Les coquillards normands avaient prévenu les autorités: ils prendraient toutes leurs responsabilités et utiliseraient tous les moyens nécessaires pour défendre la précieuse ressource des coquilles Saint Jacques de la Baie de Seine contre les pêcheurs pilleurs qui viennent au large de nos côtes prélever sans vergogne une ressource protégée et valorisée par les pêcheurs normands...


 

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La Poterie-Cap-d'Antifer

En Normandie, la guerre des coquillards est déclarée avec les Irlandais

Mardi 7 octobre 2014, des pêcheurs irlandais de coquilles Saint-Jacques ont pénétré en Baie de Seine, une zone encore interdite à la pêche en France. Des rixes ont été évitées.

Dernière mise à jour : 09/10/2014 à 19:15

photo LB

Des coquillards irlandais ont pénétré l'espace maritime français, où la pêche à la coquille Saint-Jacques n'ouvrira qu'en novembre 2014. (Photo : LB)

À l’exception de quelques pêches illégales, les accords entre les pêcheurs français et anglais avaient été majoritairement respectés en 2013 : les coquillards britanniques ne pénétraient pas dans les zones de pêches protégées — ou dans les zones déclarées contaminées par les algues toxiques — par la législation française.
Pourtant, le mardi 7 octobre 2014, une dizaine de coquillards irlandais ont été repérés en Baie de Seine, près du Cap d’Antifer, une zone encore fermée à la pêche en France. Les rixes entre pêcheurs irlandais et français ont été évitées de justesse.

« Une guerre de corsaires »

En 2014, la pêche à la coquille Saint-Jacques en Baie de Seine n’est autorisée qu’à partir du 4 novembre. C’est du moins la date fixée par la législation française, mais pas par la législation européenne. Un prétexte invoqué par les coquillards britanniques pour pêcher en Baie de Seine :

Lorsque les pêcheurs s’échauffent, c’est un peu comme dans les films de pirates, c’est une guerre de corsaires », explique Yannick Pourchaux, président du Comité régional des pêches« Les pêcheurs français ne sont pas contents de voir que leurs homologues irlandais peuvent pêcher dans des zones qui sont encore fermées par la législation française. Du coup, cela peut dégénérer très facilement. Surtout avec le mauvais temps de ces derniers jours, qui a bloqué les bateaux à quai pendant trois jours. Heureusement, l’intervention des autorités a permis d’éviter les violences entre pêcheurs, de justesse.

Un risque pour les consommateurs français

Lors d’un entretien, Yannick Pourchaux précisait la nécessité d’une réglementation française concernant la délimitation des zones de pêche, notamment pour éviter les risques d’intoxications alimentaires par les consommateurs :
Nous sommes obligés d’avoir un service sanitaire très rigoureux, avec la contamination deDSP (bio-toxines marines), due aux températures élevées de l’eau. Plus l’eau est chaude, plus les algues qui contaminent les coquillages sont nombreuses. Ce sont des coquilles qui sont impropres à la consommation, et toute pêche est donc vaine. Dès que la température baisse, tout va mieux. Des tests sur l’eau et les coquillages sont quotidiennement effectués. C’est l’une des raisons pour laquelle les zones d’ouverture sont délimitées.
Le problème arrive donc directement dans nos assiettes : si la législation française impose des règles sanitaires strictes, les produits de pêches étrangères sont, selon le responsable, plus laxistes. Le risque sanitaire serait donc plus important en consommant des coquilles étrangères vendues dans les grandes surfaces, estime le président du Comité régional des pêches :
Il faut simplement acheter ses coquilles directement sur le marché, directement aux pêcheurs. Ainsi, on consomme français et le risque sanitaire est moins élevé. Il y a également une marque, Pavillon France, qui permet de savoir que la coquille provient d’une pêche française.
La Poterie-Cap-d'Antifer, 76
Lou Benoist