On se souvient que de 1793 à 1863 l'Etat avait fait de l'abbaye du Mont Saint Michel un "Mont Libre" transformé en prison: "le crapaud était dans le reliquaire" dira Victor HUGO... Mais la forte voix d'un grand HUGO nous manque aujourd'hui pour dénoncer un nouvel acte de vandalisme d'Etat contre le rocher même qui fut consacré en l'an 709 au chef des milices célestes...

Un accident sur ce chantier hors-norme pourrait vite survenir: ce serait alors la malédiction de l'Archange. A moins que Michel ne plaide directement sa cause en assemblée plénière d'une session de l'UNESCO: la foudre pourrait alors prendre la forme d'une déclassification du Mont et de la baie de la célèbre liste du patrimoine mondial.

En tout cas, s'il s'agit de créer une poterne pour évacuer une foule en panique durant les 4 à 5 jours par an où le Mont pourra être entièrement entouré d'eau, on peut craindre le pire dans ce goulet d'étranglement: on peut craindre, en effet, que ce dispositif dit de "sécurité" destiné à soulager la conscience de pleutres autorités préfectorales ne soit, lui-même, la principale cause d'accidents graves ou mortels...

Les pompiers de la Manche avaient réclamé en vain la création d'une base dédiée sur le site de la Caserne (parkings de la terre ferme) pour y mettre tous les équipements "en projection" vers le Mont avec des engins amphibies et un hélicoptère. C'était la solution la plus efficace et qui respectait l'intégrité du Mont. Elle n'avait qu'un seul défaut: celui d'investir réellement dans la sécurité pérenne du site dans sa globalité.

CONSTERNANT !


 

Au Mont-Saint-Michel, le rocher est à vif

http://www.lamanchelibre.fr/avranches/actualite-49210-au-mont-saint-michel-rocher-est-a-vif.html

Au Mont-Saint-Michel, le rocher est à vif


Au Mont-Saint-Michel, on découpe le rocher dans la plus grande indifférence. Les associations de défense du patrimoine et des habitants s'en émeuvent.

Les travaux, pilotés par l'Etat via la Direction régionale des affaires culturelles, Drac, visent à créer dans le rocher une issue de secours entre intra-muros et l'extra-muros en cas de très grandes marées, quand le Mont devient une île.

Ce qui sera le cas ce samedi 2 février avec des coefficients de 114. "L'impératif de sécurité invoqué par les autorités pour justifier cette opération inutile, scandaleuse et coûteuse est, en fait, un alibi pour ceux, qui n'ayant jamais voulu se préoccuper de la capacité d'accueil du Mont, ont voulu se donner bonne conscience", écrit Marie-Claude Manet, présidente de l'Association des amis de Genêts et des environs de la baie (Ageb). "Prévoir l'utilisation de ce chemin étroit, d'une largeur d'environ 1,40 m, pour évacuer une foule paniquée est une mystification. A quand les casques bleus du Patrimoine pour éviter les saccages." Plusieurs habitants du Mont sont"écoeurés" devant "la passivité "des politiques et des donneurs d'ordre".

Les associations alertent l'Unesco depuis six mois. Qu'en est-il ?

Marie-Claude Manet précise : "Lors de la session du conseil du patrimoine mondial qui s'est tenue à Saint Pétersbourg en 2012, il avait été demandé à l'Etat français de présenter avant le 1er février 2013, un projet de plan de gestion pour le Mont, sa baie et les abords et au 1er février 2014 , le projet." Selon Mme Manet, l'Etat n'a rien proposé. "A titre d'exemple, le Val de Loire inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en 2000 a déjà présenté son plan de gestion associant l'Etat et les collectivités territoriales. Le Mont et sa baie ont été inscrits en 1979 !"