La Normandie, terre de prédilection du cinéma en France ?

 

Truffaut filmant le promontoire de Flamanville avant que EDF ne le défigure totalement...

Rohmer filmant la plage de Julloville en 1983: "Pauline à la plage" un film culte !

Le manoir du Tourp dans la Hague, l'un des lieux de tournage de Tess de Roman Polanski

Devant l'église de Villerville, avant de torréer les automobiles...

Les planches deauvillaises arpentées par les fantômes de Claude Lelouch depuis 1963

Sortons les parapluies car il pleure sur Cherbourg...

Le jour le plus long du plus célèbre des Normands...

Dans le Bessin, un patriarche taiseux impose sa loi à des mafieux venus de Paris...

Une déesse normande coupée en deux dans les rues du Havre: pas très pratique !

 

Le littoral normand très photogénique a été le décor naturel de très nombreux films... La Normandie est une terre de prédilection pour les tournages de films en France: à proximité de Paris, la Normandie offre un éventail quasi complet de paysages à montrer sur grand écran.

La Hague et le Cotentin dans les films de François Truffaut ("les deux anglaises et le continent") de Rohmer, de Polanski ( le splendide "Tess") mais aussi la côte Fleurie: "Un singe en Hiver" (Henri Verneuil) a marqué la mémoire de Villerville, tout comme Deauville reste attaché au souvenir d'un "Homme et une femme" de Claude Lelouch ou Cherbourg s'est définitivement abrité sous les parapluies de Jacques Demy.

On ne parlera pas du "Jour le plus long" tourné sur les lieux même du Débarquement (Spielberg pour le soldat Ryan a préféré le paradis fiscal irlandais...) ni du dernier film de Jean Gabin ("la Horse") tourné dans le Bessin et à Caen... On passera sur quelques grandes comédies populaires des années 1960 -1970 tournées dans une Normandie reconstruite toute pimpante et satisfaite de la prospérité des Trente Glorieuses ("L'assiette au beurre" ou "Le cerveau" avec sa célèbre course de demi- DS citroën dans le port du Havre jusque sur le quai du paquebot France).

Les quinze dernières années avaient été, semble-t-il, plus ternes pour une Normandie dont l'image rétro nostalgique années 1960 -1970 s'était ringardisée: dans ce domaine stratégique pour l'image d'une région, la division normande avait, là aussi, des effets négatifs (avec notamment deux politiques publiques régionales pour le cinéma et l'audiovisuel différentes avec une Basse-Normandie plus dynamique que la Haute).

Cependant, depuis dix ans, environ, on observe le retour des tournages de cinéma sur la côte normande mais avec une géographie plus étendue (pas seulement sur la côte) et avec des problématiques sociales traitées avec plus de réalisme voire un réalisme poétique.

Mais le fait le plus nouveau c'est que c'est la Normandie elle-même qui apparait et qui est désignée en tant que telle: dans la période précédente, la Normandie offrait à la caméra ses paysages prétextes pour des scénarios qui décrivaient une action se passant ailleurs.

En 2008, une polémique autour du tournage d'un téléfilm de TF1 adaptant le célèbre film d'Hitchcock des "Oiseaux" avec Barfleur pris pour le village d'une île bretonne, a  symboliquement marqué un tournant !

http://www.lamanchelibre.fr/actualite-8134-notoriete-touristique-la-normandie-a-peine.html?xtmc=-effort&xtcr=14

On citera, par exemple, "Ma vraie vie à Rouen"  (2002) avec une Ariane Ascarilde arrachée à Marseille qui joue un très beau rôle de mère protectrice d'un adolescent homosexuel... Mais dans ce renouveau cinématographique normand en partie inspiré par le modèle des cinématographies des pays du Nord de l'Europe (Belgique, Danemark, Finlande...) c'est la ville du Havre, ville natale du cinéaste Xavier Beauvois ("le petit lieutenant", "Des hommes et des dieux") qui attire tous les regards depuis notamment le passage du grand cinéaste finlandais Aki Kaurismaki...

Le Havrais Xavier Beauvois jouant le flic le plus caricatural dans son propre film: "le petit lieutenant" où l'histoire d'un jeune policier normand qui finira tragiquement dans le Grand Paris de son ambition professionnelle...

Avant le débarquement du célèbre cinéaste finlandais dans le port du Havre de Grâce, "La Fée" (2011) un joli petit film belge avait déjà présenté la "porte Océane" sous l'angle d'un réalisme poétique particulièrement charmant et émouvant.

 

En Basse-Normandie, le cinéma de réalisme social investit enfin l'arrière pays au risque parfois d'une certaine caricature frisant le misérabilisme ("Darling" tragédie sociale et affective d'après une histoire vraie sur les routes du département de la Manche). Dans l'Orne, c'est bien connu, les hommes disparaissent au profit des animaux d'élevage:  "Bovines" est un documentaire sonore mais muet qui raconte les aventures d'un troupeau de vaches (qui ne sont même pas de race normande). On pourra préférer la comédie sentimentale "Angèle et Tony" d'Alix de la Porte (2011)  librement inspirée de Georges Simenon et qui a pour cadre le milieu des pêcheurs de Port en Bassin.

En 2012, "Populaire" (avec Romain Duris et Déborah François) une comédie plus ou moins réussie tournée à Lisieux et dans le pays d'Auge tentait d'aborder le thème essentiel mais délicat de l'émancipation des jeunes femmes dans les années de la Reconstruction d'Après Guerre.

Le film se déroule dans un décor de fin des années 1950.

On est donc à l'opposé du dernier film qui évoquait Lisieux et sa célèbre sainte connue dans le Monde entier...

Catherine Mouchet interprétait "Thérèse", dans le très beau film (1986) qu'Alain Cavalier consacrait à la sainte normande

Mais cette année 2014, outre le grand film historique qu'on attend toujours sur l'épopée de Guillaume le Conquérant, sera marquée par la sortie  du drame "Les folies bergères" de Marc Fitoussi un film tourné dans le Pays de Caux non loin de Fécamp revisitant le mythe flaubertien du "bovarysme" avec Isabelle Huppert et Jean-Pierre Daroussin en couple d'éleveurs laitiers aux prises avec le déclassement économique, social et affectif ! L'autre événement c'est le film "Week-ends" tourné du côté d'Etretat et réunissant le plus beau couple du cinéma normand:

La rouennaise Karine VIARD et le granvillais Jacques GAMBLIN


 

Pour en savoir plus avec 76actu:

http://www.76actu.fr/huppert-viard-darroussin-et-gamblin-en-seine-maritime_32033/

 

Thérouldeville

Huppert, Viard, Darroussin et Gamblin en Seine-Maritime

Après Kevin Costner, Isabelle Huppert, Karin Viard, Jean-Pierre Darroussin et Jacques Gamblin tournent depuis début avril 2013 dans le Pays de Caux, dans deux films. Détails.

Dernière mise à jour : 08/04/2013

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Jean-Pierre Darroussin et Isabelle Huppert dans "Les folies bergères" de Marc Fitoussi. © DR

Lire aussi : notre article sur les tournages au Havre 


En février 2013, l’acteur américain, Kevin Costner, était en tournage à Vattetot (notre article). Cette semaine, deux nouvelles équipes sont installées dans le pays de Caux. À Thérouldeville, c’est Isabelle Huppert et Jean-Pierre Darroussin qui se donnent la réplique pendant qu’à Étretat, Karin Viard et Jacques Gamblin tournent leurs premières scènes. (ndlr: Karine Viard est de Rouen, Jacques Gamblin de Granville)

Il souffle un vent glacial ce jeudi 4 avril juste après midi. Les comédiennes Isabelle Huppert et Anaïs Demoustier doivent tourner quelques scènes en extérieur avant de pouvoir se mettre au chaud. Depuis le début du mois d’avril, c’est toute une équipe de techniciens, d’assistants et de comédiens qui ont investi l’une des plus grosses fermes du village de Thérouldeville, près de Valmont, pour le tournage du film Folies bergères

« Nous venons de terminer six semaines de tournage à Paris, explique Marc Fitoussi, le réalisateur. Dans cette ferme, nous allons tourner toutes les scènes de campagne du film. »

Pour son quatrième long-métrage, le réalisateur a choisi de situer son intrigue près d’Yvetot dans un corps de ferme typiquement cauchois encerclé de gigantesques hêtres. Ces personnages principaux interprétés par Isabelle Huppert et Jean-Pierre Darroussin sont des « gentlemen farmers », éleveurs de bovins qui vont voir leurs vies basculer. 


Pour interpréter son personnage, Jean-Pierre Darroussin confie avoir rencontré des éleveurs locaux : « Nous avons discuté du métier et de l’amour des bêtes. C’est un monde qui ne m’était pas si étranger puisqu’enfant, j’allais aider mon oncle qui était naisseur de veaux. Je me souviens avoir passé du temps avec les bêtes dans les champs. »

Deux films en préparation : Folies bergères et Week-ends

Côté intrigue : c’est une fête d’anniversaire organisée par de jeunes parisiens dans la maison voisine qui va semer le trouble dans la vie de ces              « gentlemen farmers ». Troublée par Stan, 25 ans, Brigitte (Isabelle Huppert) est prise d’une furieuse envie de vivre. Le désir de retrouver le bel éphèbe la conduit dans une folle aventure des terres cauchoises jusqu’à Paris.

Le tournage de Folies bergères, en Seine-Maritime, depuis début avril 2013. (Photo : Clémence Lambard)

Le tournage de Folies bergères, en Seine-Maritime, depuis début avril 2013. (Photo : Clémence Lambard)

Pour ce film, le Pôle Image de Haute-Normandie apporte son soutien à hauteur de 150 000 euros grâce au fonds d’aide Région Haute-Normandie/CNC. 

« C’est notre troisième collaboration avec ce réalisateur », souligne le Pôle Image. Marc Fitoussi a déjà tourné en Normandie son documentaire, Des figurants, en 2009 et un moyen-métrage, Bonbon au poivre, en 2005. 

Parallèlement au tournage de Folies bergères, l’équipe du film Week-ends, réalisé par Anne Villacèque est en train de s’installer autour d’Étretat.

Plusieurs journées de tournage auront lieu près de Goderville et Sausseuzemare avec Karin Viard et Jacques Gamblin en guest. 


Le scénario a aussi pour décor deux maisons de campagne, côte à côte, et comme protagonistes deux couples, amis depuis trente ans : Ulrich (Tukur) et Sylvette (Lvovsky) et leurs trois enfants, et Jean (Gamblin) et Christine (Viard) et leurs trois enfants aussi. Week-end après week-end, les courses, les projets, les promenades. Les déjeuners qui s’étirent, les maquereaux grillés, les pot-au-feu, le jardin, la météo, les enfants qui grandissent, qui viennent moins, qui vont partir. Mais brusquement, un matin, c’est Jean qui décide de partir, pour de bon. Et tout est bouleversé…

Clémence Lambard

76540 Thérouldeville
Étretat, 76
La Rédaction