Alors qu'au Mémorial de Caen est présenté ce soir de façon officielle la présentation de la candidature normande collective des trois grandes agglomérations de Caen, Rouen et du Havre pour le label "French Tech", démontrant ainsi l'évidente pertinence d'un réseau coopératif métropolitain normand et la stupidité stérile de l'égoïsme de clocher (Rouen métropole ayant échoué en 2014 dans sa tentative de présenter une candidature "en solo" à cette même labélisation), il nous paraît judicieux de vous proposer à nouveau l'entretien que le géographe et écrivain normand Michel BUSSI  avait accordé à la rédaction du site Internet Normandie Actu à l'occasion du colloque sur les métropoles organisé en décembre dernier à Rouen...

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http://www.caenlamer.fr/cartes/incity/

http://www.lafrenchtech.com/content/les-metropoles-french-tech


 

Lire l'article paru sur le site de Tendance Ouest:

Caen, Rouen et Le Havre unis pour prétendre à la French Tech

19h45 - 11 mars 2015 - par M.G

Ce mercredi 11 mars au Mémorial, les agglomérations de Caen, Rouen et Le Havre ont présenté leur dossier de candidature commune au label French Tech. Le point sur les enjeux d'une telle reconnaissance...

De Las Vegas à Caen, il n'y a qu'un pas. Ou plutôt qu'une connexion : celle du numérique. Début janvier, une délégation française composée à 20% de Normands était dans le Nevada pour promouvoir le savoir-faire régional en matière de nouvelles technologies, dans le cadre du Consumer Electronics Show, l'un des plus grands salons internationaux du domaine. "C'était une occasion privilégiée pour nous de lier des contacts avec les marchés américains et asiatiques", explique Isabelle Lauret, directrice marketing de la société Bodycap basée à Caen et qui a mis au point une capsule à avaler qui permet de prendre la température gastro-intestinale d'un patient, pour la retranscrire en temps réel sur un petit écran.

10 690 emplois en Normandie

Bodycap n'est pas la seule entreprise du numérique à s'être développée en Normandie. Loin de là. Elle est sortie il y a quelques mois du Pôle de compétitivité bas-normand Transactions électroniques sécurisées (TES) qui a d'ailleurs organisé le déplacement à Las Vegas pour les entreprises locales. Implantée à Colombelles, cette structure a soutenu 146 projets depuis sa création en 2005, permettant au total de recueillir plus de 400 millions d'euros de subventions de l'Etat et de l'Europe pour assurer leur développement. En Normandie, l'écosystème numérique emploie 10 690 personnes.

Assurément, les pouvoirs publics normands ne veulent pas manquer le wagon de la reconversion économique, à l'heure où l'industrie cherche partout un second souffle. Le secteur des nouvelles technologies offrent aux territoires qui misent dessus, un levier de taille. C'est dans ce contexte que les trois agglomérations de Caen, du Havre et de Rouen ont déposé conjointement jeudi 5 mars un dossier de candidature pour prétendre au label French Tech, après avoir présenté en grandes pompes au Mémorial, mercredi 11 mars, tout l'enjeu de cette union.

"Nous soutenons cette démarche car elle a vocation à développer l'activité numérique en région et c'est donc forcément intéressant pour nous", apprécie Edouard Petit, cofondateur de Bunkr, qui développe à Rouen une application permettant de créer des présentations professionnelles différentes de Powerpoint. En mai dernier, la start-up avait réussi le tour de force de lever un million d'euros pour son essor. "Le label French Tech, voilà enfin une démarche qui ne passe pas uniquement par Paris et il est donc intéressant de voir nos entreprises être reconnues par cet identifiant fort." Même son de cloche du côté de Colombelles et d'Eric Goujou, co-dirigeant d'Ob'do, société spécialisée dans le développement d'objets électroniques communicants. "L'objectif du label French Tech est de faire de la France un accélérateur de start-up, et donc, un label Normandy permettrait aux entreprises normandes d'être soutenues, mises en avant dans leurs démarches, afin d'accéder ainsi à de nouveaux marchés." Réponse en juin.


Ecoutez, Marc Maouche, directeur régional d'Orange qui défend l'intérêt pour le territoire normand de disposer du label French Tech

http://www.tendanceouest.com/actualite-97244-caen-rouen-et-havre-unis-pour-pretendre-a-la-french-tech.html

CLOCHEMERLE NORMAND = TROU NORMAND !

Alors que nous sommes tous embarqués dans l'esnèque normande...

 Voir aussi le compte-rendu dans Ouest France (édition caennaise, 12/03/15):

Label_French_tech_Normandy


http://www.normandie-actu.fr/lentretien-le-politologue-de-rouen-michel-bussi-pour-des-elections-autonomes-dans-les-metropoles_104378/

Rouen [L'entretien]

Le politologue de Rouen, Michel Bussi, pour des élections autonomes dans les Métropoles

Intervenant au forum sur les Métropoles mardi 16 décembre 2014 à Rouen, le géographe et politologue Michel Bussi a écrit une tribune dans Libération. Entretien et décryptage.

 

Ecrivain, géographe et politologue, Michel Bussi participera au forum sur les Métropoles, mardi 16 décembre 2014 à Rouen. (photo : L'Impartial)

12/12/2014 à 19:33 par Hervé Pinson

Dans votre tribune à Libération, intitulée “Des Métropoles compétitive ou solidaires ?”, vous semblez suggérer que les métropoles se construisent sur le miroir aux alouettes de la compétitivité. D’après vous, c’est un faux bon argument ?

Michel Bussi : La compétitivité, et donc l’argument de la taille, présente l’avantage qu’on ne peut être contre les Métropoles. C’est un moyen de les faire passer. Mais je regrette en effet qu’on mette essentiellement en avant cet argument-là car il ne fâche personne, au lieu de vrais enjeux, plus politiquement compliqué à mettre en place. Notamment des enjeux de solidarité, les schémas de cohérence territoriales, la question du logement social… Autant de questions qui amènent les maires à ne pas être d’accord entre eux. Il est certain qu’on trouvera difficile des maires opposés à la compétitivité. Dire que Rouen doit tenir sa place dans les agglomérations françaises ou européennes, personne ne sera contre.

Vous semblez aussi suggérer que les métropoles sont en train de devenir des super-collectivités anti-démocratiques et inégalitaires, à cause de la représentativité des communes qui les composent.

Michel Bussi : Dans l’esprit des gens, les Métropoles vont devenir plus technocratiques et vont éloigner la décision des habitants, en absorbant des petites communautés de communes. Mais ce que j’essaye de dire, c’est que les grosses structures n’ont pas vraiment de moyens de fonctionner car elles restent liées à des assemblées de maires. En réalité, elles ne sont pas des structures autonomes qui imposent des choses aux communes. Elles ne leur imposent quasiment rien. Du coup on ne retire pas vraiment de pouvoir aux communes et sont mal armées pour résoudre les inégalités sur le territoire.

La solution ne serait-elle alors pas tout simplement de supprimer l’échelon communal ?

Michel Bussi : Je ne le pense pas. L’essentiel de ce qui fait la politique reste à l’échelle des communes. Entre la Métropole et la Chambre de commerce et d’industrie, la majorité des citoyens ne font pas la différence. La légitimité citoyenne, elle est au niveau de la commune. Les maires gardent pratiquement tous les pouvoirs. Évidemment, ils ne gèrent pas en direct les transports en commun. Mais ce sujet n’est pas un débat politique en soi. Le débat politique, c’est de voir si on construit du logement social à Bois-Guillaume et est-ce qu’on en supprime à Grand-Quevilly. La Métropole gère les économies de moyens, un certain nombre de choses qui sont des enjeux hors du débat politique. Sauf peut-être pour les écologistes qui essaient de s’exprimer sur le transports et autres domaines qui leur tiennent à cœur. Plus que supprimer les communes, il faudrait plutôt une élection à l’échelon métropolitain, qui dépasse le filtre communal. J’habite à Darnétal. Quand les élus de Darnétal vont à l’agglomération, ils y vont avec le mandat des habitants de défendre leurs intérêts, c’est tout à fait légitime. Si quelque chose va à l’encontre de la commune, ils voteront contre et c’est logique, sinon ils trahiraient leurs électeurs. Si on veut une Métropole, il faut des élus purement “métropolitains”, au-dessus de la mêlée, ou des élus de quartiers qui soient indifférenciés.

Et concernant celle de Rouen en particulier où aura lieu un forum sur les Métropoles mardi 16 décembre 2014, a-t-elle les moyens de ses ambitions, à savoir de devenir le cœur économique de la grande Normandie, ou devra-t-elle nécessairement voir les choses autrement, avec ses voisins ?

Michel Bussi : Rouen est la seule Métropole qui est aussi proche de Paris. On sait que c’est difficile de grandir en étant aussi près d’une capitale. On estime que Rouen doit jouer de cet avantage et se tourner vers les autres grandes villes normandes, Caen et Le Havre, pour former une grande métropole normande pour peser vraiment. Si Rouen joue la carte “solo”, elle se coupera du reste de la Normandie, ses liens naturels étant parisiens.