Ce matin sur France Culture, un célèbre commentateur-sondeur osait la comparaison de la France à un navire ou un paquebot avec François HOLLANDE non pas en "capitaine de pédalo" mais en grand amiral d'une croisière qui n'a plus les moyens de s'amuser...  La comparaison de la France à un paquebot n'est pas très rassurante...

Le paquebot "Blue Lady" (ex Norway; ex France) sur la plage d'Alang en Inde avant son ...

... Ferraillage !

Mais on peut aussi penser à cet autre paquebot qui passa par Cherbourg avant de sombrer...


Alors on évitera  la métaphore du paquebot pour en rester à notre esnèque normande... toujours coupée en deux: quelles seront les conséquences pour la Normandie de ces élections municipales 2014, naufrage national pour la majorité gouvernementale?

 

1) CAEN vire à droite, ROUEN reste à gauche:

La question de la "capitale régionale" d'une future Normandie réunifiée ou en cours de réunification est en train d'être tranchée... Le relatif succès d'Yvon ROBERT à Rouen (47%) permet de consolider le poids de Laurent FABIUS au gouvernement et conforte la place de la future métropole normande dans le cercle restreint des grandes agglomérations qui ont su préserver la continuité du pouvoir dans la tourmente de ces élections municipales (Paris, Marseille, Lille, Nantes, Bordeaux et Rouen).

Plus que jamais, il va falloir se préparer en Normandie à l'émergence de ROUEN METROPOLE future CAPITALE NORMANDE à partir du 1er janvier 2015

CAEN virant à droite avec la victoire nette de Joël BRUNEAU (UMP) (57% contre 43% pour Philippe DURON député-maire sortant PS avec une forte abstention et de nombreux bulletins nuls) se retrouve isolée: le lien structurel unissant la capitale régionale bas-normande au conseil régional de Basse-Normandie est rompu (à moins de compter sur le pragmatisme et l'intelligence du nouveau maire de Caen et de l'actuel président de région).

C'est pourquoi on va peut-être enfin voir l'émergence d'un POLE METROPOLITAIN DE L'ESTUAIRE de la SEINE à l'ORNE unissant les villes et agglomérations de CAEN et du HAVRE en suivant un axe partisan cohérent entre l'UMP (Caen et Le Havre) et l'UDI au milieu, donc au centre, entre Caen au Sud- Ouest et Le Havre au Nord-Est ( Jean-Léonce Dupont au Conseil Général du Calvados et Philippe Augier à Deauville). L'arrivée de l'agglomération de Caen dans le pôle métropolitain de l'Estuaire permettrait d'emporter l'adhésion des maires DVD de Honfleur et de Pont L'Evêque qui ont encore des problèmes de décodeurs avec la question normande...

C'est ce que l'on peut espérer de mieux de ces élections municipales dans l'immédiat à condition que la nouvelle majorité municipale caennaise ne nous fasse pas trop perdre de temps en essayant de trouver le meilleur moyen de proposer à nouveau aux Caennais le potage dans lequel ils ont craché pour pouvoir être élu... En effet, Philippe DURON avait pour ambition à l'occasion d'un second mandat de faire de Caen la TECHNOPOLE universitaire de la future 6ème région de France face à la future METROPOLE rouennaise...

Un bémol cependant: Joël BRUNEAU, le nouveau maire de Caen, n'est pas très clair sur la question de la REUNIFICATION de la Normandie... Tantôt il nous dit qu'il est pour (notamment quand il fait un meeting de campagne avec Bruno Lemaire)... Tantôt il nous dit que le sujet est dépassé et que l'avenir c'est de positionner CAEN dans une vaste banlieue du Grand Ouest Parisien à partir de l'Axe Seine. Avec le départ de la mairie de Caen de Philippe DURON, un ancien professeur agrégé d'Histoire, nous perdons un authentique défenseur de l'unité de la Normandie.

 

2) L'isolement du Conseil Régional de Basse-Normandie et, à terme, la MARGINALISATION des CONSEILS REGIONAUX NORMANDS:

Le lien structurel de projets et de finances entre CAEN et le Conseil régional de Basse-Normandie, voire le co-pilotage de la Normandie occidentale par le couple président de Région et le député-maire président de l'agglomération caennaise ne pourra plus se faire. Laurent BEAUVAIS est seul désormais. Mais son pragmatisme et son sens de l'intérêt général des dossiers normands lui permettra de poursuivre le travail déjà accompli (on pensera par exemple au dossier de la Ligne Nouvelle Paris Normandie ou de l'avenir du CHU de Caen ou encore de l'organisation des Jeux Equestres Mondiaux). Le recours à la conférence régionale des exécutifs de Basse-Normandie sera une solution même si elle n'est pas idéale. Joël BRUNEAU, le nouveau maire de Caen et ancien chef de l'opposition de droite au CRBN connaît bien Laurent BEAUVAIS et ce dernier pourra, à l'occasion, lui rappeler qu'il faudra, rapidement, que l'on sache si la fusion normande est une priorité ou non...

Mais le plus ennuyeux c'est que le réunificateur Beauvais risque d'être fragilisé dans ses positions face au camp fabiusien de Hot Normandy dont on sait qu'ils n'ont "aucun tabou" pour se permettre le droit de dire qu'ils sont pour l'unité normande tout en étant contre... Il se pourrait que Nicolas Mayer-Rossignol soit pire que son mentor sur la question de la nécessité de fusionner les deux conseils régionaux normands...

Sauf qu'il se pourrait, que l'évidente nécessité de fusionner les deux conseils régionaux normands se fasse de plus en plus pressante en raison de la montée en puissance de la métropole rouennaise, de l'alliance estuarienne à venir entre Caen et Le Havre et de l'intégration normande en cours de tous les grands acteurs régionaux (ports, chambres de commerce, université, entreprises...): Les élus fabiusiens s'accrochent à l'accord 276 entre le conseil régional de Hot Normandy, les deux départements de l'Eure et de la Seine Maritime et l'actuelle CREA (agglomération de Rouen) dans le vain espoir que la transformation d'une demi-région en super-département à moins de 200 km à l'ouest du futur GRAND PARIS suffira à éviter la dislocation territoriale entre territoires urbains métropolisés et territoires ruraux marginalisés...

A terme, les conseils régionaux risquent de n'être que des CONSEILS REGIONAUX CROUPIONS...

D'où l'intérêt de la future loi Lebranchu réformant les compétences des départements et des régions et facilitant leur fusion qui sera présentée dans quelques jours...

D'où l'intérêt de l'avis présenté ce lundi 31 mars 2014 par le Conseil Economique Social et Environnemental de Haute-Normandie (CESER) qui en vient à RECLAMER LA REUNIFICATION DE LA NORMANDIE pour donner le cadre régional qu'il convient à la future METROPOLE ROUENNAISE...

Bientôt sur l'Etoile de Normandie, de larges extraits de cet avis du CESER haut-normand qui fait " le coup de pied de l'âne" contre un lion devenu trop vieux ? (Laurent Fabius...)


En contrepoint à ce billet, la réaction et les analyses de Laurent BEAUVAIS, président de région en Normandie:

http://basse-normandie.france3.fr/2014/03/31/municipales-l-analyse-de-laurent-beauvais-president-du-conseil-regional-de-basse-normandie-450061.html

Municipales : L'analyse de Laurent Beauvais, président du Conseil régional de Basse-Normandie

 

Laurent Beauvais (PS), président du Conseil régional de Basse-Normandie livre son analyse des résultats de ces élections municipales en revenant sur les victoires à Alençon et Cherbourg et la défaite de Philippe Duron à Caen. Il se dit aussi marqué par l'abstention des jeunes. 

  • J.-B.P.
  • Publié le 31/03/2014 | 15:51, mis à jour le 31/03/2014 | 16:00
Laurent Beauvais, président du Conseil Régional de Basse-Normandie prend à coeur le problème de l'abstention des jeunes dans ces élections municipales. © Kenzo Tribouillard, AFP
© Kenzo Tribouillard, AFP Laurent Beauvais, président du Conseil Régional de Basse-Normandie prend à coeur le problème de l'abstention des jeunes dans ces élections municipales.

Laurent Beauvais (PS), le président du Conseil régional de Basse-Normandie analyse les résultats de ces municipales 2014. 
Selon lui, la situation dans la région est "plutôt stable". Il salue la réélection de Jean-Michel Houllegatte à Cherbourg et de Joaquim Pueyo à Alençon.
Laurent Beauvais a tenu à souligner la "très forte abstention des jeunes de 18 à 25 ans" en insistant sur le fait que "c’est une question forte".
Enfin, il revient sur la défaite du maire socialiste sortant à Caen : "Pour moi, ami de Philippe Duron et socialiste comme lui", la défaite à Caen "marque les résultats de cette élection en Basse-Normandie".

L'analyse et la réaction de Laurent Beauvais, président du Conseil régional de Basse-Normandie au micro de Jean-Baptiste Pattier (cliquer sur le lien ci-dessus pour voir la video)