La SNCF marche sur la tête !

Elle fait rouler des trains très rapidement pour concurrencer les avions au raz des pâquerettes et fait rouler des camions pour ne pas avoir faire rouler des trains de marchandises car ça coûte très cher à la collectivité un TGV (les faux TGV c'est encore pire...) et des camions de 38 tonnes qui défoncent nos routes... Et ce petit délire commence à coûter très très cher ! Si l'on croit le bilan déjà établi en septembre 2011 dans l'accablante enquête de Marc Fressoz, c'est plus de 30 milliards de dettes qui lestent les comptes de la SNCF et de sa filiale SNCF Réseaux ex RFF. C'est pourquoi on va réduire la SNCF dans ce qu'elle savait faire de mieux: faire rouler des trains normaux avec tarifs et horaires normaux répondant aux besoins normaux d'habitants normaux entre deux villes normales (c'est à dire en "province").

Ci-après nous verrons ce que valent les promesses d'un président de la République "normal"...

Il faudrait remettre des cheminots à la tête de la SNCF et vider les bureaux de la direction nationale de tous ceux qui n'ont jamais vu de près un bout de rail de leur vie: Le freluquet encravaté en costard de "cost killer" en diable passé par une école sup de fric ou le vieux cheval politicard remis au rencard par la seule grâce du copinage aux frais de la République... Dehors !

En attendant la Résurrection de la SNCF (à chaque qu'on descend à Saint Lazare on est bien obligé d'y croire... Non?!) , l'Etoile de Normandie vous fait part du faire part suivant envoyé par nos amis de l'Union pour la Région Normande...

ADIEU à la LNPN

ELOGE FUNEBRE

LA  LNPN , C'EST QUAND?

La lecture du Contrat de Plan Interrégional Etat – Régions (CPIER) Vallée de Seine (liant les deux Normandie, l'Ile de France et l'Etat ) qui vient d'être adopté par la majorité régionale des Conseils régionaux de Basse et de Haute Normandie a suscité une grande inquiétude chez les Normands quant à l'avenir de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie (LNPN).

En effet, ce document fait l'impasse sur la participation de l'Etat au financement de la LNPN. Une somme dérisoire (20 millions € sur 6 ans ) est inscrite par l'Etat au titre de sa participation aux « études préalables à l'enquête d'utilité publique » concernant la LNPN, mais le compte n'y est pas sous  quelque point de vue que l'on se place ainsi qu'on va le voir.

    La décision de lancer le projet de LNPN qui est intervenue sous le quinquennat précédent répondait à deux justifications: d'une part ce projet s'inscrivait dans la réalisation du Grand-Paris (priorité nationale) et d'autre part, elle correspondait à la volonté de la SNCF exprimée le 4 mai 2010 au Havre par son Président M. Guillaume Pépy de réparer une injustice envers la Normandie seule région française -disait-il- a ne pas avoir bénéficié de la modernisation de son réseau ferroviaire. En conséquence M. Pépy, après avoir reconnu que la SNCF avait une « dette » envers la Normandie exprimait son intention de réparer cette « dette ».

Comment ? Pas en « modernisant » les lignes historiques existantes (datant du XIX ème siècle) qui en raison de leur saturation actuelle et plus encore dans le futur, ne pouvait constituer une véritable réponse aux besoins des usagers (voyageurs et fret ).

Il fallait donc construire une ligne nouvelle desservant Rouen, le Havre, Caen, et Cherbourg.

Très vite la procédure s'enclencha à cette fin. Le gestionnaire d'infrastructures ferroviaires RFF (Réseau ferré de France) maître d'ouvrage se soumit à un débat public (entre octobre 2011 et février 2012 ) et immédiatement après, le 5 avril 2012, le conseil d'administration de RFF décidait de poursuivre le projet de LNPN et de lancer les études préalables à l'enquête publique  .

L 'alternance politique de 2012 ne semblait pas tout d'abord remettre en cause le projet d'autant que François Hollande en visite à Caen le 5 février 2012 avant son élection déclarait à cette occasion en présence de MM. Beauvais et Duron:

« Si les Français me font confiance je m'engage à ce que ce dossier de la LNPN soit mené à bien au cours du quinquennat. La Normandie comme toutes les autres régions a le droit d'avoir des trains qui arrivent vite et à l'heure. Du fait de mes origines normandes je connais bien ce problème » (Ouest-France – Ed .Calvados- 6 Février 2012).

Après l'élection de François Hollande en mai, M. Cuvillier Ministre des Transports en visite à Cherbourg le 13 juillet suivant confirme que les études préalables à l'enquête publique décidées par RFF en avril « vont se poursuivre » (Presse de la Manche- 14 juillet 2012). RFF, fixant la durée  des études préalables à 4 ans ( LNPN -Dossier du maître d'ouvrage p. 120 ) celles -ci devaient donc se terminer début 2016.

L'enquête publique devant suivre (1 à 2 ans selon RFF) les travaux de la LNPN devaient débuter courant 2018 au plus tard.

Concernant le financement de ceux-ci  MM. Fabius, LeVern et Beauvais le 23 mai 2011 à Rouen avaient indiqué la clef de répartition  suivante devant être exigée de l'Etat : un tiers l'Etat - un tiers RFF – un tiers les collectivités territoriales (les deux Normandie et l'Ile de France ) concernant un projet d'un montant d'une dizaine de milliards d'euros (selon l'un des scénarios.)

      En réalité la promesse de M. Hollande le 5 février 2012 à Caen  n'a été suivie d'aucune concrétisation. Le CPIER l'indique: les études préalables à l'enquête publique de la LNPN vont reprendre pendant 6 ans (2015-2020) succédant à celles que déclarait poursuivre M. Cuvillier à Cherbourg en 2012.

Ce qui fera un total de 9 années d'études préalables, soit plus de deux fois la durée des études de ce type pour les projets similaires selon RFF.

Bien entendu, cette démarche de L'Etat n'est pas innocente : en prolongeant cette phase  « d 'études » d 'un projet qui devient de plus en plus aléatoire il diffère considérablement dans le temps le début des travaux (s'ils démarrent un jour) et lui évite de ce fait d'annoncer le moindre financement. Par ailleurs, l'argument selon lequel la situation contrainte des finances publiques ne permettrait pas de financer ce projet pourtant qualifié de « priorité nationale » par l'Etat lui-même est largement sujet à caution quand on constate les largesses financières dispensées par ce même Etat dans d'autres régions. La Bretagne par exemple à l'occasion de la signature de son CPER à Brest le 18 décembre 2014 a reçu de M. Valls en plus de l'apport de l'Etat (équivalant au total des deux Normandie) une enveloppe hors contrat de plan de 2 milliards € et on pourrait citer d'autres exemples de ce type en France.

      Les Normands qui attendaient de la réalisation de la LNPN un surcroît d'attractivité pour leur région qui aurait été porteur d'activité économique et d'emploi apprécieront comme il convient les promesses électorales  de M. Hollande  à Caen concernant celle-ci quelques semaines avant son élection et oubliées très vite une fois élu.

 A Caen le 13 Avril 2015