Faisons connaissance ! Peut-être que l'un des deux vous paraîtra plus sympathique que l'autre !

Seine-Maritime : Pascal Martin, les pas dans la trace de son père

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Seine-Maritime : Pascal Martin, les pas dans la trace de son père

Seine-Maritime. Élevé dans une famille animée par un sens aigu de l’intérêt général et du service public, Pascal Martin s’installera jeudi dans le fauteuil occupé par son père, président du Département en 1993. Ses amis, ses collaborateurs brossent le portrait d’un homme attentif, à l’écoute et d’un abord facile, profondément attaché à sa famille et durablement marqué par l’image de son père.

Ses premiers mots ont été pour son père André, « malheureusement parti trop tôt » le 7 novembre 1993 à l’âge de 67 ans, alors qu’il occupait depuis quelques mois seulement la présidence de la Seine-Maritime laissée vacante par le décès de Jean Lecanuet. « S’il me voit ce soir, j’imagine qu’il doit ressentir une certaine fierté », lâche-t-il sur les marches de l’Hôtel du Département qu’il gravit en vainqueur en ce dimanche soir de mars pluvieux et venteux. Puis, tout de suite après, la gorge encore un peu serrée, la voix à peine voilée : « Nous allons nous mettre très vite au travail. Et d’abord commander un audit afin de cerner la réalité de la gestion de ce département par les socialistes et leurs alliés communistes, afin de repartir sur de bonnes bases ». Le discours politique vient de reprendre le dessus...

« Pascal, c’est quelqu’un de sensible, animé d’une certaine pudeur. Il nous parlait assez peu de son père mais je sais que jeudi, lorsqu’il s’assiéra dans son siège de président du conseil général, il vivra ce moment avec beaucoup d’émotion et, sans doute, une petite larme au coin de l’œil », confie Emmanuel Cauchois, un ami de toujours, qui a fréquenté les mêmes classes depuis la maternelle, a travaillé auprès de lui pendant plus vingt ans, avant de s’installer l’an dernier près de Toulon au terme des municipales et de la victoire de « Servir Montville » dont il fut directeur de campagne.

« Oui, ses parents, le souvenir de son père, sont très importants pour lui. Je l’ai vu très ému lorsque nous sommes allés déposer une gerbe sur la tombe d’André Martin pour marquer les vingt ans de sa disparition », confirme Myriam Travers, première adjointe à un élu qu’elle connaît, elle aussi, depuis l’enfance, avec qui elle prenait le train pour se rendre au lycée à Rouen, et qui lui parlait de sa passion pour le sport, le football en particulier. « Sa famille compte énormément pour lui. Ses filles, Andréa et Louisa. Ses trois frères et deux sœurs. Jusqu’au décès de leur mère, à l’automne 2014, tout le monde se retrouvait chez elle pour le repas du dimanche soir ».

C’était un rendez-vous rituel, que nul n’aurait voulu manquer. L’occasion d’évoquer des souvenirs. Les vacances chaque été, sur l’île de Noirmoutier. La carrière du père, enfant de l’Assistance publique de l’Allier, venu s’inscrire en 1943 à l’École normale de Rouen pour devenir instituteur, pensionnaire au lycée Corneille et volontaire, au printemps 1944, pour aller porter secours aux victimes des bombardements. Il avait alors 18 ans. « C’était quelqu’un qui avait un sens très fort du service public, de la collectivité », se souvient son collègue sénateur Charles Revet, qui lui a succédé en décembre 1993 à la tête du Département. «Il était notamment très actif dans le domaine du logement, au sein de l’Office public de HLM devenu ensuite l’OPAC. Dans sa commune aussi, Montville, où il avait été élu conseiller municipal en 1953, puis maire en 1959, il s’investissait énormément dans tous les domaines ».

«Il nous inspirait à tous beaucoup de respect, reprend Emmanuel Cauchois. C’est lui qui m’a marié. Ce sont des choses qui ne s’oublient pas. Pascal était alors à l’armée. Il avait demandé une permission pour participer à la cérémonie. Il tenait à être présent: en amitié, c’est quelqu’un d’extrêmement fidèle ».

«Lorsqu’il fait confiance, il le fait totalement et délègue beaucoup. Il sait écouter, prendre des avis, en changer si les arguments présentés lui paraissent pertinents. Il est surtout d’une grande proximité avec ses proches collaborateurs », approuve André Gautier, secrétaire général du groupe Alternance 76, qui insiste sur le « courage » de l’homme qui a pris la tête de l’opposition départementale à une époque où personne ne se battait pour aller ramasser des coups de bâton de la part de socialistes « qui nous regardaient alors avec suffisance », et « considéraient que l’opposition n’était pas de niveau ». « Lui, il y a cru. Il s’est penché sur les dossiers avec ténacité, n’a pas eu peur de dénoncer les anomalies qu’il y découvrait, et a résisté aux railleries de la majorité. Jusqu’au moment où le rapport de la Chambre Régionale des Comptes a validé ses observations ».

« On peut lui reconnaître d’être présent, contrairement à d’autres, de travailler ses dossiers et de défendre les valeurs de son camp », concède le sénateur socialiste Didier Marie, ancien président de la Seine-Maritime aujourd’hui assis dans les rangs de l’opposition. «Hors de l’hémicycle, c’est même quelqu’un d’affable, avec qui il est possible de discuter. Mais j’ai si souvent constaté un tel décalage entre cette attitude et la posture rigide, sectaire, qu’il adoptait en public durant les sessions, que je me suis demandé si c’était bien lui qui écrivait les discours. On y retrouve une forme de populisme. Je pense que, pour être le leader de la droite, il a dû donner des gages à l’UMP ».

Entre les deux hommes, c’est peu de dire que le courant avait du mal à passer, dans un jeu théâtralisé où l’un reprochait à l’autre de n’avoir pas de programme à présenter. Que des critiques...

Évoquant le souvenir de son père, André Martin, Didier Marie parle d’un « centriste modéré qui avait le sens de l’intérêt général ». D’un homme « apprécié pour ses qualités humaines ». Puis aussitôt, il tacle le fils : «A mon sens, le père aurait probablement appelé à voter républicain au second tour, ce que n’a pas fait le fils ».

Président du groupe des élus communistes et républicains au conseil général, Jean-Louis Jegaden voyait, dans le « patron » d’Alternance 76, « un adversaire courtois, bien arc-bouté sur ses positions, mais pas quelqu’un de sectaire ». « Il a ses idées, il les défend. C’est logique, dit-il. En fait, son seul défaut est d’être de droite».

« Une droite à l’écoute», le défend Myriam Travers. « Il est présent partout. Il répond à toutes les invitations, va aux fêtes du canton, prend à cœur les problèmes des gens et fait ce qu’il peut pour les aider. Et il respecte l’opposition. A Montville, quand celle-ci intervient, il s’efforce toujours de lui donner une réponse circonstanciée».

À l’écoute et « affable », ce colonel sapeurs-pompiers des Yvelines sait également être un chef, sur qui «on peut s’appuyer sans hésitation, car quand il s’engage pour une cause, il le fait vraiment, ajoute Charles Revet. Je l’ai constaté du temps de ma présidence du conseil général, lorsqu’il était lui-même à la tête de la commission de la Jeunesse, de la Culture et des Sports. Il travaillait déjà avec beaucoup de sérieux et d’assiduité. C’est pourquoi j’étais content de l’avoir avec nous, l’an passé, lors des élections sénatoriales ».

Resté devant la porte du Palais du Luxembourg pour cause de liste dissidente à droite, Pascal Martin affirmait alors avoir vécu cette déception sans amertume. Mais à n’en pas douter, ce scrutin lui avait encore un peu plus souligné la nécessité de rassembler la droite.

C’est d’ailleurs la victoire de l’union, à laquelle il travaillait sans relâche depuis des années, que le chef d’équipe a tenu à mettre en exergue, dimanche soir, sur les marches de l’Hôtel du Département. C’est encore ce rassemblement qu’il prônera jeudi après-midi, lors de son élection à la tête de la Seine-Maritime. Avant, sans doute, de fêter dignement l’événement. Car à en croire Emmanuel Cauchois, Pascal Martin sait être joyeux, «jovial» même, lorsque le travail est terminé et qu’il est temps de faire une pause. « Pour cela aussi, dit-il, il fait confiance à son entourage ».

Franck Boitelle

 


 

 

Sébastien Lecornu : itinéraire eurois d’un jeune homme pressé

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Sébastien Lecornu : itinéraire eurois d’un jeune homme pressé

Eure. Le plus jeune président des Départements de France - il devrait être élu jeudi - a fait ses classes à l’Assemblée nationale et dans les ministères. Mais Sébastien Lecornu, Eurois pur jus qui connaît, à 29 ans (en juin prochain), une ascension politique exceptionnelle, est aussi un (jeune) homme de terrain. Élu UMP, partisan de Bruno Le Maire jusqu’au bout des ongles, le maire de Vernon sait battre la campagne et pousser les portes des électeurs pour expliquer qu’une autre politique est possible.

Le visage poupin et l’embonpoint ne sont plus que de lointains souvenirs. À mesure qu’il a pris un poids politique important depuis un an dans l’Eure, Sébastien Lecornu a vu ses kilos superflus fondre comme neige au soleil. Coquetterie de jeune homme qui porte le costume mais veut donner une autre image de la politique ? À 29 ans dans quelques semaines, ce pur produit de l’UMP illustre la réussite d’une nouvelle génération. Bientôt plus jeune président d’un Département français, le coordinateur départemental de la victoire de l’alliance UMP-UDI-DVD (15 cantons sur 23) revendique volontiers son attachement à la terre euroise, lui qui a fait ses classes politiques, partagé entre Paris et l’Eure.

D’abord comme assistant parlementaire du truculent député des Andelys, Franck Gilard, dont il est depuis les dernières législatives le suppléant à l’Assemblée nationale. Sébastien Lecornu apprendra le métier un pied à Paris, un autre dans la ruralité, dès ses 19 ans. «Il faisait ses études de droit à Assas, se souvient Franck Gilard. Il est venu me trouver, il cherchait un petit job en complément. Séb assurait ma veille juridique. Il a commencé à faire son carnet d’adresses, du simple huissier à l’administrateur en chef. C’est quelqu’un qui a une très bonne réputation auprès du petit personnel», salue le parlementaire.

Un compagnonnage qui prendra une autre direction avec la rencontre de Bruno Le Maire. Le patron de l’UMP de l’Eure, parachuté en 2007 dans le département où il prendra d’emblée une circonscription, s’attachera dès l’année suivante les talents du jeune vernonnais qu’il recrute comme conseiller au secrétariat d’État aux Affaires étrangères. Le courant passe, l’exigence du ministre et sa vision de la politique scellent leur collaboration qui, depuis, ne cessera d’être très proche. D’ailleurs, ils s’embrassent bien volontiers.

«Son passage dans les cabinets l’a maturé. Il bossait six, voire sept jours par semaine, jusqu’à quinze heures par jour. Et quand on part en campagne, je peux vous dire que les cages d’escalier, ce n’est pas de la fiction, il se donne à fond!», souligne Franck Gilard.

Sébastien Lecornu, fils unique élevé au lait de l’école privée Saint-Adjutor, sous-officier de réserve de la gendarmerie, les yeux et les oreilles de Le Maire dans l’Eure, sait être le lieutenant dont le ministre a besoin pour asseoir son ancrage dans le département et sa stratégie nationale. Logiquement, le jeune homme suit donc son nouveau patron et devient son conseiller au ministère de l’Agriculture. Il hérite des affaires réservées et de son lot de « poireaux », ces fameuses médailles du Mérite agricole, qui flattent le paysan et assurent une reconnaissance presque éternelle...

Nous sommes en 2009. Le temps file déjà mais l’avenir se construit patiemment. Dans un premier temps, la mise en orbite politique du militant UMP se fait dans la douceur. Sébastien Lecornu a un coup à jouer à Vernon, sa ville natale, lors des municipales de 2014. Premier défi dans une partie mal embarquée avec un ancien sénateur-maire divers droite qui veut reprendre son fauteuil. Mais Sébastien Lecornu, un « Le Maire’s boy » pur jus, saura trancher dans le vif pour monter sur la plus haute marche du podium, balayant au passage plus de trente années d’histoire politique locale et euroise.

Avec ses «copains», comme il aime appeler les autres élus qui constituent le team Le Maire, ce fils de secrétaire médicale et de technicien dans l’aérospatiale reprend les villes les plus importantes de l’Eure. Vernon, Les Andelys, Gisors, Évreux, Louviers. Grand chelem pour les jeunes pousses à qui il claque la bise avec une sincérité qui traduit un état d’esprit digne d’une équipe de rugby. «Mais il est capable de tuer, glisse un élu eurois de sa famille politique. Sébastien, il est affable mais c’est un guerrier, un chef qui bétonne ses fiefs et qui voit loin. Il sait aussi vous couper le talon et faire le coup de Jarnac.»

Sébastien Lecornu, un rouleau compresseur qui, s’il joue finement sur l’échiquier politique départemental, notamment avec l’UDI, sait aussi se montrer intransigeant avec les « has been ». Plusieurs élus sortants en ont fait les frais ces dernières années, au nom du sacro-saint «renouvellement et unité» dont il a fait sa religion. Celle de Bruno Le Maire. Et visiblement, la méthode fonctionne, particulièrement lors de ces départementales dont «tout le monde se fout!», confiait-il au journal Le Monde dernièrement.

Fort d’un score « stalinien » de 75 % à Vernon, de presque 71 % dans son canton dimanche, Sébastien Lecornu a vu la quasi-totalité de ses équipes intégrer l’hémicycle départemental. «Il faut mesurer ces 75%, corrige Philippe Nguyen Thanh. Il a bénéficié d’un vote républicain pour faire barrage au FN. Depuis un an, Sébastien Lecornu déconstruit tout, se désole l’ancien maire PS de Vernon. Il a un cabinet solide qui prépare ses dossiers et fait beaucoup de communication. Mais il est en contradiction totale avec ce qu’il prône sur le cumul des mandats: il est responsable de l’UMP dans l’Eure, maire, conseiller départemental et futur président du Département, vice-président de l’Agglo, coordinateur de la campagne à droite. C’est la génération Le Maire: un homme politique et seulement un homme politique», décrypte Philippe Nguyen Thanh.

Reste que Sébastien Lecornu a le triomphe modeste. Si l’élu local goûte avec bonheur - et un peu d’angoisse ? - ce nouveau succès qui ne repose pas seulement sur le rejet de la gauche, il sait aussi que la victoire ne peut durer qu’un temps. Que les électeurs n’ont pas envie de voir les nouveaux élus sortir les cotillons. L’époque n’est pas à l’ostentation.

Lui-même, pourtant fortiche en communication, sait se montrer discret. Concentré, tacticien et pragmatique à la fois, Sébastien Lecornu «est un travailleur, reconnaît son adversaire vernonnais Jean-Luc Lecomte. Il connaît ses dossiers mais il peut être très autoritaire, à gauche comme à droite, témoigne le responsable du PCF dans l’Eure. Il faut que ça file droit!»

La valeur n’attend pas le nombre des années a-t-on coutume de dire. Mais c’est au pied du mur que l’on voit le maçon et la gestion d’un département est une marche très haute à franchir. Surtout avec de jeunes élus et des élus jeunes. «Il sait s’entourer, il est très rapide intellectuellement, je ne m’inquiète pas», glisse Franck Gilard. Le député passera la main dans deux ans. À Sébastien Lecornu qui aura eu le temps d’huiler sa nouvelle machine de guerre ?

Guillaume Lejeune

 


Commentaire de Florestan:

Sébastien Lecornu est donc un redoutable "bébé" Lemaire ! Aussi redoutable qu'un "bébé" Fabius mais pour quoi faire? Servir la Normandie ou squatter les ors de la République à Paris?