On l'a appris vendredi 26 septembre 2014: le Premier ministre Manuel VALLS confirmait à Arras le projet de canal Seine-Nord-Europe de gabarit européen qui reliera le Nord de la région parisienne au port d'Anvers, via un canal à creuser pour un coût de plus de 4 milliards d'euros entre l'Oise et l'Escaut.

(source: Voies Navigables de France)

De ce projet que l'on pouvait croire sacrifié sur l'autel de l'austérité mais qui tient à coeur à Martine Aubry et aux élus nordistes on dira les quatre choses suivantes:

1) La Région parisienne et ses 11 millions d'habitants et consommateurs est la deuxième grande mégalopole de taille mondiale de l'Europe avec Londres: contrairement aux autres grandes mégalopoles mondiales, Paris demeure incapable d'intégrer une liaison maritme directe. On peut même dire que la culture maritime parisienne est proche de zéro: Paris a, certes, un "nef" de batellerie sur son blason mais on doit rappeler que la devise "fluctuat nec mergitur" décrit un objectif maritime plus que modeste ! (flotter pour ne pas couler...)

Concrètement, les décideurs et les pouvoirs publics de la région parisienne se contrefichent de savoir comment et d'où viennent les marchandises qui sont attirées par l'éclat de la "ville lumière" ! 

Que cela puisse venir d'Anvers, de Rotterdam... ou du Havre, les décideurs Parisiens s'en foutent ! A Paris, la Seine c'est un plan d'eau touristique pour promener des touristes dans des bateaux mouches...

2) Winston Churchill disait qu'un pessimiste faisait de toute opportunité une difficulté et qu'un optimiste faisait de toute difficulté une opportunité.

3) Il faut donc que la perspective d'une liaison fluviale directe entre le Grand Paris et les principaux ports concurrents du port du Havre soit la méthode qui oblige enfin les décideurs et responsables normands à intégrer un outil et un espace logistique commun et cohérent, en l'occurrence l"AXE SEINE car un "hinterland" (c'est à dire la zone de chalandise et de diffusion commerciale d'un port maritime sur son arrière pays) doit être piloté depuis le port en question: ça tombe bien, à Paris, on ne sait pas ce que c'est que piloter un "hinterland". C'est donc aux décideurs Normands de le faire, à partir d'HAROPA et depuis Rouen et Le Havre.

IL FAUT UN AXE SEINE 100% NORMAND pour contrôler le service après vente d'un débarquement de marchandises depuis le port du Havre jusqu'au plus près du client final...

4) Il faudra donc renforcer, améliorer les capacités logistiques des ports normands et du canal naturel que constitue la Seine vers Paris mais surtout au delà soit vers l'EST et le centre de l'Europe par un corridor ferroviaire fret et vers le SUD OUEST et l'Espagne ("axe Plantagenêt"): ces deux perspectives sont d'ores et déjà inscrites au schéma européen des infrastructures de transports (corridor européen N°4).

Pourquoi ces axes?

Parce que l'hinterland d'Anvers progresse selon un axe Nord-Sud sur l'isthme français (Lille-Paris-Lyon) et que pour éviter que l'Axe Seine ne soit qu'un axe secondaire avec Paris comme terminus, il faut le prolonger dans un sens qui permettrait de croiser les flux anversois Nord-Sud: en créant une alternative OUEST - EST à partir de l'avantage comparatif donné par la géographie normande aux ports du Havre et de Rouen d'être, à la fois des avant-ports (avant la "rangée Nord européenne" et donc trois à quatre jours de navigation en moins) et pour Le Havre, un port en eau très profonde qui peut accueillir les portes conteneurs géant avec un tirant d'eau supérieur à 16 mètres en amont du goulet d'étranglement du Pas de Calais.

Il faut donc un AXE SEINE 100% NORMAND qui pourrait être piloté depuis ROUEN en tant que métropole régionale normande et surtout en tant que préfecture interrégionale du NORD OUEST !


 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/09/26/97001-20140926FILWWW00459-canal-seine-nord-valls-soutien-le-projet.php

Canal Seine-Nord: Valls soutien le projet

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    • Mis à jour le 26/09/2014 à 21:09
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Manuel Valls a annoncé aujourd'hui à Arras son engagement ferme en faveur du canal Seine-Nord, projet si souvent reporté, devenu un modèle d'investissement pour le gouvernement, en vue de relancer une économie en panne, avec, en prime, un rare consensus.

Y voyant aussi bien un "beau projet fédérateur pour la nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais Picardie" prévue par sa réforme territoriale, qu'un exemple de la "relance des investissements" qu'il préconise aussi bien pour la France que pour l'Union Européenne le Premier ministre a confirmé "la détermination de (son) gouvernement à remettre un dossier de demande de subvention" à la Commission européenne.

Bruxelles a promis de financer à hauteur de 40% ce projet, évalué par Manuel Valls à quelque 4,5 à 4,8 milliards d'euros, et réclamé depuis des décennies par les régions concernées au premier chef, le Nord/Pas-de-Calais et la Picardie. Il s'agit de relier la Seine à l'Escaut par un canal à grand gabarit, d'où la dimension transfrontalière du projet, même si le coeur du chantier concerne 106 km entre l'Oise et le Nord.

Politiques, chefs d'entreprise et dirigeants de chambres de commerce appelaient depuis des années de leurs voeux l'ouverture du chantier du canal qui permettrait la navigation de barges de 4.400 tonnes et 185 mètres de long, avec à la clef la création potentielle de milliers d'emplois. "Ce canal est un enjeu économique décisif", a martelé le Premier ministre devant les élus du Pas-de-Calais. Il a cité "12.000 à 14.000 emplois directs et indirects pour la construction de cet ouvrage"

L'"objectif" est que le chantier commence en 2017 et s'achève en 2023, a indiqué M. Valls. "C'est une opportunité exceptionnelle que nous devons saisir. C'est pour cela que la France sera au rendez-vous", a-t-il lancé. "Il faut évidemment des grands projets qui permettent de regarder l'avenir avec plus d'optimisme", a-t-il plaidé. Outre l'enjeu économique, fondamental, "un tel canal c'est (...) la réponse essentielle pour le développement, durable, car l'aspect écologique du projet sera également très important" pour le nord de la France, a-t-il également observé.