La chambre régionale d'Agriculture de Normandie, assise pourtant sur les terroirs des cinq départements normands, a cru bon, avec la complicité douteuse du Crédit Agricole qui a perdu le sens du bon sens dans des spéculations financières récentes et hasardeuses, de nous proposer des scénarios pour l'avenir de l'élevage laitier en Normandie à l'horizon 2020.

La lecture de l'article paru dans Ouest-France (voir ci-dessous) nous a fait bondir !

La chambre régionale d'agriculture de Normandie ne semble pas être informée des trois évidences suivantes:

1) Une vache laitière c'est fait pour manger ... l'herbe de son pré !

( Non mais quelle blague ! Il fallait y penser à celle là! )

2) Il y a plus de vaches normandes au Visconcin, en Colombie, en Algérie, en Azerbaïdjan, en Mongolie ... qu'en Normandie ! Nul n'est prophète en son pays !

3) Selon une récente étude de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) près de 40% des jeunes qui s'installent sur une exploitation agricole ne sont pas fils ou fille d'agriculteurs et 80% d'entre eux veulent faire du bio ou de l'agriculture raisonnée:

L'agro-merde financée par une banque qui se dit "verte" et vendue par le syndicat du crime que nous savons? n'attire plus aucun de ces cocus qui voulurent bien se casser la gueule sur le lisier financier au bout de la stabulation...

 

Le bonheur est dans le pré... Surtout en Normandie. Mais la bonne nouvelle n'est pas encore parvenue jusqu'aux bureaux de la chambre régionale d'Agriculture !

 

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Commentaire de Florestan:

L'avenir de l'élevage laitier normand c'est avant toute chose LA QUALITE !

Tous les éleveurs normands qui en sont revenus au troupeau traditionnel de moins de 100 vaches normandes par exploitation nourries à l'herbe du pré ou du foin des trois ou quatre regains que permet la météo normande, ou avec les fourrages naturels complémentaires produits sur place ou dans la région (luzerne, sainfoin, trèfle...), qui s'épargnent la peine d'acheter du soja OGM brésilien importé depuis les ports bretons,  qui n'achètent plus des granulats avec on ne sait quoi dedans, qui ne veulent plus s'emmerder (dans tous les sens du mot) avec le maïs d'ensilage, qui ne veulent plus dépenser une fortune chez le véto pour la santé précaire de pisseuses de lait aussi dopées qu'un coureur du Tour de France,  qui ne veulent plus labourer inutilement les prairies et araser les haies pour faire passer dans nos chemins creux de gros engins aussi coûteux qu'inutiles achetés à crédit...

Bref! tous ces éleveurs laitiers normands ont le privilège de ne pas vendre leur lait à perte et peuvent le valoriser largement au dessus des 35 centimes le litre vers la fabrication de ces fameuses spécialités laitières et fromagères AOP ou AOC qui stimulent les papilles d'un bassin de population urbaine de plus en plus exigeante de plus de 12 millions d'habitants: 

Si la Normandie laitière a encore une réputation c'est qu'on l'apprécie encore sur les meilleures tables parisiennes: imaginer que le bio n'en serait qu'à 3% des élevages laitiers normands en 2020 voilà qui fait preuve d'une vraie paresse intellectuelle à moins qu'il ne s'agisse de l'aveu involontaire d'une complicité structurelle avec le système agro-industriel conventionnel qui refuse de mourir et de changer.

Le problème est, en effet, double:

D'un côté des vieux avec leurs vieilles idées périmées mais qui occupent le terrain (dans tous les sens de l'expression) et de l'autre des jeunes qui voudraient faire autre chose mais qui ne trouvent pas de terres pour s'installer: là encore, le futur conseil régional de Normandie devra intervenir avec vigueur !