En naviguant sur la Toile, on a trouvé, dans le cadre du débat de plus en plus consternant sur la réforme territoriale, ce qui pourrait être le découpage cauchemar absolu. La proposition inepte d'un crétin de plus, un certain Jean-Luc BOEUF, expert à l'institut MONTAIGNE. Expert en tout sauf en histoire-géographie ! Nous vous invitons à flinguer le sinistre boucher avant qu'il ne sorte son grand couteau en postant un commentaire en cliquant sur le lien suivant:

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/09/31001-20140409ARTFIG00155-comment-redecouper-la-france-en-10-regions.php


 

Infographie Le Figaro

 

FIGAROVOX/ANALYSE - Pour Jean-Luc Bœuf, la diminution du nombre de régions proposée par Manuel Valls pourrait être une excellente nouvelle. Encore faut-il que l'on ne se contente pas de regroupements faciles, mais qu'on propose un vrai redécoupage.


 

Jean-Luc Bœuf est expert à l'institut Montaigne, haut fonctionnaire territorial et professeur en histoire et finances des collectivités. Vous pouvez également retrouver ses papiers sur son site: le millefeuille territorial.


Complexe. Illisible. Coûteux. Notre millefeuille territorial français ne trouve guère de défenseurs en l'état.

C'est arrivé demain! On se rappellera que les annonces du président de la République à l'occasion des vœux 2014 ont donné le coup d'envoi de la refonte de la carte régionale française. Dans ces conditions, les propos du premier ministre à l'occasion de son discours à l'Assemblée nationale du 8 avril 2014 se sont clairement inscrits dans ce sillon, respectant même au passage la traditionnelle frontière entre le président de la République et le premier ministre.

La carte et le territoire

Complexe. Illisible. Coûteux. Notre millefeuille territorial français ne trouve guère de défenseurs en l'état. La situation des finances publiques joue certainement un rôle de catalyseur dans cette volonté de proposer - enfin! - un découpage du territoire plus cohérent pour être plus efficient dans les actions conduites tous les jours par les collectivités locales. Ce redécoupage passe par les régions dont on rappellera utilement que leur organisation actuelle est le résultat d'un compromis de la IVe République, trouvé lors du gouvernement d'Edgar Faure. A l'époque, il s'agissait de trouver une façon rationnelle pour organiser la «planification à la française», dont on se rendait bien compte que la répartition des programmes par département était trop morcelée! Prenons garde avec cette référence à la IVe République de ne pas jeter aux orties l'idée régionale. Cette dernière a dû se faire une place au soleil, coincée entre le rejet des provinces de l'Ancien Régime, les débats des fédéralistes et régionalistes sous la IIIe République et l'organisation en régions tentée sous le régime de Vichy. Il n'est dès lors pas étonnant qu'un prix Goncourt ait été attribué pour la première fois il y a quelques années à un roman traitant ouvertement de la question du territoire! En France en effet, la refonte de la carte territoriale fonctionne comme un mythe. Héritière de la Révolution, après les tâtonnements de l'Ancien Régime, la France s'est voulue découpée rationnellement, avec les communes à la base et les départements considérés comme les pivots.

Une logique de facilité consisterait à se contenter de regrouper les régions. Au contraire, il faut remettre radicalement en cause le découpage de 1955.

Les particules élémentaires

L'exercice de la tabula rasa est passionnant! Pour être crédible, il convient d'ajouter à la continuité géographique - des régions d'un seul tenant et sans entrave - la cohérence historique. Une logique de facilité consisterait à se contenter de regrouper les régions. Ce n'est pas la logique qui a prévalu à l'exercice présenté ci-dessous! Au contraire, il est proposé de remettre radicalement en cause le découpage de 1955. Disons-le avec force: dans une France organisée autour de dix entités régionales, il n'est pas possible de respecter intégralement les découpages historiques des provinces. Mais il en est naturellement tenu compte. Dans ces conditions, le découpage de la France en dix régions donnerait le résultat suivant:

• Le Nord. Cette région dont le siège sera à Lille comportera l'ancienne région Nord-Pas-de-Calais, à laquelle seraient adjoints les départements de la Somme, de l'Aisne et des Ardennes.

• La Lotharingie. Elle sera composée de l'Alsace de la Lorraine, ainsi que des départements des Marches de l'Est, c'est-à-dire la Haute-Marne, la Haute-Saône, le Territoire de Belfort (créé, rappelons-le, au lendemain de la Première Guerre mondiale) et le Doubs. Son siège sera à Strasbourg, ce qui contribuera à renforcer son poids vis-à-vis de l'Europe.

• Le Sud-Est sera organisé autour de l'ancienne région Rhône-Alpes, à laquelle seront ajoutés les départements du Jura, dont les axes de communication et les relations économiques sont tournés vers Lyon et en aucun cas vers l'actuelle Comté, ainsi que le département de la Côté-d'Or et la Saône-et-Loire, dont un tel positionnement contribuera à renforcer la cohérence de la future métropole de Lyon et le (nouveau) département du Rhône, constitué du Beaujolais.

• Le Centre sera constitué de l'Auvergne et du Limousin, avec Limoges pour chef-lieu. On aurait pu raccrocher l'Auvergne à une région Rhône-Alpes élargie, mais les contraintes de déplacement et de transport donnent davantage de cohérence avec un axe nord-sud.

• L'Arc méditerranéen regroupera les régions Provence-Alpes-Côte d'azur (Paca) et Languedoc-Roussillon, dont le point de rassemblement est cet axe autour de la Méditerranée. La Corse gardera son statut spécifique et ceci la rapprochera davantage encore des collectivités et régions d'outre-mer (ce que les technocrates appellent les COM-ROM), plutôt que des régions de métropole.

• Midi-Pyrénées resterait la seule région en l'état, avec bien sûr Toulouse pour capitale. N'oublions pas que sa superficie actuelle représente déjà plus d'un huitième du territoire métropolitain.

• L'Atlantique regroupera Poitou-Charentes, l'Aquitaine et le département de la Vendée. Bordeaux en sera la capitale.

• L'Ouest sera constitué de la Bretagne, de la Basse-Normandie et des départements de Loire-Atlantique, de la Sarthe et de la Mayenne. Pour ce qui est de la Loire-Atlantique, cette solution présente l'avantage de faire de Nantes la capitale de cette région, en réglant ainsi la querelle de la primauté bretonne.


 

Commentaire de Florestan: 

deux poids deux mesures ! Comme d'habitude! La Bretagne verrait son unité faite dans l'Ouest alors que l'unité de la Normandie est niée alors qu'il s'agit officiellement de mettre en cause le découpage de 1955 /1960


 

 Le Bassin parisien. Il semble logique de terminer par le Bassin parisien, composé de feu l'Ile-de-France, de la Haute-Normandie. Ainsi constituée, cette région permet de traiter la question de l'intercommunalité et du Grand Paris, en opérant une disjonction entre la métropole du Grand Paris (élargie certainement aux frontières de l'ancienne Ile-de-France) et la nouvelle région, entité politique et administrative, beaucoup plus élargie. Cette grande région sera composée de l'actuelle Ile-de-France, à laquelle seront rajoutés les départements du pourtour parisien, c'est-à-dire l'Oise, la Marne, l'Aube, l'Yonne, la Nièvre, le Loiret, l'Eure-et-Loir, le Cher, le Loir-et-Cher, l'Indre, l'Indre-et-Loire, la Sarthe, l'Eure, la Seine-Maritime. Evidemment basée à Paris, cette région sera à même de traiter avec efficacité la question de l'accès à la mer ainsi que des problématiques de troisième couronne parisienne, regroupant ainsi les régions naturelles basées à une heure de Paris.


 

Commentaires de Florestan:

1) c'est quoi une "région naturelle" ?

2) Le paragraphe ci-dessous a le scandaleux avantage de dire clairement quel est le but historique de la création de la demi-région de Haute Normandie en 1972: la dissolution de la Normandie séquanienne dans la Région Parisienne avec Rouen comme ville de banlieue...

Le cauchemar LE VERN réalisé ! 

3) Evidemment, le BOEUF n'est pas devant sa charrue: il est bien derrière ! Car il confond  les causes et les conséquences de la division normande comme il confond territoire régional et espace de coopérations inter-régionales.

Et ça se dit "expert" à l'institut Montaigne ?

Pauvre Montaigne ! lui qui détestait par dessus tout l'outrecuidance satisfaite et la ... bêtise qui se croit savante !

4) Nous avons la faiblesse de croire et de penser que cette proposition de découpage n'est pas celle sur laquelle planche actuellement le gouvernement qui parle d'une carte à 12 régions et qui n'exclut pas une carte à quinze régions.

5) Enfin, Manuel Valls n'a cessé d'utiliser le cas exemplaire, emblématique, de la division normande pour justifier la réforme territoriale: on se demandera sur quel planète se trouve le champ que laboure Le Boeuf !

POUR MEMOIRE:  Nous proposons une carte à 15 régions respectueuses de la géo-histoire

15 vraies régions