Attention, attention... à ce que le seul projet collectif et positif que nous ayons à portée de main pour ici et maintenant ne soit pas dénaturé par les habituelles machinations politiciennes qui ruinent systématiquement et depuis des années dans ce pays tout envie de faire de la politique au sens grec et... normand du terme !

Le verrouillage de toutes les solutions normandes "par le haut" ou pire, par un rapport de force de type politicien imposé par une classe de grands professionnels d'eux-mêmes devenue une caste pour ne pas dire une clique, signifierait la mort dans l'oeuf d'un espoir normand renaissant...

C'est la crainte qu'avait exprimé il y a quelques semaines le philosophe Michel Onfray, fondateur de l'université populaire de Caen. Cette crainte nous la partageons plus que jamais. Elle aussi partagée par les personnels administratifs des deux conseils régionaux normands appelés à fusionner dans un an: on nous a fait savoir, par exemple, que les personnels administratifs de la région Haute-Normandie n'avaient pas le droit de communiquer avec leurs homologues de Basse-Normandie sur le processus de la fusion...

Même crainte semble-t-il du côté des deux CESER normands (Conseils économiques sociaux et environnementaux régionaux) qui permettent une représentation institutionnelle de la société civile normande (via les organisations syndicales et associatives) et dont le rapport sur l'état des lieux avant fusion normande très attendu par tous les acteurs fera l'objet d'une présentation le 12 janvier 2015 devant une assemblée plénière des élus régionaux des cinq départements normands: il était temps !

Car les élus régionaux normands qui peinent encore plus que la société civile régionale à "enlever le Haut et le Bas" n'ont toujours pas eu l'occasion de commencer à travailler ensemble en commission spéciale paritaire Haut/ Bas normande.

Ce sont les CESER qui ont fait ce travail redoutable car il faudra bien s'apercevoir enfin que les 15 dernières années n'ont guère été constructives sur le terrain des coopérations structurelles ou fusionnelles entre les deux régions françaises sans cesse citées en exemple pour justifier l'évidence d'une fusion régionale.

Politiquement, pour ceux et celles qui en auraient le courage, le rapport du CESER permettrait de faire le bilan de plus de quarante années de division en identifiant les grandes fragilités régionales voire les urgences (inachèvement du désenclavement; exode de la jeunesse et retard en terme de formation; perte de souveraineté économique et institutionnelle); faire le bilan du "sabotage" Le Vern (1998 - 2013) en identifiant les grandes divergences dans les politiques régionales normandes.

Bref! commencer un vrai débat public dans lequel la société civile normande dans son ensemble doit prendre toute sa place: et comme il ne faut surtout pas compter sur nos élus pour qu'il en soit ainsi, il faut que la société civile normande s'empare de l'occasion pour se faire entendre ! On n'est jamais mieux servi que par soi-même...

Sur la question "capitale", précisément, la société civile normande a son mot à dire: c'est la raison pour laquelle nous organisons un cycle complet de réunions avec la participation du collectif des Quinze géographes universitaires normands à partir du 6 janvier prochain à Caen et à Rouen... (voir ici même la présentation de ce cycle de réunions publiques ouvertes à tous).

Enfin, il va sans dire que la société civile normande ne peut pas être seulement une spectatrice passive du débat régional normand qui va enfin avoir lieu à l'occasion des premières élections régionales normandes de l'Histoire, en décembre 2015.

Sur ce point précis, le collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie" fera en janvier 2015, sur l'Etoile de Normandie et sur d'autres médias, une proposition importante qui, nous l'espérons, devrait avoir l'écho qu'elle mérite. Si tel n'était pas le cas, nous aurions alors le droit de nourrir les plus graves inquiétudes quant à l'avenir de la démocratie représentative dans notre pays...


 

En attendant, nous publions le message de ce citoyen normand sur le site "Normandie2016.fr" qui nous parait bien représentatif des frustrations de nos concitoyens en Normandie:

http://www.normandie2016.fr/

Christophe Pizy

Bonjour,


Y a-t-il des hauts normands pour causer avec nous ? J'ai la sensation que seuls les normands d'en bas s'expriment ici. A moins, à moins...que les choses soient si bien pliées qu'on nous laisse parloter seuls ? La Basse-Normandie (à l'origine de ce site si l'on en juge par les mentions légales), ne ménage pas sa bonne volonté. A bien des égards elle a fait preuve d'un état d'esprit ouvert et moteur dans cette fusion. Rouen fit la moue, pensa du mal de la fusion (Le Vern), puis pensa à la Picardie, puis vint à l'idée, bien forcée.

J'ai peur que le fait qu'en Basse-Normandie nous ayons été plus demandeurs, puisse être interprété comme un aveu de faiblesse de la part de la Haute, et que cela ne pèse aussi dans le choix de la capitale. Il fallait bien que certains fassent le premier pas... Mais un mariage moderne peut-il reposer uniquement sur un rapport de force ? N'y accole-t-on pas le nom des mariés et ne partage-t-on pas taches et prérogatives dans un couple heureux ? La Normandie ne peut être organisée de façon pyramidale.

Ce qui est dommage c'est qu'aucun débat inter-régional ne soit prévu impliquant et réunissant les citoyens des deux parties normandes ! Cela paraît aberrant. Si les haut et les bas pouvaient se parler en public devant leurs élus cela serait bénéfique et sans doute instructif. Pas chacun de son côté normand. Il n'y a même pas eu de réunion publique au Havre...

La réforme étant complètement descendante, les citoyens n'ont pas été suffisamment associés en amont et le temps risque de manquer maintenant. Les interrogations ne cessent de s'exprimer, les couleuvres pointent... Et s'il y a une part de fantasme dans toutes les appréhensions légitimes qui s'expriment sur la nature de la fusion concernant la Basse-Normandie et la localisation du pouvoir, il serait bon d'éviter la « com' »  et plutôt informer les citoyens en temps réel sur l'état des discussions et des travaux en cours, sur ce site ou un autre. Cet outil (à l'instar du site LNPN qui publie ses rapports) synthétiserait et rendrait compte du travail préparatoire des élus à la fusion entre les deux collectivités, et permettrait au final d'y voir plus clair, dans les consensus comme dans les achoppements.

Vous auriez peut-être davantage de contributions sur un tel site que sur celui-ci qui décrète de façon un peu angélique que ça va être formidable. Rappelons aux élus que sur cette affaire de fusion aucun chèque en blanc n'a été signé par les électeurs avant leur mandat... Il est légitime de demander des bilans d'étapes plus serrés et complets, accessibles au public...Sur le site du CRHN on ne trouve quasiment pas un mot sur la fusion normande...Navrant. Sur celui du CRBN on annonce en actu la « Fin des réunions publiques sur la fusion de la Normandie »... Fermez le ban ?


Ce serait bien que ça commence, au contraire : pourquoi pas continuer le principe des débats et rencontres publiques mais peut-être avec des thématiques ciblées qui permettent de mobiliser les citoyens des deux rives selon les problématiques qui les concernent plus particulièrement dans le cadre de cette fusion ? Cela se fait au niveau des décideurs, mais comme vous avez pu le constater les citoyens lambda ont aussi des choses à vous dire.

Cordialement, C.P.