Décidément, Caen ville historique normande, ville d'art, d'histoire et de mémoire historique, de patrimoine et d'architecture, présente quelques troubles de la Mémoire collective justement. La commotion de 1944 produit toujours ses effets, la Reconstruction et le Mémorial en périphérie donnent l'impression que cette vieille cité normande, qui fut l'Athènes Normande ne date que des années 1950: les récentes commémorations du Débarquement de 1944 et un projet récent de restitution numérique de l'ancien hôtel de ville détruit en juillet 1944 ravivent les fantômes qui errent à nouveau dans une ville qui pour 80% n'existait pas il y a 70 ans. C'est, d'une manière générale, tout le passé ou presque de la ville d'avant 1944 qui voudrait, qui pourrait enfin sortir de l'oubli.

Trois exemples frappants:

1) Le duc de Normandie Guillaume de Normandie, fondateur de la ville de Caen, n'a aucune statue ou monument dans l'espace public de sa ville: certes nous avons avons sa tombe dans l'abbatiale Saint Etienne qu'il a fondé à la fin du XIe siècle mais il ne reste qu'un os de son corps emporté lors des Guerres de religion (1562). Le chevalier qui cavale en haut des fossés Saint Julien, ce n'est pas notre Guillaume mais Bertrand Du Guesclin.

 

18 janvier 2007, l'une des toutes premières actions du collectif BEN à Caen: détourner la statue d'Arthur Leduc pour lui donner un vrai sens...

2) On vient de fêter plutôt discrètement le 100ème anniversaire du plus grand compositeur de musique caennais, à savoir Gabriel DUPONT (1878 -1914) fils d'un professeur de lettres du lycée Malherbe et qui, avec Debussy, a écrit la plus belle musique pour piano au début du XXe siècle en France: l'auditorium du conservatoire "à rayonnement régional" (sic) de Caen porte le nom de son ancien directeur dont tout le monde se fout ! Gabriel Dupont, lui, n'a droit qu'à une modeste contre allée entre la place Foch et le temple protestant, face à la prairie. Le cas de Gabriel Dupont n'est pas un cas isolé: d'autres enfants célèbres de la ville de Caen sont ignorés à commencer par Charlotte Corday. Mais Caen en reste encore à l'époque de Dornanoville, au point que les touristes étrangers visitant la ville demandent quels sont les hauts faits d'armes ou littéraires d'un Michel d'Ornano, honoré à Caen comme on honore un Michel de Montaigne à Bordeaux...

Gabriel Dupont, compositeur injustement méconnu... surtout dans sa ville natale !

 

3) Gérard Fournier, un professeur d'histoire-géographie caennais, vient de réparer une lacune caennaise peut-être encore plus inadmissible que celles citées ci-dessus: le monument commémoratif de la place Foch ne comporte aucune liste des soldats caennais morts pendant la Grande Guerre...


 

11 novembre à Caen : hommage à 351 Poilus tués en 1914

En fin de matinée ce mardi, plus de mille personnes ont participé aux cérémonies du 11 novembre. Des enfants ont rendu hommage à 351 Poilus morts au combat la première année de la Grande guerre. 

  • LQ
  • Publié le 11/11/2014 | 17:16, mis à jour le 11/11/2014 | 17:16
Caen, 11 novembre 2014, hommage à 351 Poilus de la Grande guerre © France 3 Basse-Normandie
© France 3 Basse-Normandie Caen, 11 novembre 2014, hommage à 351 Poilus de la Grande guerre
Moments d'émotion et de recueillement ce mardi place Maréchal-Foch à Caen où a été rendu un hommage aux soldats de la guerre 14-18, dont on célèbre le centenaire cette année. 

Grâce au travail d'un professeur d'histoire caennais, Gérard Fournier, les noms de 351 soldats de Caen et des environs, tombés au combat la première année du conflit, ont été retrouvés dans les archives. 
Le nom de chacun de ces soldats a été affiché sur un grand tableau au coeur de la cérémonie et prononcé par un enfant. 351 jeunes élèves de Caen, du CP à la terminale, ont participé à cet hommage. 

Ces 351 poilus "oubliés" ne sont pas répertoriés sur les monuments de la région. Ensuite a retenti sur la place "la Marseillaise" en hommage aux combattants. 

Voir la vidéo (images Mathieu Bellinghen)

Contraste saisissant avec l'hommage rendu depuis le 5 août dernier en Angleterre pour les milliers de soldats portant l'uniforme britannique pendant la Première Guerre mondiale: des milliers de coquelicots rouge sang en céramique ont été plantés dans les fossés de la fameuse tour de Londres fondée par ... Guillaume le Conquérant:
Le champ de coquelicots autour de la Tour de Londres sera achevé le 11 novembre pour les commémorations du centenaire  de la Grande Guerre 

Un grand champ rouge de coquelicots entoure la Tour de Londres depuis le mois d’août. A l'occasion du centenaire de la Grande Guerre, l'oeuvre du céramiste Paul Cummins rend hommage aux victimes britanniques du conflit mondial.

En Angleterre on les appelle des "Poppies". Les fleurs rouges ont envahi le parterre de la Tour de Londres. "Blood Swept Lands and Seas of Red" est un immense tapis de 888.246 coquelicots en céramique installés dans les douves de la tour en mémoire du sang versé par les victimes britanniques de la Première guerre mondiale.

Chaque jour, des milliers de personnes viennent voir de près les "famous Poppies". Paul Cummins le créateur de l'oeuvre est tout simplement heureux que le public s'en empare ainsi. 
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