Certains d'entre eux auraient-ils lu l'Etoile de Normandie? Ou plutôt ont-ils voulu aller avec juste raison jusqu'au bout de leur colère en mettant enfin en cause ceux qui profitent le plus d'une certaine misère agricole?

Vous savez, l'agriculture, "la force de la France à l'international" mais aussi l'agriculture, le seul métier qui, en France, ne permet pas de vivre décemment de son travail alors que celui qui le pratique, travaille souvent au delà du raisonnable (qui veut de nos jours travailler jusqu'à 60 heures par semaine pour sortir de sa terre un revenu inférieur au SMIC?)

On voit, ces temps ci, monter une contestation profonde du modèle agro-productiviste ou agro-industriel dominant servi par la collusion entre grands groupes agro-alimentaires ou semenciers, grands groupes de distribution commerciale, une banque dite "verte" et un syndicat du pousse au crime agricole... Sur fond de campagne de prévention des suicides par la MSA qui doit prendre aussi en charge la reconnaissance des maladies professionnelles agricoles générées par la manipulation des pesticides... Sur fond de constestation d'une étable concentrationnaire pour faire pisser du lait à mille vaches et alors qu'un jeune militant écologiste trouvait la mort sur le chantier contesté et contestable d'une future "retenue collinaire"surtout destinée à faire en sorte que les gros propriétaires céréaliers ensileurs de maïs de la plaine, encartés à la FNSEA, ne manquent jamais d'eau...

Revenons donc au Nord Cotentin où les maraîchers, confrontés à l'effondrement des prix et du marché, ont décidé de s'en prendre à ceux qui, par principe, font tout pour détruire la rentabilité du métier d'exploitant agricole: la grande distribution écrase de par ses exigences les petits producteurs qui veulent parier sur la qualité et la proximité. Seuls les gros qui peuvent se permettre de vendre à perte pour casser puis tenir le marché, peuvent ramper sous les fourches caudines de la grande distribution qui veut, officiellement, garantir les prix les plus bas pour les consommateurs, tout en se mettant dans la poche des marges plus que confortables.

Symboliquement, nous ne pouvons qu'approuver que les maraîchers Normands en colère du Nord-Cotentin s'en soient pris à deux enseignes commerciales bien connues d'origine... bretonne: histoire de souligner qu'il y a d'autres modèles agricoles possibles que ce celui qui, désormais à bout de souffle, fait souffrir toute une région... outre Couesnon !


 

http://www.lamanchelibre.fr/cherbourg/actualite-55192-cherbourg-et-valognes-les-agriculteurs-bloquent-leclerc-et-intermarche.html

Cherbourg et Valognes : les agriculteurs bloquent Leclerc et Intermarché

Cherbourg et Valognes : les agriculteurs bloquent Leclerc et Intermarché

Les producteurs de légumes se sont mobilisés et bloquent depuis 8h ce samedi 25 octobre, les enseignes Leclerc et Intermarché de la région.

Ils sont arrivés dès 8h du matin avec leurs tracteurs et ont bloqué les accès aux magasins Leclerc de Tourlaville et Intermarché de Cherbourg, obligeant ainsi la clientèle à se rendre à pied jusqu'aux enseignes concernées. Au total une quarantaine de tracteurs étaient présents sur les deux sites et ont déversé sur la chaussée plusieurs tonnes de poireaux non admissibles au commerce de grande distribution.

"Deux enseignes absentes de la table ronde organisée le 10 octobre dernier par la préfecture de la Manche étaient prévenues. En refusant de venir prendre part au dialogue pour trouver des solutions afin de préserver une filière représentant plus de 3 000 emplois, elles ont affiché leur mépris à l’égard des producteurs de légumes", a indiqué la FDSEA.
Rappelons que depuis plusieurs jours, les professionnels de la filière légumière demandent "une année blanche sur les cotisations sociales, seule mesure à même de soulager rapidement des trésoreries exsangues".

Le blocage doit se prolonger toute la journée à Cherbourg, mais aussi à Valognes ou encore Lessay.