Quelques mots jetés sur la fin de l'actuelle carrière publique de Laurent Beauvais, vrai réunificateur normand...
Images extraites du film de Pierre SCHOELLER, "L'Exercice de l'Etat" (2011) ou l'histoire d'un ministre qui se voit contraint, par un rapport de force impitoyable, de mener une réforme institutionnelle contraire à son opinion, à son engagement et à ses valeurs...
Avertissement:
Il ne s'agit pas ici d'alimenter une vaine polémique à propos d'une rivalité politicienne entre deux personnalités politiques au sein d'un même parti. Il s'agit, au contraire, de montrer que ces deux personnalités qui s'opposent représentent bien plus qu'elles-mêmes: il s'agit de l'affrontement de deux conceptions parfaitement opposées, en morale et en pratique, de l'action publique...
Vous conviendrez aisément que de ces deux conceptions en lutte, il y en a une qui a toutes nos préférences et qu'en conséquence, il serait sage de rejeter l'autre, pour bien nous assurer que l'intérêt général de toute la Normandie sera bien servi !
Les faits (selon nos informations et sources):
En septembre dernier, après un été normand splendide, extraordinaire, avec l'arbitrage du président de la République en faveur de l'unité normande, la réussite magnifique du 70ème anniversaire du DDay et le très beau succès des Jeux équestres mondiaux, l'action normande de long terme menée par Laurent Beauvais pouvait être légitimement saluée par tous en cette apothéose estivale de la Normandie au point que Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, pensait pouvoir imposer, à terme, un Laurent à un autre Laurent avec l'argument évident et essentiel qu'un homme doit être en cohérence avec son projet.
Mais il y a quelques semaines, pendant les vacances de Noël, Cazeneuve convoque Laurent Beauvais à Paris à son ministère, place Beauvau, pour lui signifier que le clan Fabius fait payer son ralliement tardif à l'unité normande stricto-sensu en imposant une créature du ministre des Affaires étrangères face au réunificateur authentique. Depuis, on peut raisonnablement penser que Laurent Beauvais doit subir une position moralement inacceptable et humainement de plus en plus difficile à tenir : on le fera chevalier de la Légion d'Honneur pour le consoler tandis qu'un Nicolas Mayer-Rossignol plastronne un peu partout (ex: 200 000 euros pour faire revenir Ryanair à Deauville) au point de se montrer arrogant sinon agressif avec un élu bas-normand proche du président de la région Basse-Normandie.
Par lassitude (pour ne pas dire plus), Laurent Beauvais qui visiblement ne pouvant pas faire autrement, a pris le risque de laisser écrire une lettre avec son blanc seing annonçant, dans la matinée du 14 janvier dermier à tous les militants socialistes "de Normandie" (voir ici même le billet sur l'EN),  le choix de Nicolas Mayer-Rossignol  pour la tête de liste régionale : le résultat, fut une vraie crucifixion en place publique (la lettre était dans toute la presse régionale le soir même) alors que l'intéressé était... à Auschwitz pour un voyage de représentation de la Normandie en Pologne sur le thème de la Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale. Quel symbole !
Manuel Valls doit venir à Honfleur vendredi prochain pour la signature du CPIER Axe Seine: pour sûr Laurent Beauvais et Nicolas Mayer-Rossignol se doivent d'être présents ensemble puisqu'il faudra faire la publicité du cas d'école normand pour montrer qu'une fusion de régions peut être une réussite ! A n'en pas douter, il sera question de l'avenir public de Laurent Beauvais qui a, de fait, servi sur un plateau cette belle unité normande à celui qui, il y a encore peu, n'en voulait surtout pas !
Le vrai sujet:
C'est déjà grave ce que je vous raconte, mais il y a pire: selon nos informations, les personnels des deux conseils régionaux normands craignent vivement la possible arrivée de Nicolas Mayer-Rossignol à la tête de la nouvelle région normande. Des personnels du CRHN ont fait savoir à leurs collègues du CRBN leur déception que Laurent Beauvais n'ait pas été choisi comme tête de liste. Des élus haut-normands de gauche (Sébastien Jumel, le maire PCF de Dieppe notamment) ont fait part aussi de leur déception.
Pourquoi?
Parce que tout le monde craint le scénario décrit par Michel Onfray: la généralisation à toute la Normandie par le clan Fabius ("des requins" dixit Michel Onfray) des méthodes pratiquées dans les collectivités territoriales de la "Fabiusie"...
Vendredi dernier, j'étais à Rouen pour une nouvelle conférence de nos amis géographes: il y avait du monde. J'ai pris la parole pour dénoncer le risque de confiscation du beau projet d'unité normande pour des raisons politiciennes et appelé à des primaires ouvertes avant décembre 2015 ainsi qu'à l'élaboration d'une plate forme de propositions concrètes pour un projet normand dans le but d'interpeller les futurs candidats aux premières élections régionales normandes. 
J'ai été applaudi et chaleureusement abordé à la fin de la réunion par les Rouennais, moi qui venait de Caen: ça veut donc bien dire que le vrai clivage n'est pas entre la Haute qui voudrait se goinfrer de la Basse mais bien entre une Normandie ouverte, tolérante, coopérative et solidaire et une Normandie fermée, sectaire et égoïste. La seule vraie question qui prévaut désormais est donc la suivante:
Comment éviter la captivité fabiusienne de la Normandie réunifiée?
On a donc à peine un an devant nous pour trouver une solution !
Le moment venu, l'Etoile de Normandie rendra l'hommage que mérite Laurent Beauvais, authentique réunificateur normand, président de région EN Normandie depuis 2008.