Depuis 1998 Alain LE VERN était vissé à son fauteuil de président d'un conseil régional en Normandie. 15 ans plus tard il démissionne...

Que laissera-t-il dans l'histoire de notre région? Quel est son bilan? Quel est son "chef-d'oeuvre"?

Droit d'inventaire? Non... Franchement, il n'y a pas grand chose à garder puisque le "chef-d'oeuvre" d'Alain LE VERN fut de déguiser une demi-région croupion en super-département pour asseoir son pouvoir de roitelet dans l'ombre du GRAND FABIUS...

Certes! la "région" (on ne sait laquelle...) était "bien gérée". Mais pourquoi faire? Pour quelle ambition? Quels projets?

 

Le bilan de LE VERN  résumé en DEUX LOGOS :

La région croupion symbolisée par un demi-léopard normand qui se noie dans la Seine inférieure en regardant vers Paris

Transformée en SUPER-DEPARTEMENT


Une coopération inédite en France de finances et de projets entre l'Eure, la Seine-Maritime, le conseil régional et l'agglo de Rouen: des collectivités normandes gérée à gauche et qui ignorent (pour ne pas dire plus) un autre conseil régional et une autre agglomération gérées à gauche en Normandie! Le 276, mis en oeuvre en 2005, est une belle idée qui aurait pu préparer à terme l'indispensable régionalisation du département. Mais de mesquines considérations politiciennes en ont limité la portée en Normandie.


 

Le pire de ce bilan Le Vern ce fut son opposition farouchement absurde à la bonne volonté normande de Laurent Beauvais, son collègue socialiste de Basse-Normandie: à Caen, ce fut très mal vécu! Au point que l'on aura pu croire qu'Alain Le Vern voulait circonscrire l'intérêt général normand à la seule promotion et gestion de l'aéroport de Deauville sous prétexte que les Bas-normands, même quand ils sont de gauche, demeurent d'indécrottables bouzeux toujours susceptibles de voter un jour à droite! Mais il se peut qu'aux prochaines élections cela soit le contraire: raz de marée frontiste en Haute, résistance de la gauche dans les villes en Basse...

Avec une solide mauvaise foi à toute épreuve, Alain Le Vern a nié, toutes ces années, le caractère spécifique, structurel, d'une coopération inter-régionale normande, sinon son urgence, préférant les coopérations avec la Picardie, la région "Centre" ou l'Ile de France qui ne sont pas encombrées, par principe, du syndrome de la "grande région": cette posture était une voie sans issue suicidaire. La démission de Le Vern libère l'avenir de la Normandie.

Mais en démissionnant, Le Vern fuit les inévitables questions que tous les défenseurs de l'évidence normande étaient en droit de lui poser...

LE DEBAT PUBLIC REGIONAL N'EXISTE PAS EN FRANCE !

Ainsi: pourquoi avoir voulu torpiller, en juin dernier encore, l'épanouissement d'une communauté universitaire normande? Pourquoi avoir voulu réécrire puis enterrer le rapport d'audit EDATER sur la fusion normande en 2007 - 2008? Etait-il trop favorable à la "réunification"? Pourquoi avoir refusé la proposition de Laurent Beauvais d'expérimenter ensemble pour l'avenir de la Normandie la gestion directe des fonds européens?

 

ABSURDE !

Si l'on devait résumer d'un mot le "bilan" d'Alain Le Vern en tant que président de région en Normandie...

L'hypothèque Le Vern s'est donc levée d'elle-même au point que, certainement, l'on retiendra plus tard du "bilan" des années Le Vern le seul fait qu'en démissionnant, il aura pu enfin contribuer à l'intérêt général normand, après 15 années stériles pour la Normandie...

Mais en démissionnant Le Vern oblige, surtout, ses amis politiques pourtant majoritaires mais très divisés, à prendre leurs responsabilités avant d'avoir à affronter deux années électorales redoutables: la gauche haut-normande doit s'en remettre plus que jamais à son seul véritable chef qui n'habite pas à Rouen mais sous les ors des palais ministériels parisiens.

En démissionnant Le Vern met Laurent Fabius notre "duc de Normandie" putatif devant ses responsabilités: la montée en puissance du GRAND ROUEN d'ici 2014 en tant que métropole qui pourrait récupérer sur son territoire les compétences du département de la Seine-Maritime à l'instar de l'exemple lyonnais, impose, de fait,  l'évidence normande de la "grande région" que le mesquin Le Vern aura toujours refusée:

La future métropole du Nord-Ouest qu'aspire à être le GRAND ROUEN ne pourra pas se retrouver éternellement enfermée dans une demi-région croupion déguisée en super-département qui a été programmée depuis sa création (1972) à n'être qu'une armoire technique de la région parisienne...

En mai 2010 lors du premier colloque consacré à l'Axe Seine au Havre, Laurent Fabius n'avait-il pas déclaré, sybillin (comme d'habitude...) qu'il ne voulait pas que Rouen et la Normandie soient des territoires "interstitiels"...

Laurent Fabius qui n'apparaît qu'à la 1046ème place dans le classement des élus cumulards de l'Express est donc plus que jamais ce grand seigneur dont l'influence plane comme une ombre portée sur la région rouennaise: la démission de Le Vern lève brutalement le voile sur cette évidence !


LE VERN A FAIT SON TEMPS:

PLACE A LA NORMANDIE et à ROUEN METROPOLE EN NORMANDIE !


Maintenant il faut se mettre rapidement au travail pour l'avenir même de la Normandie:

  Car il faut financer un contrat de plan inédit Normandie- Etat- Europe pour faire la partie normande de la LNPN

Il faut piloter l'Axe Seine en tant qu'hinterland privilégié de la première région maritime de France: ne pas attendre que Paris se décide, agir depuis la Normandie car un hinterland est contrôlé par son port et non l'inverse!

Relancer d'urgence les coopérations et le travail entre les deux conseils régionaux normands pour défendre l'idée de région en Normandie, reprendre la main sur le mouvement fusionnel normand pour l'accompagner et accompagner la nécessaire montée en puissance de la métropole rouennaise.

Les grands acteurs régionaux normands attendent une  FEUILLE DE ROUTE NORMANDE:

en toute légitimité, c'est aux conseils régionaux normands de l'établir et de la conduire pour faire renaître enfin notre région et lui redonner la place qu'elle n'aurait jamais dû abandonner en France et en Europe.

 


Ci-après un entretien avec l'intéressé dans les pages de Paris-Normandie: satisfecit très éclairant... On ne remerciera jamais assez les montagnes des Pyrénées, grâce à elles, la Normandie est libérée!

http://www.paris-normandie.fr/article/actualites/alain-le-vern-%C2%AB-j%E2%80%99ai-toujours-voulu-etre-un-homme-libre-%C2%BB