Premier bilan de la visite primo-ministérielle en Normandie à laquelle Manuel Valls toujours secondé de Bernard Cazeneuve et de Laurent Fabius a pris semble-t-il grand plaisir:

L'objectif était de démontrer que la Normandie était le modèle idéal de construction d'une nouvelle région par processus fusionnel au service d'intérêts régionaux qui sont stratégiques pour la France.

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Au coeur des enjeux, celui de la remise à niveau logistique, industrielle et technique de la vallée de la Seine comme port naturel (trop naturel et évident pour certains...) du futur Grand Paris grâce à un contrat de plan interrégional signé ce vendredi 13 février entre les deux régions normandes, l'Ile de France, l'Etat et qui devrait être abondé par les fonds européens programmés dans le cadre du plan Junker pour un total voisinant les 2 milliards d'euros.

Cependant, restons prudents devant les effets d'annonces et craignons qu'un Etat passablement impécunieux ne nous demande pas, in fine, de boire dans notre propre verre au lieu de nous le remplir (au moins à 50% ?)...

Au delà de la signature du CPIER "Paris-Seine-Normandie" qui devra démontrer qu'il n'est pas qu'un lot de consolation accordés aux gentils Normands pour leur faire passer la pillule d'un canal Seine-Nord- Europe qui va brancher le port d'Anvers directement sur la région parisienne (Les ports belges sont entrés dans le tour de table financier du projet...), le Premier ministre voulait surtout montrer qu'une région qui fusionne de façon proche de l'idéal était possible... Car ailleurs qu'en Normandie, les remontées concrètes en provenance des grandes néo-régions machins à fusionner sont plutôt négatives (sauf peut-être en Bourgogne-Franche Comté voire en Rhône-Alpes-Auvergne, quoique... Ailleurs, ça coince !)


 

Lire l'excellent compte-rendu proposé par Paris-Normandie:

http://www.paris-normandie.fr/detail_communes/articles/2535722/region/valls-scelle-l-union-normande#.VN582yxZJCQ

Manuel Valls débloque les grands moyens pour la nouvelle Normandie

Politique. En signant hier à Honfleur, les deux Contrats de plan État-Région et le premier Contrat Interrégional, le Premier ministre a salué la volonté des Normands de se projeter dans un avenir commun. Dynamique et high-tech.

 

Manuel Valls débloque les grands moyens pour la nouvelle Normandie

Commentaire de Florestan:

Belle photo symbolique... Et si construire l'unité normande était un projet de "socialisme géographique"? (car il faudrait cesser de confondre la Normandie avec la... Fabiusie !)

Suite de l'article de Paris-Normandie:

Évidemment, en dépit de la généreuse proposition du maire, Michel Lamarre, de mettre « Honfleur et tous ses atouts » au service de la cause commune, la question de la capitale de la future grande Normandie n’a pas été tranchée. Mais en paraphant hier au pied du pont de Normandie les deux Contrats de Plan État-Région (CPER) de Basse et de Haute-Normandie, qui mobiliseront respectivement 484 M€ et 1 Md€ d’ici 2020, ainsi que le premier Contrat de Plan Interrégional État-Région (CPIER) Vallée de Seine qui impliquera également la région Ile-de-France, Manuel Valls a, dit-il, « signé par anticipation l’acte de naissance d’une nouvelle région».

«Les moyens de réussir»

« C’est un témoignage de confiance entre l’État et les régions. Le signe d’une vision conjointe. C’est grâce à des démarches comme celles-ci que la réforme territoriale avancera», assure-t-il, se tournant vers les deux présidents de région, Laurent Beauvais et Nicolas Mayer-Rossignol, ainsi qu’en direction des deux ministres normands venus l’accompagner dans ce déplacement, Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve.

Rénovés, chargés de « donner aux collectivités les moyens de réussir», mais aussi de « mettre un terme à la dispersion» de ces moyens, les CPER et CPIER représenteront à terme 2 Md€ d’investissements ayant pour vocation de faire levier sur la recherche, l’innovation, le développement économique et donc l’emploi. Ils s’orientent, indique Manuel Valls, selon quatre axes prioritaires. Les transports, avec bien sûr des projets ferroviaires, en particulier dans la perspective de la réalisation de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie, mais aussi des projets routiers dont la desserte du pont Flaubert à Rouen et la déviation sud-ouest d’Evreux, et enfin des projets portuaires au Havre, à Rouen et à Caen.

Second axe défini prioritairement, la transition énergétique et écologique, dont Nicolas Mayer-Rossignol avait montré l’ampleur en évoquant l’éolien et les énergies marines renouvelables. L’enseignement supérieur et la recherche, qui occupaient une bonne place dans le programme de cette journée normande constituent le troisième axe, tandis que la solidarité territoriale, notamment le développement numérique des territoires, composent le quatrième.

Se ravisant, le Premier ministre en ajoute un cinquième : «La volonté de fédérer vos forces au travers du dossier French Tech Normandie» déposé en commun par Rouen, Le Havre et Caen. Un bel exemple de coopération qui marquera aussi, souligne Laurent Beauvais, « le dynamisme et la cohérence normandes».

Des thèmes largement développés lors de ce déplacement porteur de symboles marqués, dont le moindre ne fut pas la photo des trois ministres et deux présidents de régions devant le pont de Normandie, qui trace depuis vingt ans un élégant trait d’union.

Franck Boitelle

f.boitelle@presse-normande.com

en coulisses

Visites privées mais pas très discrètes

Finalement, c’est Alain Rousset, le président de l’Association des régions de France (ARF), qui aura fait les frais de la visite de Manuel Valls, hier en Normandie. Selon le site de Matignon, il avait rendez-vous à 18 heures avec le Premier ministre. La rencontre a été annulée et retirée de l’agenda. Manuel Valls, qui devait quitter le campus de Mont-Saint-Aignan à 15h50, a donc préféré prolonger son déplacement normand.
Et à l’heure où il devait s’entretenir avec le président de l’ARF dans son bureau surplombant les jardins de Matignon, le Premier ministre visitait la nouvelle bibliothèque de Maromme, «ville amie» dirigée par le socialiste David Lamiray.
Mais qu’a donc pu faire Manuel Valls entre sa visite des laboratoires de recherches et sa visite à Maromme?
Il a bénéficié de visites privées au musée des Beaux-Arts, au nouvel Historial Jeanne-d’Arc et au Panorama XXL, sur les quais de Rouen. Des visites privilégiées mais pas vraiment discrètes compte tenu de la mobilisation très visible des moyens de protection... Dès le matin, depuis Caen où il a démarré sa visite, jusqu’aux quais de Rouen, pas un pont, pas un carrefour n’a échappé aux forces de l’ordre chargées de veiller au cortège officiel des berlines à cocarde.

Au cœur de la recherche régionale

Après Honfleur, le Premier ministre a visité des laboratoires scientifiques de la faculté de Mont-Saint-Aignan qui ont été, pour certains, financés par le dernier Contrat de plan État-Région.

«Vous allez avoir un rôle essentiel pour Ariane VI!», lance Manuel Valls à Gérard Coquerel, le patron du laboratoire Sciences et méthodes séparatoires (SMS) de l’université de Mont-Saint-Aignan. Le chercheur venait d’expliquer au Premier ministre quelques-uns des travaux de recherches qui sont réalisés ici. Un travail sur les cristaux, le perchlorate d’ammonium, qui sert dans la composition du carburant de la fusée Ariane V.

«Un exemple à suivre»

Auparavant, Manuel Valls avait visité les nouveaux locaux de la plateforme d’analyse cellulaire construite grâce aux crédits du précédent Contrat de plan État-Région. Le CPER 2007-2013, pour l’immobilier de l’Enseignement supérieur, s’élevait à 169,40 M€ dans l’académie, dont 49 M€ apportés par l’État. De la construction et de la réhabilitation pour ces bâtiments de l’université qui en avait bien besoin.

Deux cents chercheurs, techniciens, ingénieurs et 40 doctorants y travailleront. Ouverture prévue à l’automne 2015. Les responsables des différents laboratoires ont expliqué au chef du gouvernement leurs travaux et partenariats, notamment avec les industries pharmaceutiques et cosmétiques. Des start-up y sont également implantées, ainsi qu’une société américaine spécialisée dans les équipements scientifiques.

Manuel Valls s’est montré attentif aux explications lors de la visite de l’Ircof, un laboratoire de chimie organique. L’un des fleurons en matière d’équipement est celui de la résonance magnétique nucléaire qui aide, entre autres, les scientifiques dans leurs travaux de recherches sur la maladie d’Alzheimer. En quittant l’université, Manuel Valls a déclaré : «Ici, on construit l’avenir du pays dans une université qui s’étend et se rénove. C’est une application concrète de ce que nous devons faire. La réforme territoriale, c’est être plus fort. C’est pour cela qu’il y a un volet enseignement supérieur et recherche.»

A. L.

a.lemarchand@presse-normande.com

À l’ombre du « Séquoia »

Hier soir, la tournée normande du Premier ministre s’est achevée à Maromme où David Lamiray, maire, accueillait un aréopage de personnalités pour l’inauguration de la nouvelle médiathèque « Le Séquoia ». Beaucoup d’effervescence pour cet événement très attendu. L’équipement, remarquable par son architecture, situé à côté de l’hôtel de ville, a ouvert ses portes au public fin janvier. Manuel Valls a d’ailleurs salué «la qualité de l’espace et des couleurs» de cette médiathèque qui sur 1 000 m², propose 18 000 ouvrages, des collections renouvelées, une marmothèque, des jeux, une offre multimédia à la pointe... Cette médiathèque affirme la place d’un équipement public au cœur de la cité. L’opération, engagée il y a quatre ans, a consisté à réhabiliter l’ancienne mairie tout en conservant un symbole du paysage marommais, un séquoia. C’est d’ailleurs ce nom qu’ont plébiscité les habitants consultés pour baptiser la médiathèque.

Stéphane SIRET