L'Etoile de Normandie porte à votre connaissance le courrier que le collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie" a envoyé ce 25 avril 2014 au président de l'Association des Régions de France, M. Alain ROUSSET par ailleurs président PS de la région Aquitaine...

 

 

Collectif citoyen et républicain

« Bienvenue en Normandie »

20 place Maurice Fouque

14000 CAEN

 

      A l’attention de Monsieur Alain ROUSSET, président de l’Association des Régions de France

 

      Objet: 15 vraies régions pour réussir la réforme territoriale

 

Caen, le 25/04/14

 

Monsieur,

 

Notre collectif citoyen et républicain « Bienvenue en Normandie » a été crée en 2006 pour une expertise citoyenne de la question régionale en Normandie : depuis plusieurs années, dans le cadre de l’Université Populaire de Caen animée par le philosophe Michel Onfray et en partenariat avec le collectif des 15 géographes universitaires Normands, nous organisons un séminaire spécialisé sur la question régionale normande.

A l’instar du Président de la République François Hollande et du Premier ministre, Manuel Valls, nous pensons qu’il y a urgente nécessité d’une grande réforme territoriale pour la réussite du « pacte de responsabilité » et le redressement des comptes publics afin que les citoyens et les territoires qu’ils habitent, puissent bénéficier de politiques publiques plus efficaces, plus justes et plus solidaires.

Il y a donc nécessité à approfondir la décentralisation en allant vers une république régionalisée plus démocratique : le rôle des conseils régionaux est donc appelé à se renforcer et le rapport entre les collectivités territoriales (régions, métropoles, départements et intercoms) doit être clarifié au profit du couple région / métropole(s) qui doit avoir la charge des politiques qui préparent l’avenir… Nous pensons que c’est sur ce point essentiel du « qui fait quoi avec quels moyens ?» que l’on jugera de la réussite ou non de cette réforme décisive…

Mais nous pensons qu’il y a un autre aspect essentiel et qui, faute de temps ou d’intérêt, n’est pas abordé au risque de mettre en péril l’idée régionale elle-même : l’ARF a raison de rappeler que le critère de la « taille critique » pour le territoire régional n’est pas le critère absolu et que ce sont les projets et les moyens de les mettre en œuvre qui sont le plus important.

Sauf qu’en affirmant cela, il faudrait pouvoir aller jusqu’au bout, en assumant, sans tabou, que le critère « géo-historique » importe tout autant que les autres pour que nos futures régions ne soient pas de nouveaux « machins technos » ne suscitant aucun sentiment d’appartenance ou identitaire chez les citoyens –habitants concernés. A ce sujet, nous saluons la position courageuse du président du conseil régional de Bretagne qui considère que le critère historique est un critère objectif comme les autres. Car, au nom d’une conception strictement utilitaire de la région, certains projets de fusion donnent la funeste impression de fusionner pour fusionner dans une seule logique de « cost killing » qui reste à démontrer si l’on observe réellement la part, somme toute modeste, des régions dans le train de vie, dispendieux, de l’Etat.

En conséquence, une erreur grave doit être évitée : celle de confondre l’idée de région avec celle de zone pour vacances scolaires ou pour préfixe téléphonique que ne manquerait pas de susciter dans les esprits d’une France encore très centralisée et jacobine, une carte à 8, 10 ou 12 régions…

Nous pensons, au contraire, qu’il faut de vraies régions, de par leurs compétences et leurs finances, assises sur de vrais territoires cohérents tant par la géo-histoire que par le potentiel économique et métropolitain.

Nous pensons qu’il faut reproduire en 2014 ce qui a été fait avec grande sagesse et intelligence par nos pères Constituants de 1790 pour « départir » (c’est le mot exact) les anciennes provinces d’Ancien Régime : nous proposons de suivre la même méthode conciliant le principe géo-historique (qui donne l’identité) et le principe de rationalité économique (qui donne la puissance d’agir) à partir de la trame départementale qui conserve depuis deux siècles la mémoire territoriale du pays.

Cette méthode permet d’aboutir à une solution de compromis plutôt harmonieuse de 15 ensembles territoriaux régionaux cohérents dont vous trouverez la carte jointe à la présente : au-delà des cas emblématiques et médiatiques des réunifications bretonne et normande ou d’une Picardie qui ne veut pas mourir, cette réforme doit être l’occasion de réconcilier enfin les géographies françaises (réunifications du Poitou, Val de Loire, Gascogne, Languedoc, Dauphiné, Savoie, Picardie historique écartelée entre l’actuelle région du Nord Pas de Calais et l’actuelle région Picardie)

Dans l’espoir que ce courrier aura pu susciter votre intérêt et dans l’attente de votre réponse, soyez assuré, Monsieur de nos salutations distinguées.

Le collectif citoyen et républicain « Bienvenue en Normandie »

(Pour une France plus girondine et moins jacobine …)