Décidément, le bonnet rouge des Bretons réchauffe beaucoup de cervelles... La tête, pour les soldats romains, c'était avant tout la petite marmite dans laquelle on cuisait son repas. Mais dans la soupe, on a l'habitude de tout mélanger. Ici même, nous avions appelé à la plus grande prudence quand, dans la soupe régionaliste bretonne, on mélange choux et carottes qui n'ont pas, semble-t-il, ni le même aspect et encore moins le même goût.

Quand le tribun jacobin de la gauche "de gauche" Jean-Luc MELENCHON, qu'on ne présente plus, s'en prend aux salariés bretons porteurs d'un bonnet rouge offert par les patrons (la société Armor Lux) pour rappeler l'évidence qu'un salarié n'a pas exactement les mêmes intérêts qu'un patron, c'est une chose. Mais delà à dénoncer la "bêtise régionaliste" il y a surtout la preuve que le logiciel jacobin centralisateur de M. Mélenchon est en train de fumer sérieusement avant de cramer complètement devant une réalité sociale, économique et idéologique qui lui échappe totalement... 

Crier au "populisme" voilà donc la dernière trouvaille des tartufes qui nous gouvernent ou qui s'agitent vainement dans le cirque médiatique parisien: car sur le terrain de nouvelles solidarités sont à l'oeuvre et qui rendent inopérants les grands schémas explicatifs généralistes... La dimension d'identité régionale crée le lien social et solidaire qu'un certain nombre de "corps intermédiaires" au niveau national ne sont plus capables d'entretenir. Dans les petites entreprises et chez les artisans, face à l'adversité économique résultant d'une ouverture aveugle et idéologique de nos territoires sur le vaste monde, les intérêts des uns et des autres sont partagés et le sont d'autant plus lorsqu'on défend pleinement le droit de "vivre et travailler au pays" dans sa région et pour sa région: méprisée par les élites en haut, la solidarité se reconstruit par le bas à savoir par les "petites patries" régionales.

Et Mélenchon, trop idéologue pour voir la réalité, fait la même erreur que l'allemand Marx avec le français Proudhon:

Alors que Proudhon tentait de construire une "philosophie de la misère" à partir d'expériences concrètes et vécues, Marx condamna l'expérience en raillant une "misère de la philosophie"...

Si les philosophies et les idéologies produisaient le bonheur collectif ça se saurait depuis longtemps ! 

MELENCHON a donc le bonnet phrygien un peu trop près des oreilles...


 

Bonnets rouges. Jean-Luc Mélenchon et la "bêtise régionaliste"

http://www.ouest-france.fr/bonnets-rouges-jean-luc-melenchon-et-la-betise-regionaliste-1743834

France - 27 Novembre

Avant la manifestation des Bonnets rouges, samedi à Carhaix, Jean-Luc Mélenchon a évoqué la crise bretonne, mardi, dans #DirectPolitique.

Invité de #DirectPolitique, mardi sur Linternaute.com et ouest-france.fr, le leader du Front de gauche a évoqué la crise bretonne et le mouvement des Bonnets rouges, en commentant ses propos polémiques qui avaient précédé la manifestation du 2 novembre à Quimper ("les esclaves manifestent pour les droits de leurs maîtres").

"Mais c'est à mes amis que je parle ! Je leur dis : qu'est-ce que vous faites là avec des patrons, l'UMP, l'extrême droite ? Ceux-là même qui appellent à la manif sont ceux qui vous licencient !"

"On crie et on met un bonnet sur la tête"

Jean-Luc Mélenchon reproche à la gauche et en particulier PS d'avoir manqué de pédagogie sur le sujet de l'écotaxe. "Le PS n'a pas permis aux gens de comprendre de quoi il s'agissait (...)C'est devenu A bas la taxe, à bas le portique, on fout le feu, on crie et on met un bonnet sur la tête… et voilà ce qu'on appelle un mouvement."

 "C'est une impasse de penser que le problème c'est la Bretagne contre Paris, affirme Jean-Luc Mélenchon. Elle est étouffée par le système capitaliste. Cette bêtise régionaliste ne mène nulle part. Voir des ministres bretons aller en Bretagne pour s'occuper de la Bretagne, ce n'est pas républicain. On ne s'en sortira que tous ensemble."

S'en sortir par la mer

Le coprésident du Parti de Gauche estime que la Bretagne doit s'en sortir avec "ce trésor qu'est sa façade maritime" en misant sur "l'aquaculture" ou "la mécanique et la construction navale" parmi de nombreuses pistes de développement.

Notre entretien avec Jean-Luc Mélenchon est à lire dans Ouest-France de ce mercredi 27 novembre, disponible en version numérique