Nous avions ici évoqué, il y a peu, le rôle et le travail des Conseils Economiques Sociaux et Environnementaux Régionaux (CESER) qui sont censés représenter les forces et acteurs de la société civile régionale dans le but d' "éclairer" par des études et rapports la mise en oeuvre des politiques publiques décidées par les élus des Conseils Régionaux. Ces assemblées, dont on pourrait dire qu'elles ne représentent qu'elles-mêmes, car leurs membres reçoivent leur charge sur avis favorable du préfet de région, ont été récemment renouvelées dans le sens d'un rajeunissement et d'une féminisation...

Mais au prix du départ de certaines personnalités qui avaient non seulement une forte expérience mais surtout une grande connaissance des problématiques normandes: c'est notamment le cas du collège des "personnalités qualifiées" dont fait partie de droit le président du CESER à qui on adjoint deux "personnalités qui, en raison de leur qualités et de leurs activités, concourent au développement de la région" (sic!)

Mesdames Aline Pichereau-Quentin, Lydie Bride, Rahma Trafeh, Bénédicte Quaghébeur, ont, bien entendu toutes les qualités requises pour siéger dans le collège des "personnalités qualifiées" d'un CESER normand... Mais s'intéressent-elles vraiment à la Normandie?

(Une petite recherche sur Google et vous aurez la réponse... Hélas !!!)

"Les Charlies angels"... On aurait aimé avoir des drôles de dames aussi bien entraînées pour défendre les intérêts de la Normandie !

 

A y regarder de plus près, c'est l'idée que l'on puisse représenter et défendre l'idée même d'unité ou d'identité normande qui vient d'être congédiée: parmi ces jeunes gens ou jeunes femmes qui viennent d'entrer dans les deux CESER normands (quel luxe !) qui s'intéresse vraiment et authentiquement à la Normandie ?

On notera que l'organisation centrale et jacobine, toujours coiffée de la casquette préfectorale, n'admettra pas dans un CESER la présence de représentants d'associations culturelles régionales sinon régionalistes: il serait intéressant d'étudier la composition du CESER associé au Conseil Régional de Bretagne et il ne serait pas surprenant d'y trouver au moins un représentant du mouvement régionaliste culturel ou politique breton. Si l'on voulait considérer nos "régions" françaises comme de vraies régions, les CESER devraient cesser d'ignorer les adhérents des associations culturelles régionales ou régionalistes.

LA NORMANDIE EST CACHEE DESSOUS...

La sensibilité à l'idée qu'il y a des problématiques normandes spécifiques risque de s'estomper dans les débats des CESER: on peut néanmoins espérer que cette "sensibilité normande" continuera de conduire l'action des présidents actuels des deux CESER (Jean Callewaert pour le CESER BN et Gérard Lissot pour le CESER HN) qui ont été heureusement réélus. On peut espérer enfin que les représentants de certains grands acteurs économiques et institutionnels normands qui intègrent déjà ou qui vont davantage intégrer le potentiel de l'évidence normande (par ex: les CCI, l'université, certaines filières industrielles, la fédération normande de la CGT...)  porteront aussi une certaine idée d'un intérêt général ou d'un "bien collectif" normand. 

Mais si "penser ou agir Normand" était un critère pour entrer dans un CESER en Normandie cela se saurait: être jeune et jolie ça suffit, semble-t-il...

Car là réside, finalement, un véritable SCANDALE INTELLECTUEL:

L'assemblée du CESER qui, par son travail d'études et de prospectives, a pour mission de rendre les élus régionaux plus intelligents sur l'avenir du territoire dont ils ont la charge, IGNORE, du fait de son mode de nomination et de son mode de fonctionnement, TOUTES LES PERSONNES DE QUALITE QUI ONT LA NORMANDIE POUR OBJET DE PREOCCUPATION OU D'ETUDES...

Que le centralisme jacobin avec la complicité d'élus régionaux qui n'assument pas complètement le fait régional ostracise des CESER "normands" les militants régionalistes normands, les acteurs culturels normands, c'est une chose... Mais que les CESER continuent d'ignorer les chercheurs universitaires en sciences humaines (par exemple, les géographes) qui ont la Normandie pour objet d'études, cela devient donc un véritable scandale intellectuel.

Il est vrai que douze géographes universitaires normands ont récemment écrit un livre ("la Normandie en débats" chez OREP) pour rappeler l'évidence urgente et nécessaire des coopérations structurelles normandes voire d'une fusion régionale: ceci peut donc expliquer cela.

Malgré tout, les CESER "normands" travaillent, pondent études, rapports et recommandations, soit de leur propre chef ou sur saisine d'un président de région: ils sont le thermomètre de la Normandie et de la maladie de son déclin!

Alors pour finir, citons le grand Bossuet:

"Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes "


 

Voir, ci-après, l'analyse proposée par Drakkar online de la composition du nouveau CESER de Haute-Normandie arrêtée par le préfet Pierre -Henry Maccioni le 29 octobre dernier: édifiant!

http://www.drakkaronline.com/article147907.html

Voir aussi l'arrêté préfectoral lui-même:

http://www.paris-normandie.fr/media/les-plus/ARRETE%20DE%20COMPOSITION%20NOMINATIVE%2029%2010%202013.pdf

Voir, ci-après, la composition du CESER de Basse-Normandie fixée par décret par le préfet de région:

http://www.ceser-basse-normandie.fr/index.php/presentation/role-et-composition-du-ceser/composition-du-ceser