Un grand chantier symbolique est en cours sur la rive gauche de la Seine à Rouen pour commencer de mettre un terme à la malédiction de béton, de gourdon et d'acier qui, depuis la Reconstruction de l'Après Guerre a coupé la métropole normande de son fleuve nourricier...

Vous connaissez certainement l'origine de cette malédiction qui rejoint un peu celle qui se perpétue aussi dans la division administrative de la Normandie (là aussi un héritage de l'Etat aménageur et autoritaire des années 1950/1960):

Les ingénieurs des Ponts et Chaussées de l'Etat ont imaginé cette étrange configuration de "quais hauts" surplombant des "quais bas" directement baignés par l'eau du fleuve afin de permettre de surélever les tabliers des ponts tous reconstruits après le désastre de 1940 - 1944 dans le but de ne pas nuire au gabarit du transport fluvial qui remonte la Seine jusqu'à Paris: le vieux projet technocratique qui nous revient aujourd'hui sous une forme plus apaisée et maîtrisée de Paris sur Mer s'était traduit par l'enfermement de la Seine dans une double gaine de béton isolant pendant plus de 50 ans le fleuve de sa ville.

Mais il s'agissait aussi de développer le port fluvial de Rouen au même endroit où il se trouvait avant-guerre: cependant, la destruction totale des quartiers du front urbain donnant sur le fleuve et cette reconstruction radicale ont tué la liaison intime qui existait entre la ville et son port (fluvial et hauturier) désormais déplacé en aval du Pont Flaubert...

Avant Guerre, le port, le fleuve et la ville ne faisaient qu'un...

Aujourd'hui, le haut des quais "hauts" sont des autoroutes urbaines, et l'espace entre quais hauts et bas servent au mieux de parking ou pour l'accueil de la fête foraine de la Saint-Romain...

Le projet en cours consiste à supprimer visuellement cette double enceinte de béton et de goudron qui emprisonne le fleuve et le coupe de sa ville... 

Moralité: Quand Rouen en aura fini (et c'est pour bientôt) avec ses quais hauts ou bas pour redécouvrir la Seine, il en sera peut-être aussi de même quand Rouen redécouvrira que la Normandie n'est ni haute ni basse ! (et c'est pour bientôt aussi...)

Pour en savoir plus l'adresse d'un blog rouennais bien informé:

http://rouenbeforeafter.canalblog.com/archives/p1-1.html


 Rouen : le réaménagement des quais rive gauche se dessine

http://haute-normandie.france3.fr/2014/02/22/rouen-le-remenagement-des-quais-rive-gauche-se-dessine-420315.html

Des terrasses longeant la Seine et bientôt des arbres, la future "prairie saint-Sever" doit ouvrir aux promeneurs début juin. Une métamorphose pour les quais bas qui servaient de parking géant

  • Par Sylvie Callier
  • Publié le 22/02/2014 | 12:37, mis à jour le 22/02/2014 | 12:39
Le chantier entre le pont Corneille et le pont Boieldieu à Rouen © Stéphane l'Hôte
© Stéphane l'Hôte Le chantier entre le pont Corneille et le pont Boieldieu à Rouen

Les passagers du métro les regardent avancer chaque jour. Des monticules de goudron et des pelleteuses ponctuent un kilomètre de quais sur la rive gauche de Rouen.

Il a fallu redessiner une partie de la bordure des quais, scier le mur bordant la Seine sur 180 mètres. Des trous pour le cablâge et la plantation des arbres ont été creusés.

La prairie Saint-Sever ira du pont Corneille au pont Boieldieu. Elle sera agrémentée de 200 arbres. Entre le pont Boieldieu et le pont Jeanne d'Arc, une promenade végétale sera créee. Elle comprendra des allées, terrains de jeu pour les enfants, des jeux d'eau.

Puis entre le pont Jeanne d'Arc et le pont Guillaume le Conquérant, une esplanade laissera de l'espace pour le Foire Saint-Romain, Rouen sur mer. Des terrains de jeux y seront installés.

Le projet coûte 21 millions d'euros. Il a été confié à un cabinet d'architectes lyonnais, In Situ, connu pour d'autres aménagements paysagers de rives de fleuves : les berges du Rhône à Lyon, les quais de Loire à Orléans, les berges de Seine à Courbevoie.

Les travaux à venir à Rouen :
  • plantation des arbres jusqu'au 11 mars
  • coulage et pavage du béton de la promenade : à partir de début mars
  • Levage des éclairages : mi-mars
  • Ensemencement de la prairie saint-Sever : fin mars, début avril
  • Ouverture de la prairie Saint-Sever : fin mai

© Image fournie par la ville de Rouen, projet du cabinet In Situ
© Image fournie par la ville de Rouen, projet du cabinet In Situ