Pour garder une chance de réunifier la Normandie au 1er janvier 2016, il faut absolument que la réforme de la carte territoriale soit votée avant décembre prochain, le temps d'organiser les futures élections régionales de décembre 2015 dans le nouveau cadre normand. 

Certes cette proposition de carte territoriale n'est pas terrible mais elle présente l'opportunité historique de réunifier la Normandie. Laurent BEAUVAIS, plus que jamais président de région en Normandie, a interpellé les parlementaires à "voter normand" au moment où l'on apprend que le conseil constitutionnel, saisi par un Sénat plus que rétif, donne droit au gouvernement de présenter cette nouvelle carte régionale en première lecture devant la "haute assemblée".

Nous les avons toutes et tous ! Les quelques 3,5 millions de Normands sont très bien représentés avec 27 députés et 17 sénateurs répartis en fonction de la population sur les cinq départements normands: la Seine-Maritime a droit, à elle seule, à 9 députés et 6 sénateurs tandis que l'Orne se contente de 2 sénateurs et de 3 députés.

Compte tenu de l'urgence du moment, avant que ne commence la première lecture du projet de loi portant sur la nouvelle carte des régions, le collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie" a fait partir ce jour 44 lettres pour exiger des parlementaires qui nous représentent de  "VOTER NORMAND":

Voici ci-après le texte de cette lettre:

Le collectif citoyen et républicain

« Bienvenue en Normandie »

20 place Maurice Fouque

14000 CAEN

 

A Mesdames / Messieurs les parlementaires représentant les cinq départements normands

 

Objet : Réforme territoriale, une opportunité historique pour la Normandie

 

Caen, le 1er juillet 2014

  

Madame, Monsieur,

Le 6 juin 2014 devant le Mémorial de Caen, le président de la République rendait officiellement l’hommage de la Nation au sacrifice des populations civiles normandes, il y a 70 ans pour le rétablissement de notre Liberté commune et honorait la mémoire de la Résistance normande qui, par l’unité de son action pendant les combats de l’été 1944, a permis le rétablissement de la souveraineté française par ses moyens propres. 

En conséquence, il faut défendre le principe que l’octroi de l’unité territoriale, administrative et politique pour la Normandie dans le cadre de la proposition gouvernementale pour une nouvelle carte régionale en France, est aussi d’ordre moral : c’est la reconnaissance de la Nation pour la Normandie qui s’accomplit ainsi concrètement et nous sommes persuadés que l’Histoire et la Mémoire de 1944 ont pesé de façon décisive dans les derniers arbitrages présidentiels pour l’unité normande, stricto sensu.

Mais cette satisfaction de recouvrer l’unité de notre région qui devrait être partagée par tous les Normands est menacée par les inquiétudes légitimes suscitées par une proposition gouvernementale qui crée plus de problèmes qu’elle n’en résout car le principe géo-historique, accordé pour la Normandie, est refusé pour d’autres régions pour des raisons étrangères à la géographie régionale française : nous déplorons qu’aucune véritable expertise géographique ou historique n’ait été consultée avant la réforme en cours.

Nous déplorons, en outre, avec l’Association des Régions de France, que l’idée totalement fausse d’une « taille critique européenne » ait préludé à une réforme territoriale pensée de façon strictement comptable et technique ignorant l’Histoire et la Géographie au risque de confondre l’idée de territoire régional avec l’idée d’espace de coopération interrégionale.

Néanmoins, cette réforme est une opportunité historique pour la Normandie et le président de région Laurent Beauvais a raison de vous interpeller en vous demandant de « voter Normand » loin de toute arrière-pensée politicienne : la défense du principe d’unité normande ne saurait souffrir d’aucune ambiguïté !

C’est pourquoi, dans le but de sauver l’unité normande et donc la réforme territoriale elle-même, nous vous appelons à agir pour amender sérieusement la proposition gouvernementale : il est dangereux que la Normandie soit le seul territoire où l’idée de région soit respectée. Notre collectif propose que l’on en revienne aux propositions consensuelles du comité Balladur (2009) à partir desquelles un découpage en 15 ensembles territoriaux cohérents permettant une « réconciliation des géographies françaises » serait possible ce qui suppose le courage politique de descendre à l’échelle départementale pour dessiner une vraie carte régionale. (Voir cette proposition jointe à ce courrier)

L’objectif de cette réforme territoriale n’est pas quantitatif : il est qualitatif. Il nous faut des vraies régions tant par la cohérence territoriale que par les compétences et les finances.

Ainsi, nous pensons qu’en conséquence de l’émergence d’un vrai pouvoir régional en France, il faudrait plutôt penser la cohérence entre région et métropole ( Tours pour le Val de Loire, Clermont Ferrand pour le Massif central et Reims pour la Champagne mériteraient d’obtenir le statut métropolitain) car la proposition territoriale actuelle l’ignore. De même qu’il faudrait penser la cohérence entre région et département au lieu d’envisager la disparition de ce dernier : nous vous suggérons de faire écho à la proposition d’Alain Lambert de transformer le conseil départemental en assemblée représentative des intercommunalités et de supprimer le doublon canton-intercommunalité.

Pour finir, il faudra veiller à la façon dont l’Etat va redéployer sa présence sur les nouveaux territoires régionaux  d’où l’importance d’avoir pu obtenir, au préalable, des territoires régionaux cohérents et une articulation claire entre région et métropole.

Nous avons conscience que votre tâche est immense. Notre devoir de citoyens normands est de vous rappeler que cette réforme est historique et que les Normands ont l’habitude d’avoir rendez-vous avec l’Histoire.

Avec nos salutations respectueuses,