Alors que les élus et décideurs de la  première destination touristique mondiale enlaidissent à la vitesse d'un TGV les paysages français à coup de ZAC, de ronds points, de zones prioritaires de ceci ou de cela, de lotissements pavillonnaires aussi mornes que médiocres, d'entrées de villes qui pourraient faire pâlir Las Végas, de permis de construire plus ou moins légaux selon la taille du dessous de table, d'éoliennes géantes brassant plus l'argent du contribuable que le vent, de lignes à haute tension zébrant les horizons, de bocages saccagés par le syndicat du crime agricole...  on apprenait, enfin, une bonne nouvelle, ou dumoins, on prenait connaissance de la tentative désespérée de l'Etat français d'apaiser la colère de l'UNESCO qui n'en peut plus de la désinvolture avec laquelle un site classé sur la liste du patrimoine mondial pouvait être traité par les élus, les haut-fonctionnaires français.

Grâce à la vigilance active et militante des défenseurs du patrimoine et des paysages, la baie et le Mont Saint Michel ont échappé il y a deux ans à des projets furieux d'implantation d'éoliennes géantes sur les collines entourant la Merveille à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde: l'UNESCO avait alors menacé d'oter son précieux label au site si ces projets étaient maintenus.

La vigilance de l'UNESCO aiguillonnée par les associations de défense des paysages, à commencer par la SPPEF (Société protectrice paysage et esthétique de la France) a été maintenue jusqu'à ce jour car les travaux du rétablissement du caractère maritime du Mont Saint Michel s'achèvent avec une polémique au sujet d'une tranchée percée dans le rocher sacré et sur la hauteur de la future câle d'accès qui fera comme un dôme de béton posé devant l'entrée du  Mont...

Le Mont Saint-Michel vu depuis le carré militaire marocain du cimetière du bourg de Montjoie Saint-Martin (canton de Saint-James) 

Pour calmer le jeu, l'Etat a donc sorti le grand jeu: le Mont et la baie bénéficieront d'un double périmètre de protection visuelle contre toute construction aggressive, dysharmonieuse avec le paysage en co-visibilité avec le Mont: ce périmètre a même été étendu aux "Montjoie", c'est à dire à toutes les collines environnantes qui offrent des bélvédères sur le Mont Saint Michel: ces "Montjoie" étaient repérés dès le Moyen-âge par les pélerins sur les chemins "Montois" lorsque de la hauteur, ils avaient la joie d'apercevoir enfin le Mont Saint Michel. Ces lieux culturels et naturels feront l'objet d'une protection particulière pour éviter leur saccage visuel...

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