basse-Normandie la demi-région normande limitrophe de la Bretagne...

Cette affaire n'a eu de positif que de précipiter le projet de créer une seule fédération régionale normande des transporteurs routiers en Normandie pour, précisément dialoguer avec le gouvernement sur les modalités pratiques de mise en oeuvre de l'écotaxe: la colère de leurs collègues bretons qui refusent dorénavant le principe même de l'écotaxe devrait donner une certaine audience à l'inquiétude des transporteurs normands.

Soit tout le monde paye, et au même tarif, soit personne!

La France est-elle encore une République?

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-La-revolte-d-entrepreneurs-bretons-Nous-ne-paierons-pas-l-ecotaxe-_6346-2203697-fils-tous_filDMA.Htm

La révolte d’entrepreneurs bretons : « Nous ne paierons pas l’écotaxe ! »

 

Économie mardi 18 juin 2013

 

 

 

 

 

Une trentaine de chefs d’entreprises bretons, pour la plupart représentants d’organisations économiques ou professionnelles, se sont réunis ce mardi matin à Pontivy.

Une date du 18 juin choisie à dessein pour lancer un appel solennel (lire ci-dessous), en forme de manifeste, au refus « du naufrage économique et social de la Bretagne ». Dans le collimateur du Comité de convergence des intérêts bretons (CCIB) dont le nom et l’esprit ne sont pas sans rappeler ceux du Celib (Comité de liaison des intérêts bretons), le « carcan administratif français » et « le poids écrasant des charges » jugés largement responsables de l’incapacité des acteurs économiques à affronter la crise ou leur permettre d’en sortir.

L’esprit du Celib

« Si on ne fait pas violence au système, c’est aux hommes qu’on fera violence » s’est exclamé l’industriel Alain Glon, président de l’Institut de prospective de Locarn, faisant référence à la récente cascade de faillites et licenciements dans l’agroalimentaire breton.

La première initiative du Comité de convergence des intérêts bretons, qui en annonce d’autres dès la rentrée de septembre, est radicale. « Nous ne paierons pas l’écotaxe, nous ne prendrons pas la responsabilité de la ruine de l’économie bretonne, cette taxe Borloo est une dangereuse injustice » ont affirmé plusieurs participants à « l’appel de Pontivy », dont Jacques Bernard, président de Produit en Bretagne, et les responsables de la Sica légumière de Saint-Pol-de-Léon. « Notre détermination à refuser l’écotaxe est absolue » a martelé Jean-François Jacob, secrétaire général de la Sica, rappelant que la zone légumière est le premier fréteur de Bretagne.

L’appel de Pontivy

« Pour une Bretagne belle, prospère, solidaire et ouverte sur le monde »

« L’hyper centralisme français, la multiplication des rouages administratifs et le labyrinthe des réglementations font que désormais 56 % du PIB national sont consacrés au fonctionnement de l’Etat.

Construite depuis plusieurs décennies par tous les gouvernants, cette situation suscite aujourd’hui une avalanche insupportable de taxes, d’impôts, de charges, de contraintes multiples qui portent un coup fatal à d’innombrables entreprises bretonnes tant dans l’agriculture que dans l’agroalimentaire, le bâtiment, les services, le commerce, l’industrie, le transport, l’artisanat, paralysant la recherche et l’innovation…

La Bretagne est honnête, et refuse de choisir entre tricher ou mourir.

Nous croyons aux valeurs du travail et nous sommes les bons élèves de la République.

Un exemple : l’économie souterraine de la Bretagne est de 2,5 % alors qu’elle atteint les 15 % en moyenne en France et plus de 20 % dans certaines régions.

La Bretagne fait preuve d’un grand civisme fiscal très supérieur à la moyenne (note Pierre Louis Mariel : directeur régional des finances publiques en Bretagne)

L’honnêteté des Bretons les pénalise, ce qui est inacceptable. La complexité administrative multiplie les surcoûts, gangrène le calendrier, suscite face à nos voisins une concurrence déloyale et fatale.

Si rien n’est fait de façon urgente, la Bretagne connaîtra un désastre humain et économique sans précédent. Nos secteurs névralgiques et traditionnels sont rongés par les dogmes et les systèmes qui nous font passer d’un « Etat de Droit à la paralysie par le Droit ». Lorsque la réglementation à outrance vient absorber l’énergie créatrice, elle rend impossible l’esprit d’entreprise. Or, les créateurs d’entreprises sont les créateurs d’emplois.

La Bretagne veut vivre et grandir

Nous sommes habitués à lutter, à nous défendre, à construire, à nous développer. Entrepreneurs nous ne pouvons pas nous résigner d’autant que nous avons tout pour réussir.

Des hommes et des femmes exemplaires, reconnus pour leurs capacités et leur sérieux au travail. Un formidable potentiel d’activités sur les territoires, une volonté sociale et une capacité à contribuer aux enjeux décisifs de la balance commerciale nationale.

Que demandons-nous à l’Etat.

- Donner la primauté aux Territoires.

- Une véritable décentralisation, qui prenne en compte une gouvernance économique régionale.

- Le droit à l’expérimentation, et de faire des sujets de discorde des sujets de concorde. Ce droit doit nous permettre de respecter nos valeurs afin de ne pas avoir à affronter en permanence les excès des systèmes administratifs et bureaucratiques.

Nous souhaitons que l’Etat comprenne enfin que ces réglementations indivisibles et illisibles freinent et paralysent notre développement. Celui-ci devant se réaliser en parfaite harmonie avec l’environnement et le développement durable. Les objectifs sont de donner naissance à des projets concrets et annonciateurs d’avenir meilleur.

La Bretagne ne veut pas d’un naufrage économique et moral

La situation est intolérable. La déstabilisation de l’économie bretonne nous inquiète. Il y va de la tranquillité de nos territoires dont nous sommes tous, nous Bretons, responsables, donc directement concernés.

Parce que « Décider, Travailler et Vivre au pays » reste encore notre désir le plus cher. Il nous faut aujourd’hui déverrouiller cette machine infernale qui broie nos emplois, empêche notre développement et favorise la fuite de nos jeunes diplômés.

Dans les périodes difficiles la Bretagne sait s’organiser elle-même et nous sommes dans une période très difficile.

Il y a véritablement urgence. Il nous faut retrouver le bon sens, rassembler les forces vives de nos territoires, chefs d’entreprises, artisans, commerçants, salariés, représentants professionnels, élus territoriaux, afin de rejeter cette morosité, cette permanence de l’échec qui sont les tristes visages d’un pays sans ambition. »

Comité de Convergence des Intérêts Bretons.