Nous le craignions a priori et nous espérions avoir tort...

Les Jeux Equestres Mondiaux, grand événement sportif international d'un certain standing (le principal sponsor est une marque de montres suisses de luxe bien connue) ne bénéficient d'aucune couverture médiatique particulière de la part des grands médias français parisiano-centrés voire britannophiles car si les JEM avaient lieu à la Porte d'Auteuil comme un tournoi de tennis ou non loin de l'hippodrome de Chantilly, voire entre les menhirs de Carnac dans la suite du labourage profond et très grand public des Vieilles charrues de Carhaix, alors oui, pour sûr ! les grands médias audiovisuels nationaux donc parisiens nous parleraient abondamment de la magnifique fête du cheval qui a donc le malheur médiatique de ne se dérouler qu'en Normandie...

Sauf que la Normandie qui était la destination à la mode de la Reine Victoria, de Louis Philippe ou du Duc de Morny n'intéresse plus les adolescents attardés qui plastronnent aujourd'hui sur les plateaux télé: la Normandie, c'est un truc trop chic pour les snobs, c'est trop vieux, intello et ringard pour des émissions cool et fun et l'équitation c'est pour les jeunes premières qui se prennent pour des duchesses: pas assez prolo pour attirer des millions de gogos à l'heure de l'apéro comme une coupe du Monde de foot ou un Tour de France cycliste qui débute en Angleterre et qui passe aussi par voie aérienne (on n'arrête pas les prouesses techniques du dopage...).

Quant aux chevaux, qui dans l'Orne seraient plus nombreux que les humains, ils n'ont pas la parole et les mesures d'audience de Médiamétrie ignore la partie quadrupède du cheptel animal attiré par les écrans: les chevaux regardent-ils les JEM de Normandie plus que les Humains habitant la France ? Voilà une vraie question...

Chevaux et cavaliers n'ont pas le temps de regarder TF1... L'équitation un loisir d'aristo !

Ce qui est faux aujourd'hui tant la pratique de l'équitation s'est démocratisée et ... féminisée ces dernières années en France.

Il se confirme donc que les "grands médias nationaux" audiovisuels qui exploitent l'attention du "grand public" (infantilisé et méprisé par les dirigeants desdits médias "grand public") se contrefichent des Jeux Equestres Mondiaux sous prétexte que les pratiques équestres sont dans "une niche" qui n'aboie pourtant pas mais qui a le défaut de n'intéresser qu'un "petit public" d'initiés: si vous voulez voir cavaliers et chevaux allez donc vous faire voir sur Internet ou sur le cable: l'équitation c'est comme le porno, il y a des chaînes ou des sites pour ça !

Pour mettre à l'épreuve des faits cet a priori contre le potentiel de curiosité des grands médias nationaux français, nous nous sommes efforcés d'écouter la quasi totalité des journaux et flash infos du week end en cours sur l'antenne de France Inter: alors que l'info du week-end est dominée généralement par les événements et résultats sportifs, il n'y avait strictement AUCUNE ALLUSION sur l'antenne de France Inter concernant les exploits des chevaux et des cavaliers venus du Monde entier en Normandie!

Prenons l'exemple du journal de la mi-journée en ce dimanche 31 août 2014 sur l'antenne de France INTER:

Un open de Tennis aux USA avec tout ce qu'il faut savoir sur la vie et les états d'âme d'un ancien champion de tennis français, une défaite française au début de la coupe du Monde de Basket, les commentaires et interviews sans intérêt de footeux sur la reprise du championnat de Ligue 1; un championnat du Monde de judo en Ukraine avec considérations géopolitiques futiles et même l'annonce d'un tournoi international de ... catch organisé en Corée du Nord ! à l'initiative d'un député japonais ancien catcheur. Sans transition aucune, le journal radio-diffusé de la station préférée, parait-il, des professeurs de l'Education Nationale se terminait sur un petit reportage sans imagination sur le début de la Mostra de Venise, édition 2014, festival que l'on a connu "plus primesautier" minauda alors une voix féminine... De cavaliers et de cavalières, voire de chevaux, il n'en fut rien !

Pour une fois, saluons la couverture proposée par le journal breton Ouest-France et les émissions proposées par FR3 Basse-Normandie: que les Bretons qui s'intéressent au cheval et à l'équtitation en Normandie soient ici chaleureusement remerciés !


 

En attendant, le Monde s'intéresse au sort des équidés pendant les Jeux Equestres Mondiaux: après un cheval accidentellement tué lors de la course d'endurance du 28 août dernier, un second cheval est mort hier à la fin du concours complet du Haras du Pin...

http://www.lemonde.fr/sport/article/2014/08/30/un-deuxieme-cheval-meurt-aux-jeux-equestres-mondiaux_4479441_3242.html

Un deuxième cheval meurt aux Jeux équestres mondiaux

Le Monde.fr | 30.08.2014 à 21h31 |

Par 

Le Britannique Harry Meade et son cheval Wild Lone, le 30 août à Le-Pin-au-Haras.

Un cavalier en larmes et le Team England aux yeux rougis. La fête du cheval que doivent représenter les Jeux équestres mondiaux, organisés en Normandie jusqu'au 7 septembre, a pris un tour tragique samedi 30 août avec la mort de Wild Lone, à l'issue de l'épreuve de cross du concours complet. Au Haras du Pin (Orne), ce hongre irlandais âgé de 13 ans est tombé après avoir franchi la ligne d'arrivée alors que son cavalier, Harry Meade, venait de mettre pied à terre. Il a succombé à une crise cardiaque et les vétérinaires de la Fédération équestre internationale (FEI), qui l'ont aussitôt pris en charge, n'ont rien pu faire. Une autopsie sera effectuée pour déterminer les circonstances de sa mort.

C'est le deuxième équidé qui meurt en quelques 48 heures dans cette compétition, la plus prestigieuse pour l'équitation après les Jeux Olympiques, pour la première fois accueillie par la France. Jeudi 28 août le cheval Dorado, monté par la Costaricienne Claudia Romero, s'était tué lors de l'épreuve d'endurance dans la baie du Mont-Saint-Michel, en heurtant un arbre sur le bord de la piste, la cavalière se blessant gravement au visage.

« Il n'y a aucun lien avec l'état de la piste. Je serais encore plus attristé que quelqu'un en tire une conclusion hâtive », a sitôt déclaré Harry Meade, pour couper court à toute polémique. Les premiers cavaliers qui avaient emprunté le parcours de cross de près de 6 km et comprenant 28 obstacles s'étaient souvent plaint des conditions, aggravées par la pluie des précédents jours.

SOL LOURD

Deux obstacles ont été retirés et le parcours a été réduit de 500 mètres. Le terrain gras et collant n'en était pas moins éprouvant pour les animaux. « Le sol est super lourd et du coup les chevaux sont très à l'effort », a ainsi déclaré Pascal Leroy, un des premiers à passer en tant qu'« ouvreur » de l'équipe de France. « C'est la première fois que je sens qu'il manque d'oxygène », a-t-il constaté au sujet de son cheval.

Avec, à ses côtés Will Connell, chef de mission de l'équipe britannique, Harry Meade a assuré que Wild Lone était en pleine forme et n'avait présenté aucun signe inquiétant : « Je l'ai senti si bien que le seul regret que je pourrais avoir est de ne pas lui en avoir demandé plus. Je suis effondré. Je travaille avec lui depuis qu'il a cinq ans. A ses six ans, j'avais dit à mon père qu'un jour il serait le meilleur ».

Wild Lone avait d'ailleurs réalisé une belle course en terminant à la 25e place alors qu'il n'était classé qu'en 88e position samedi à l'issue du dressage, première épreuve de ce triathlon équestre. Après deux journées au Haras du Pin, cavaliers et montures doivent migrer  dimanche 31 août au stade d'Ornano de Caen (Calvados) pour le saut d'obstacles.

L'épreuve de cross, qui avait rassemblé à mi-journée près de 40 000 spectateurs dans le plus ancien des haras nationaux, a été remportée par un autre Britannique, William Fox-Pitt, devant les Allemands Sandra Auffarth et Michael Jung. Au classement provisoire par équipes du concours complet, le Royaume -Uni (186,8 points) mène devant l'Allemagne (197,9) et l'Australie (226,8), la France (235,5) étant au pied du podium.


 

Commentaire de Florestan:

La mort du petit cheval, ça n'intéresse pas France Inter !