Pour éviter la confiscation des prochaines élections régionales et pour qu'elles soient nos premières élections régionales normandes, il faudra éviter au maximum leur "nationalisation" par des enjeux politiciens dont les secrets sont à Paris et il faudra une campagne qui puisse démarrer le plus tôt possible permettant la présentation d'un "projet normand" positif et stimulant car il faudra faire beaucoup, beaucoup, beaucoup de pédagogie normande pour remonter le niveau intellectuel et moral (dans tous les sens du mot) du débat public au niveau d'un bien public normand dont le prestige, l'ampleur et la richesse pourraient faire peur à un entrepreneur politique habitué à un terrain de jeux plus mesquin à moins que ce bien public normand ne soit pas jugé suffisamment attirant par l'ambitieux toujours attiré par les grandes lueurs parisiennes.

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Il faudra donc trouver entre ces deux attitudes toujours décevantes (et que les Normands ont trop longtemps connu et enduré sans se révolter... ) celui qui pourrait avoir vis-à-vis de la Normandie et des Normands l'attitude la plus juste et la plus utile dans le cas où la Normandie serait devenue le seul terrain de manoeuvre d'un jeune "outsider" qui n'a dorénavant plus rien à perdre...

Ci- après, la réaction de Nicolas MAYER-ROSSIGNOL suite aux résultats des élections départementales en Normandie:

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(source: Ouest France 31/03/15)

Voir aussi les déclarations de Nicolas Mayer-Rossignol pour Tendance Ouest:

http://www.tendanceouest.com/actualite-99757-departementales-la-defaite-de-toute-la-gauche-pour-nicolas-mayer-rossignol.html

http://www.tendanceouest.com/actualite-99784-elections-regionales-je-ai-pas-adversaire-a-gauche.html


Voir enfin et surtout sur le site Normandie Actu le grand entretien accordé par Nicolas MAYER-ROSSIGNOL...

Disons-le clairement ! En ce qui concerne l'oiseau qui devait nous annoncer notre printemps normand, nous préférons de loin le Rossignol d'avril 2015 au Rossignol d'avril 2014...

http://www.normandie-actu.fr/regionales-le-president-de-la-region-haute-normandie-na-pas-peur-du-match_118853/comment-page-1/#comment-85794

Rouen Régionales. Le président de la Région Haute-Normandie n'a "pas peur du match"

Nicolas Mayer-Rossignol, président PS de la Région Haute-Normandie, réagit aux résultats des élections départementales et se place en "challenger" pour les Régionales. Interview.

Mise à jour : 30/03/2015 à 19:00 par La Rédaction

Laurent Beauvais, président de la Région Basse-Normandie, et Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Haute-Normandie. ©D.R.

Laurent Beauvais, président de la Région Basse-Normandie, et Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Région Haute-Normandie. (©D.R.)

Normandie-actu. Tout d’abord, comment réagissez-vous à la « vague bleue » qui vient d’emporter les départements de l’Eure et de la Seine-Maritime ?
Nicolas Mayer-Rossignol. C’est une grande déception pour les hommes, car je considère que Jean-Louis Destans (Ndlr : président PS du Conseil général de l’Eure) et Nicolas Rouly (Ndlr : président PS du Conseil général de Seine-Maritime) ont été de bons présidents qui ont mené des politiques de progrès social. C’est aussi une déception pour la gauche. Pour ma famille politique, bien sûr, mais aussi pour les autres partis de gauche car tous auront désormais moins d’élus, eux aussi. Tout le monde doit faire son auto-critique… Alors que la droite a su se rassembler, et que l’extrême droite forme un bloc de plus en plus solide, le moment est venu pour chacun de prendre ses responsabilités. La gauche a l’obligation de se rassembler. (NDLR : pourtant le Premier ministre annonçait dès dimanche 20h qu’il ne changerait rien à sa politique…)

« Je suis en position de challenger pour les Régionales »

Craignez-vous que cette « vague bleue » se prolonge jusqu’aux Régionales, en décembre ?
Il est clair que la droite est aujourd’hui favorite pour les Régionales en Normandie comme dans beaucoup d’autres Régions. Je suis en position de challenger, mais je suis un compétiteur. Et les matches en cinq sets ne me font pas peur !

 

Depuis quelques semaines, on vous voit beaucoup en Basse-Normandie. Comment êtes-vous accueilli ?


Très honnêtement, je suis très bien accueilli. Mais vous savez, cela fait longtemps déjà que je viens en Basse-Normandie pour travailler des dossiers communs aux deux Régions. Je pense à l’aéroport de Deauville, mais aussi aux actions menées en faveur du tourisme à travers le Comité régional, qui, pour sa part, a déjà opéré la réunification avec une présidence alternée. J’ai d’ailleurs succédé à Raphaël Chauvois, vice-président de la Région Basse-Normandie, à la présidence de ce Comité régional du tourisme. Les exemples de travail en commun sont nombreux et anciens. Réciproquement, Laurent Beauvais est lui aussi très présent en Haute-Normandie. C’était par exemple le cas lors de la présentation du festival Normandie Impressionniste, le 13 mars. La campagne pour les élections départementales m’a donné également l’occasion d’aller en Basse-Normandie, mais en qualité de militant et de soutien à nos candidats, cette fois. J’étais récemment à Carentan pour faire campagne avec les socialistes.

« Sortons des querelles picrocholines »

On sait désormais qu’en cas de victoire du PS aux prochaines Régionales, le président de la Région, ce sera vous, on entend le maire de Rouen dire à propos de la capitale qu’il n’y a pas de débat, et que ce sera Rouen… Vous même, pendant un temps, avez affirmé travailler à un rapprochement avec la Picardie. Les Bas-Normands ont quelques raisons de se sentir maltraités, non ?


C’est normal, car il y a beaucoup d’attentes. Mais remettons les choses dans l’ordre. Si j’ai réfléchi à un élargissement comprenant la Basse-Normandie, la Haute-Normandie et une partie de la Picardie, c’est parce qu’à un moment, au printemps 2014, le Gouvernement orientait sa réforme vers 11 Régions. Puis il est revenu à 13 avec la volonté de ne pas scinder des Régions existantes. De ce fait l’entité normande s’est imposée naturellement. J’en suis très heureux, nous avançons. Concernant la capitale, le maire de Rouen dit cela depuis toujours. Ce n’est pas une position nouvelle. Mais, de grâce, sortons des querelles picrocholines ! Quant à la candidature à la Présidence, nous avons beaucoup discuté, Laurent Beauvais et moi, et avons validé ensemble cette décision. Je conçois que cela ait pu faire naître un sentiment d’inquiétude en Basse-Normandie. Je m’attache, par mon écoute et mon travail sur le terrain, à y répondre. L’essentiel est dans notre volonté de travailler, dans un esprit de rassemblement qui va bien au-delà des clivages politiques partisans, à faire de cette grande Normandie, une région où les résultats de notre action pour les habitants seront supérieurs à l’addition des résultats obtenus précédemment par les deux Régions séparées… En Normandie, un plus un doit faire plus que deux !

> [Entretien] Laurent Beauvais : « Président de la grande Normandie ? J’en ai rêvé »

Quel est donc le message que vous adressez aux Bas-Normands ?


Partout où je vais, j’essaie de montrer que notre priorité est que tous les territoires normands, je dis bien tous les territoires, soient respectés, écoutés, et valorisés. La force de la Normandie, au-delà de Caen, Rouen et Le Havre, ce sont ses territoires, leur diversité, leur richesse. Agriculture, pêche, industrie, tourisme, recherche, culture… Nous avons tant d’atouts ! Nous devrons donner à cette grande région cohérence et équilibre, en mettant la Basse et la Haute-Normandie sur un pied d’égalité. J’y suis déterminé. Sur le drapeau de la Normandie que j’aime, les deux léopards ont la même taille.

Que va devenir Laurent Beauvais ?


La courtoisie, et vous le comprendrez, ne me fera pas répondre à sa place. C’est à lui de dire ce qu’il souhaite faire. Pour ma part, je vous dirai simplement que Laurent Beauvais a toujours été très engagé pour sa région et pour son territoire. C’est un excellent Président et un excellent camarade socialiste. Je souhaite qu’il ait un rôle important pour la suite.

Que répondez-vous à ceux (en Basse-Normandie notamment) qui réclament la réunion symbolique des deux assemblées régionales pour une séance de travail commune ?


Pour quoi faire ? Nous travaillons ensemble depuis longtemps. Nous ne sommes pas dans le symbole, nous sommes dans l’action. Avec Laurent Beauvais, nous nous réunissons désormais chaque mois avec nos vice-présidents pour préparer la fusion. À quoi servirait cette grande réunion, sinon à offrir une tribune médiatique à ceux qui n’ont pas d’ambition pour la région mais uniquement des ambitions personnelles ? On verrait Bruno Le Maire, comme il le fait à chaque assemblée plénière régionale en Haute-Normandie, venir un quart d’heure, répondre à deux questions devant les caméras, avant de vite repartir vers Paris. Je ne tiens pas à tomber dans le rabougrissement politicien.


Je comprends que cette demande vienne davantage de Basse-Normandie car le fonctionnement de l’assemblée régionale y est moins clivé qu’en Haute-Normandie. Ici, (Ndlr : en Haute-Normandie) je connais malheureusement des élus capables de voter, à la Région, contre des projets qu’ils appellent pourtant de leurs vœux quand ils sont dans leurs territoires. Je regrette ces postures.

« Le premier objectif doit être l’emploi car la Normandie est durement touchée »

Parmi les nombreux dossiers pour la Normandie réunifiée, lesquels mettriez-vous en avant ?


Le premier objectif doit être l’emploi car la Normandie est durement touchée. La responsabilité de l’élu local doit être de favoriser l’emploi sur son territoire. Traditionnellement, quand la France souffre en termes d’emplois et de chômage, la Haute-Normandie souffre encore plus. Or, depuis quelques temps, la région a plutôt tendance à faire moins mal que le niveau national. Un exemple, le chômage des moins de 25 ans a reculé en Haute-Normandie. C’est loin d’être suffisant, mais c’est encourageant. On a mené des actions de terrains – plusieurs entreprises devaient fermer ou étaient menacées, par exemple Howa Tramico à Brionne ou encore Renault Sandouville, M’Real, Sealynx… -  qui, j’ai la faiblesse de le penser, ont eu un impact positif. Nous sommes également la seconde région de France au palmarès des emplois d’avenir. La transition énergétique, enfin, est un enjeu stratégique. La Normandie sera l’une des régions les plus importantes dans le domaine des énergies marines renouvelables avec les projets éolien offshore notamment au large de Courseulles-sur-Mer, de Fécamp et du Tréport. Ce secteur sera créateur d’emplois, à commencer par les usines d’assemblage de Cherbourg et du Havre.

Et en termes d’équipements ?


Le train, les ports, le trafic maritime et fluvial sont des dossiers majeurs pour la Normandie. Le projet d’aménagement de la Ligne Nouvelle Paris Normandie notamment est un enjeu considérable pour la desserte de la région. Concernant le chemin de fer à destination de Paris, on ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle dont les insuffisances sont criantes. Pour assurer à la Normandie un développement durable, le chantier des infrastructures – y compris numériques- sera au cœur de notre action. Et pour la première fois, grâce au Contrat d’aménagement de la Vallée de la Seine signé en février avec l’État — Ndlr : Manuel Valls était venu l’annoncer en personne à Honfleur – et aux contrats de plan État-Région, nous allons disposer de 2 milliards d’euros pour financer des projets. Le Premier ministre, mais aussi Bernard Cazeneuve sont venus personnellement nous assurer du concours de l’État. Ça, c’est du concret.

Les mauvaises langues disent qu’à travers vous, c’est Laurent Fabius qui sera le patron en Normandie…


(sourires…) Il est vrai que j’ai eu la chance, au plan professionnel, de travailler un temps avec Laurent Fabius, qui est une personnalité d’envergure. Mais on peut être proche d’un homme tout en restant indépendant. Pour moi, la politique n’est pas et ne doit surtout pas devenir un métier. Je suis scientifique, ingénieur de formation. J’ai travaillé dans plusieurs entreprises, des PME en France et à l’étranger, mais aussi dans l’administration avant d’être élu. Je suis président depuis un an et quelques mois. Et je ferai autre chose après mes mandats. J’ai un engagement pour ma Région et c’est passionnant, d’autant plus que la Normandie s’apprête à vivre un moment historique. C’est cela mon moteur.

Propos recueillis
par Philippe RIFFLET