Le 18 septembre dernier, Edouard PHILIPPE, le député-maire UMP du Havre, digne successeur d'Antoine Rufenacht donnait un important entretien dans le quotidien Paris-Normandie sur le thème de la future capitale régionale normande: le coup de force des fabiusiens se retourne finalement contre eux. La solution d'une métropole normande en réseau avec partage des fonctions entre Caen, Rouen et Le Havre, solution proposée depuis de nombreuses années par nos amis du collectif des Quinze géographes universitaires normands revient en force...

Désormais, le temps des bonnes intentions, des déclarations plus ou moins bienveillantes (ou des coups tordus) s'achève: le temps des travaux pratiques arrive. A n'en point douter, l'organisation concrète de ce réseau métropolitain normand sera au coeur de la future campagne électorale régionale qui va s'ouvrir sans tarder (les élections étant prévues pour décembre 2015).

Edouard PHILIPPE propose une première pierre concrète à ce futur édifice à trois piliers: le projet de créer un pôle métropolitain de l'Estuaire qui n'a de sens que si les agglomérations de Caen et du Havre s'y retrouvent avant d'y intégrer la future métropole rouennaise.

L'idéal serait que ce grand chantier soit achevé pour l'année 2016: la sortie de la Normandie de l'Après Guerre et la reconstruction de la Normandie pour le XXIe siècle ne peuvent plus attendre !


 

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/1461225/actualites+economie/le-pole-c-est-du-bon-sens#.VCEiDBZF8aQ

Edouard Philippe, maire du Havre : « Le Pôle métropolitain, c’est du bon sens »

Publié le 18/09/2014 á 23H58

Territoire. Pour le député-maire du Havre, la création du Pôle métropolitain est un levier indispensable au développement de l’Estuaire de la Seine. Alors il repart au combat, décidé à convaincre les élus réticents et l’État.

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L’idée du Pôle métropolitain part de quel constat?

 

L'idée de pôle métropolitain par de quel constat?

Édouard Philippe : « D’une idée simple. L’Estuaire de la Seine existe. Il y a un territoire, un bassin de vie et de développement économique. Au Havre, un monde industriel et portuaire très puissant, un milieu agricole et des milieux naturels forts. Une économie très marquée par le tourisme, des pépites touristiques, Deauville, Lisieux, Étretat... Élus de droite de gauche, du sud au nord de la Seine, entreprises, les chambres de commerces, qui ont été les premières à se fédérer, des géographes... Nous sommes nombreux à penser qu’il y a des problématiques communes dans l’Estuaire. D’où l’idée du Pôle, un instrument créé par l’État, permettant à des collectivités souhaitant un développement harmonieux, de se regrouper pour travailler en commun sans menacer quiconque, sans se déposséder de quoi que ce soit. Ce n’est ni une idée de génie ni une idée révolutionnaire, mais du bon sens. »

«Je respecte les hésitations»

Comment expliquez-vous les hésitations ou les refus?

« Certains hésitent, se demandent si ça vaut le coup, si ce n’est pas prématuré, s’ils ne vont pas être noyés dans un ensemble plus grand qu’eux. On peut respecter les hésitations. D’autres, concernés par le territoire, refusent. Peut-être qu’ils ne croient pas à l’estuaire, n’ont pas envie de travailler avec leurs voisins dans une structure organisée. Je les respecte aussi. Une troisième forme de refus venant de l’extérieur du territoire, consiste à vouloir se mêler de la façon dont nous allons travailler ensemble. Cela, je le comprends moins bien. Moi, maire du Havre, je ne me suis jamais occupé de savoir comment Rouen devait organiser son agglo puis son développement métropolitain. Je ne suis pas sûr que cette position ait été respectée par tout le monde... J’ai vu l’avis négatif du conseil régional pour des raisons qui n’ont pas beaucoup de choses à voir avec Le Havre, ni avec l’agglo havraise. Mais qui ont tout à voir avec la volonté de ne pas permettre à des élus qui ne partagent pas les convictions du président du conseil régional de prendre de la vitesse. C’est petit. Mais ce n’est pas très grave... ».


Pourtant, pour le préfet, cet avis a compté?

« Parce que le préfet est aux ordres de Laurent Fabius et Nicolas Mayer-Rossignol. Mais la région ne donne qu’un avis, ceux qui sont concernés, qui sont à l’origine du projet, ce sont les conseils communautaires et la communauté d’agglomération ».

Trois Pôles, Rouen, Le Havre, Caen, c’est possible?

« Non. À Rouen il y a une métropole, ça n’a rien à voir, ça n’a pas de sens. Le Pôle, c’est une communauté de com’com. Personne ne perdra de sa capacité à agir. Mais quand vous avez envie de faire peur vous dites que ça ressemble à une Métropole... »

«Ils ont à y gagner»

N’aurait-on pas intérêt à rejoindre la Métropole rouennaise pour être plus fort face au bassin parisien?

« Dans ce cas, faisons simplement un département de Seine-Maritime. Nous avons des coopérations importantes avec Rouen, avec Caen, mais ce n’est pas le même bassin de vie. La Métropole rouennaise n’a pas vocation à venir jusqu’au Havre, et je ne suis pas sûr que les Havrais le voudraient, ce sont deux espaces différents ».

Comment décider les réticents?

« Il faut expliquer, montrer que notre objectif n’est pas de créer une Métropole mais bien de constituer un Pôle très souple qui ne menace aucun de ceux qui ne veulent pas y entrer, qui ne dépossèdent aucun de ceux qui y entrent, mais qui permet de travailler ensemble sur des projets de développement touristiques, fonciers, économiques... Nous allons les encourager à adhérer à l’association d’abord et les convaincre de nous rejoindre dans le Pôle. Ils ont à y gagner. Dans le cadre des reconstitutions territoriales, je ne pense pas que les habitants de l’Estuaire aient intérêts à ce qu’on ne puisse pas travailler ensemble. »

«Je tends lamain»

Face à Rouen et à Caen, il est temps de se battre pour notre territoire?

« C’est ce que je dirais volontiers à tous les élus de l’Estuaire de la Seine. Il y a un énorme effort d’explication à faire, car ceux qui étaient contre ce projet ont beaucoup joué à faire peur ».
Quel délai vous fixez-vous?

« Les procédures sont longues. Il faut respecter ces délais. On a créé l’association, on est reçu par le ministre de l’Intérieur fin septembre pour lui expliquer comment nous voulons construire l’avenir. Et lui dire combien nous avons été choqués de la réponse du préfet, sur le fond et dans la forme. Puis, on lancera les procédures administratives indispensables. Le processus est long, c’est pour ça que nous n’avons pas du tout aimé que l’on nous dise d’une seule phrase, alors qu’on avait rempli toutes les conditions prévues par la loi : « Circulez y’a rien à voir ».

Sans Honfleur et Pont-Audemer, il n’y aura pas la cohérence territoriale autour des deux rives de l’Estuaire réclamée par le préfet?

« Le Pôle a été prévu par la loi exactement pour s’affranchir d’une continuité territoriale. C’est un argument idiot et illégal. J’espère qu’un jour Honfleur et Pont-Audemer viendront. Je tends la main, je la retends, mais en même temps s’ils ne veulent pas venir ce n’est pas grave, ça ne leur coûte rien, ça n’implique rien. Ils pourront venir après. Mais ceux qui veulent avancer doivent pouvoir le faire. Sur les cinq pays, les EPCI* qui ont dit oui représentent une immense majorité de la population de l’Estuaire. Quand plus 400 000 personnes expriment leur envie de travailler ensemble, c’est un peu curieux de dire, 3 000 ne veulent pas donc on ne fait rien. Le Pôle n’enlève de compétences à personne, ce n’est pas une agglomération. On ne force personne. On ne peut pas faire plus souple et moins contraignant ».

Vous l’espérez d’ici 2017?

« On aura fait ce qu’il faut pour, après, je ne suis ni ministre de l’Intérieur, ni préfet... J’espère que l’État se ressaisira, que l’intérêt général prévaudra ».

L’inverse serait un échec personnel?

« Non, je prends comme un échec personnel ce sur quoi j’ai prise ».

Propos recueillis par
Marie-Christine Urset

mc.urset@presse-normande.com

(*)EPCI: Établissement public decoopération intercommunale.


 

Commentaires de Florestan:

ENCORE UN EFFORT Monsieur Edouard PHILIPPE !

Si vous voulez intégrer la rive SUD de l'Estuaire de la Seine dans un pôle métropolitain il faut y associer l'agglomération de Caen: parce que la rive Sud de l'Estuaire va jusqu'à Caen-Ouistreham. Parce qu'on voit Le Havre depuis la Côte de Nacre caennaise: parce que la baie de Seine est la MARE NOSTRUM des Normands !

Le préfet Maccioni n'est pas éternel. Il doit prochainement partir à la retraite et le patron des préfets, ce n'est pas Laurent Fabius mais Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur du dossier de l'unité normande !