L'affiche est éculée et ce n'est même pas un bon derby car le Stade Malherbe caennais fait un piteux retour en Ligue 1 tandis que les Diables Rouges rouennais ne font peur à personne en division d'honneur...

Nous avons hésité à poster cet article de Paris-Normandie sur LE sujet de discorde en Normandie depuis 1972... voire même bien avant !

Néanmoins, l'article proposé par le quotidien rouennais est plutôt équilibré et nous permet de réaffirmer notre vision des choses:

Le vrai duo normand ce n'est pas la Normandie caennaise contre la Normandie rouennaise (et vice versa) ou une préfecture à Caen et un conseil régional à Rouen (ou vice versa), le vrai sujet c'est de renforcer pour toute la Normandie le couple Caen -Technopole Rouen- Métropole.

Qu'il y ait une capitale politico-administrative à Rouen la métropole c'est évident mais qu'il y ait à Caen une capitale culturelle, intellectuelle, scientifique et universitaire l'est tout autant !

Caen sera la technopole siège de la future CEMU Normandie universités, siège du CNRS, du rectorat (avec recréation de l'ancienne académie de Caen sur les cinq départements normands) de la DRAC et sur le site de l'abbaye aux Dames, l'ensemble des administrations régionales concernées par les politiques publiques culturelles (image et cinéma, l'édition et le livre, FRAC, inventaire et patrimoine, promotion de la culture normande, promotion internationale culturelle, la collection "peindre en Normandie" etc...)

Rouen sera la métropole avec une préfecture de dimension interrégionale dans le cadre du futur "Etat déconcentré" car il faudra faire exister l'enjeu national de l'AXE SEINE depuis la Normandie, à l'ouest de Paris entre Lille et Nantes: il faut STOPPER d'URGENCE la fuite des directions privées et publiques hors de Normandie au profit de Rennes, Nantes, Lille ou Paris. Dernier exemple en date: fermeture de la délégation normande de l'aviation civile qui était au Havre. Désormais tout l'Ouest (y compris les 5 départements normands) est piloté depuis... BREST !

Le Havre port international pourrait obtenir une délocalisation d'une administration nationale concernant la mer: Brest (y en a toujours que pour les Bretons...) vient d'obtenir le siège national de l'IFREMER. Le Havre déjà siège national de l'Ecole Nationale Supérieure Maritime pourrait obtenir la délocalisation des Affaires Maritimes. Le Havre pourrait enfin devenir le siège de la future CRCI de Normandie.

Bref ! pour résumer: Caen "l'Athènes normande" comme disait Madame de Sévigné et Rouen "notre Babylone" comme disait Flaubert


C'est plutôt un beau programme normand non ?

Néanmoins, on regrettera que l'article ci-dessous ne fasse aucune allusion au travail du collectif des Quinze géographes universitaires normands qui proposent la création d'une métropole normande en réseau de villes Caen- Rouen et Le Havre au delà de la question (déjà en soi complexe) de la répartition des fonctions entre les deux capitales historiques normandes: Rouen la première et Caen la seconde.

De même, il est assez ahurissant de lire que le petit Nicolas Mayer- Rossignol ex-picarophile, élu  fabiusien au conseil municipal de Rouen, aussi Normand que moi je suis cosaque Zaporogue, a l'attention de penser à toutes les villes moyennes de Normandie, "d'Alençon à Dieppe" depuis la future capitale rouennaise: la position de Laurent Beauvais en est vraiment une lorsqu'il évoque un aménagement du territoire équilibré avec les villes moyennes. On sent qu'il sait de quoi il parle alors que l'autre a l'enthousiasme factice d'un imposteur: la jeunesse n'explique pas tout...

Florestan

 


 

Publié le 28/12/2014 á 22H47
Caen ou Rouen : le match de la future capitale normande est lancé
Caen ou Rouen : le match de la future capitale normande est lancé
Rouen ou Caen ? Caen ou Rouen ? Alors que la réforme territoriale est désormais votée, la grande Normandie est sur les rails pour voir le jour dans un peu moins de 370 jours, le 1er janvier 2016. Mais entre toutes les questions qui restent à régler, une occupe déjà les esprits, bien qu’elle soit régulièrement renvoyée sine die par les premiers intéressés, en l’occurrence les présidents PS des deux régions, Nicolas Mayer-Rossignol pour la Haute-Normandie et son homologue Laurent Beauvais, en Basse-Normandie. En parler, jamais ; y songer, toujours...
Pour le premier, Nicolas Mayer-Rossignol, le choix du chef-lieu - terme un brin suranné mais qui a été préféré à celui de capitale régionale dans la loi sur la réforme territoriale - ne fait aucun doute : c’est Rouen, une ville dont il est d’ailleurs élu (depuis mars, il siège au conseil municipal). Il le répète à l’envi depuis des mois : l’actuelle capitale de Haute-Normandie est la seule agglomération entre Lille et Rennes à accéder au statut de métropole au 1er janvier prochain. De quoi lui conférer une longueur d’avance sur sa concurrente, d’autant que l’aire urbaine de Rouen compte près d’un demi-million d’habitants quand on en dénombre un peu moins de 250 000 dans celle de Caen.

Avant même la loi sur la réforme territoriale, NMR avait posé pour la fusion des deux Normandie, entre autres conditions, que Rouen soit la future capitale. Et comme à la Région les services sont du genre pragmatique, le calcul a déjà été fait : l’actuel hémicycle de l’Hôtel de région est dimensionné pour accueillir les futurs 102 conseillers régionaux de Normandie (55 pour la Haute-Normandie et 47 pour la Basse-Normandie). Il suffira de se serrer un peu et d’occuper les derniers rangs, vides en général.

Rouen, seule métropole, a l’avantage du nombre d’habitants

Toutefois, pas question de se hâter et de donner l’impression que les choses seraient déjà tranchées en haut lieu : «Ma position est connue. Mais ne comptez pas sur moi pour jouer à « plus fort la pouque » ! Ce qui est vraiment capital, ce sont les territoires. Résumer la Normandie à Rouen versus Caen, c’est un peu réducteur! Je me battrai pour que tous nos territoires, duHavre à Cherbourg, d’Alençon à Dieppe, soient respectés, valorisés, soutenus dans la grande Normandie de demain», souligne Nicolas Mayer-Rossignol.

En Basse-Normandie, Laurent Beauvais ne tient pas tout à fait ce discours d’une prudence toute... normande. Selon lui, Caen doit être le chef-lieu normand. Sur son blog, le président de l’actuel conseil régional bas-normand explique que «la question de la capitale est une question récurrente, dont il faut bien comprendre le sens. Revendiquer cette capitale à Caen, c’est affirmer à la fois que la fusion doit se faire d’égal à égal, c’est-à-dire ne pas être vécue comme une aspiration ou absorption mais qu’elle doit également privilégier une vision générale d’aménagement du territoire au regard des villes moyennes qui redoutent la concentration des pouvoirs sur la métropole rouennaise. Je défends cette vision des choses depuis le début du processus de concertation et je me sens renforcé dans cette conviction réunions après réunions. Je porterai cette conviction jusqu’au bout car je suis persuadé que c’est elle qui fera réussir le processus de fusion», écrit Laurent Beauvais à l’issue d’une série de réunions en Basse-Normandie. Des réunions qui ont eu leur pendant en Haute-Normandie entre la mi-novembre et la mi-décembre. En juillet dernier, sept parlementaires bas-normands de droite avaient par ailleurs adressé un courrier au Premier ministre, Manuel Valls, dans lequel ils estimaient que la ville de Caen serait «grandement en danger» si sa «fonction de capitale» lui était enlevée.

En Haute-Normandie, plusieurs ténors politiques défendent Rouen comme capitale, à l’image du président de l’UMP en Seine-Maritime, Antoine Rufenacht, opposé à un système complexe du style « bicéphale » - un temps promu par Laurent Fabius - avec le siège de la Région à Rouen et la préfecture de Région à Caen. Pour l’ancien maire du Havre, la capitale naturelle est bel et bien Rouen, ce qui n’empêche pas à chaque grande ville de conserver une spécificité. Lorsqu’il était Commissaire général du développement de la vallée de la Seine, il avait proposé que le siège d’une hypothétique grande université normande soit installé à Caen. Le Havre aurait une vocation économique avec, en point d’orgue, le développement portuaire.

Dans deux régions, le choix de la capitale est sujet à discussion

Alors, qui va décider ? Dans la carte des treize nouvelles régions, seul en Normandie et dans la région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon - Toulouse ou Montpellier ? - le choix d’un chef-lieu ne s’impose pas d’évidence. Dans les autres régions, il ne devrait pas y avoir discussion comme pour Bordeaux (Aquitaine/Poitou-Charentes/Limousin), Lyon (Auvergne/Rhône-Alpes), Lille (Nord-Pas-de-Calais/Picardie), Dijon (Bourgogne/Franche-Comté), Rennes (Bretagne), Nantes (Pays de la Loire), Orléans (Centre), Marseille (Provence-Alpes-Côte d’Azur) et Strasbourg (Alsace/Champagne-Ardenne/Lorraine).

Là où il y a débat, le gouvernement veut jouer la prudence en ne brusquant personne. Il renvoie la question à plus tard. Dans un premier temps, les chefs-lieux régionaux seront donc fixés par simple décret après «avis des actuels conseils régionaux et municipaux concernés». Par la suite, avant le 1er juillet 2016, le gouvernement recueillera les avis des futurs conseils régionaux issus des élections de la fin 2015. Et ce n’est qu’à l’issue de ce processus-là que le choix interviendra via un décret pris par le Conseil d’État.

En attendant, la bataille se joue à fleurets mouchetés dans les coulisses de la politique. Et à ce jeu, Rouen bénéfice d’atouts avec, parmi les élus de son territoire, un poids lourd au gouvernement (Laurent Fabius), une ancienne ministre (Valérie Fourneyron) qui a l’oreille du président de la République, lui-même né à... Rouen, et un député (Guillaume Bachelay) numéro 2 du PS.

Stéphane Siret

Et si c’était Le Havre ?

On ne le sait sans doute pas assez mais, par sa taille, la ville du Havre est le plus grande de la nouvelle Normandie (174 156 habitants selon les chiffres de l’Insee). Et d’un point de vue économique, son port et son tissu industriel constituent un moteur pour toute la nouvelle région. Cela suffirait-il à en faire la capitale d’un nouveau territoire ? En 2007, Jacques Attali regrettait que la France n’ait pas choisi la ville portuaire comme capitale au lieu de Paris ! En fait, l’ancien proche de François Mitterrand voulait signifier que toute grande capitale mondiale - les villes monde - doit disposer d’une façade maritime. Alors, Le Havre chef-lieu de la nouvelle Normandie ? Cela n’aboutira pas, les pouvoirs politiques étant concentrés, à ce jour, à Rouen et à Caen. Par ailleurs, la ville souffre d’un handicap, son enclavement relatif. En revanche, compte tenu du poids économique de son port - le deuxième en France derrière Marseille en termes de tonnage mais le premier pour la marchandise conteneurisée -, la ville pourrait revendiquer un pouvoir économique avec le siège, par exemple, d’un futur Conseil économique, social et environnemental régional.


 

Les 9 bonnes raisons de choisir Caen (ou non)

Par sa proximité avec les Plages du Débarquement et son Memorial de la Paix, la ville bénéficie d’une évidente renommée internationale.

Dans un récent palmarès du magazine L’Express, Caen est classée 18e ville préférée par les familles et 10e par les séniors, devant Rouen.

La ville possède un patrimoine exceptionnel avec, notamment, le château de Guillaume Le Conquérant construit au XIe siècle.

La région caennaise est l’une des plus connectées de France. Selon le site eterritoires, en novembre 2014, elle était la communauté d’agglomération la plus suivie sur le réseau social Twitter (@caenlamer, 5 727 abonnés).

Chaque été, le festival Beauregard réunit des grands noms du rock. Du 2 au 5 juillet 2015, sont annoncés, entre autres, Sting et le groupe Scorpions.

Caen a toujours son aéroport à Carpiquet avec des vols réguliers vers Lyon et Londres. 105 022 passagers en 2013.

Même s’il est vingtième et dernier à la trêve hivernale, le Stade Malherbe de Caen joue malgré tout en Ligue 1 de football.

Une spécialité gastronomique : les tripes à la mode de Caen.

Le prix des locations : 10,90 euros par m² selon le site immo.trovit.fr.

Caen en chiffres

108 793 habitants

- 0,3 % : évolution de la population entre 2006 et 2011

62 449 : nombre de logements

22 217 : en euros, le revenu net déclaré par foyer fiscal (2011)

72 672 emplois

24 000 étudiants

1 652 lits au CHU

NDLR: il manque dans cette présentation l'atout caennais le plus important, son université et sa technopole avec son plateau de recherche fondamentale internationale (GANIL, CYCERON, ARCHADE)

De même l'attractivité culturelle caennaise ne se limite pas au seul festival de Beauregard ! Même chose pour le patrimoine architectural: il n'y a pas que le château il y a surtout les abbayes et les églises


 

Les 9 bonnes raisons de choisir Rouen (ou non)

Rouen bénéficie d’une renommée internationale grâce à l’impressionnisme, Jeanne d’Arc, sa place dans la littérature française et son Armada (prochaine édition en juin 2019).

Dans L’Express, Rouen est classée 16e ville préférée par les jeunes devant Caen (20e), 25e par les séniors et 26e par les familles.

La ville possède un patrimoine exceptionnel avec la cathédrale, le Gros-Horloge et compte sur son Panorama XXL pour attirer davantage.

La région rouennaise est parmi les plus connectées. Selon eterritoires, en novembre 2014, elle était la deuxième communauté d’agglomération (derrière Caen) la plus suivie sur le réseau social Twitter (@metropoleRouenN, 3 853 abonnés).

Les concerts gratuits de la Région auront lieu début juillet 2015. Pour l’heure, mystère sur les têtes d’affiche attendues.

Rouen n’a plus vocation à avoir d’aéroport mais se tourne vers Deauville où Ryanair ouvrira, en avril, une ligne régulière vers Londres.

Rouen ne brille vraiment pas en football. Le FC Rouen joue en DH, l’équivalent de la 6e division. Heureusement, il y a le hockey sur glace.

Une spécialité gastronomique : le canard à la rouennaise.

Le prix des locations : 11,66 euros par m² selon le site immo.trovit.fr.

Rouen en chiffres

111 553 habitants

+ 0,7 % : évolution de la population entre 2006 et 2011

68 344 : nombre de logements

22 294 : en euros, le revenu net déclaré par foyer fiscal (2011)

82 542 emplois

33 000 étudiants

2 441 lits au CHU

NDLR: il manque dans cette présentation l'atout majeur de la métropole rouennaise, à savoir son port qui reste le dernier grand port européen de fond d'estuaire encore en activité.


 

Voir enfin, le point de vue de Laurent BEAUVAIS, président de région en Normandie:

http://lbeauvais.typepad.fr/blog/2014/12/normandie-2016-m%C3%A9tropoles-et-territoires-p%C3%A9riph%C3%A9riques-.html#comments

Normandie 2016 : métropoles et territoires "périphériques " : une Normandie coupée en deux ?

Tout au long des 12 réunions territoriales conduites pour écouter les bas-normands à propos de la future région normande , j'ai bien entendu le message inquiet des élus locaux à propos du rôle des "métropoles" et des territoires ruraux ou "périphériques " comme les dénomme le géographe Christophe Guilly .

La crainte est forte ( mais il est vrai que l'on a  peur de tout en cette période ) de voir l'écart de développement se creuser entre entre ces métropoles comme Rouen ( ou les "grandes villes "comme Caen ou le Havre qui n'ont pas le statut de métropole mais s'incrivent dans des démarches de "pôles métropolitains " , ce qui n'est pas tout à fait la même chose )  et les territoires ruraux .

L'élu argentanais que je  suis peut démontrer en quoi depuis 15 ans la chute du modèle industriel des "30 glorieuses" a creusé les inégalités territoriales .

Une bonne question pour la construction du projet normand . Une Normandie " coupée en deux ? " Il faut évidemment proposer de l'éviter. 

Le magazine " Alternatives économiques " de ce mois donne à comprendre ces analyses dans un papier très intéressant à lire .

http://www.alternatives-economiques.fr/territoires--une-france-coupee-en-deux_fr_art_1332_70480.html