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EPR de Flamanville : un désastre pour le nucléaire français

 

Une anomalie « très sérieuse » a été découverte sur la cuve du réacteur de dernière génération de Flamanville (Manche).

Un problème qui pourrait sonner le glas d'un chantier ayant déjà coûté 9 milliards d'euros.

Erwan Benezet et Frédéric Mouchon | 17 Avril 2015, 07h52 | MAJ : 17 Avril 2015, 08h03
Flamanville (Manche), le 16 juillet. La mise en service de l’EPR (ici lors de la pose du dôme) n’est pas prévu avant 2017, soit un retard d’au moins cinq ans.
Flamanville (Manche), le 16 juillet. La mise en service de l’EPR (ici lors de la pose du dôme) n’est pas prévu avant 2017, soit un retard d’au moins cinq ans. (PhotoPQR/« Ouest France »/Jean-Yves Desfoux.)

Il devait être la vitrine du nucléaire français à l'étranger. C'est devenu l'exemple à ne pas suivre et le symbole d'une industrie de l'atome made in France en grande difficulté. Des travaux qui ont pris au moins cinq ans de retard, une facture qui a triplé, estimée aujourd'hui à près de 9 MdsEUR, des déboires à répétition.

.. Maudit depuis son démarrage en 2007, le chantier de l'EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville (Manche) vient de subir un nouveau revers qui pourrait le condamner. La découverte d'une « anomalie », qualifiée de « très sérieuse » par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), dans la composition de l'acier de la cuve du réacteur plombe un peu plus les espoirs de la France de vendre cette technologie à l'étranger.

Un risque de fissure de la cuve du réacteur
L'anomalie détectée dans la composition de l'acier du couvercle et du fond de la cuve de l'EPR de Flamanville concerne un élément vital du futur réacteur. C'est la cuve qui contient le combustible nucléaire. C'est elle qui permet de confiner la radioactivité. Or, dans certaines zones, la capacité de l'acier à absorber un choc s'est révélée plus basse que la norme réglementaire. La hantise de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ? Que la cuve finisse par se fissurer. « Quand la cuve d'un réacteur est en fonctionnement, la température à l'intérieur est de 300°C et on y injecte de l'eau à température ambiante, explique l'ASN. Cela crée alors un choc froid sur les parois de la cuve, provoquant une rétractation du matériau. » S'il y avait une fissure, même minime, au niveau de l'acier composant la cuve, elle pourrait s'élargir et provoquer une fuite d'eau radioactive.

En cas de mise en service du réacteur EPR, l'Observatoire du nucléaire, une association anti-atome, estime que « ces malfaçons peuvent entraîner la rupture de la cuve ». Une cuve qu'il faut des années pour concevoir. « Elle est constituée d'un assemblage de plusieurs composants gigantesques, explique un expert. Le fond et le couvercle sont obtenus en fondant deux pièces massives de 157 t, un alliage d'acier, de manganèse et de nickel, que l'on écrase pour leur donner une forme de demi-sphère. » La pièce définitive dépasse les 50 t. « Chaque étape est cruciale, ajoute l'ingénieur. Il faut en moyenne trois ans pour fabriquer une cuve. Un tiers de ce temps est consacré uniquement au contrôle. »



Le coup de grâce ?

Le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet , l'a redit hier : si, après de nouveaux essais, cette cuve ne respecte pas les standards exigés par le gendarme du nucléaire, il faudra la changer. « Une opération très lourde en termes de coût et de délais », prévient-il.

En clair, la question se poserait de poursuivre l'aventure. « Si la faiblesse de la cuve est avérée, je ne donne pas cher de la survie de l'EPR », confie un ancien haut responsable de la sûreté nucléaire française. « Pour la filière EPR, c'est clairement le coup de grâce, tranche Yannick Rousselet, chargé du dossier au sein de l'association Greenpeace. Quel client étranger voudra acheter demain un réacteur de ce type dont la France elle-même n'est pas capable de mener à bien la construction ? »

Au-delà de l'image désastreuse véhiculée dans le monde de l'atome par ce chantier cauchemardesque, c'est le modèle même de cette centrale que certains experts commencent à remettre en cause. « L'EPR n'a pas un grand avenir car il est déjà relativement démodé dans sa conception et beaucoup critiquent notamment le choix du gigantisme », confie à nouveau l'ancien haut responsable de la sûreté nucléaire. « La facture de l'EPR sera tellement élevée que ce qui devait être une vitrine devient le contre-exemple total de ce qu'il ne faut pas faire, estime Yannick Rousselet. Cela pointe un gros problème de savoir-faire dans l'industrie nucléaire française. »

Contactés hier, ni Areva, concepteur de l'EPR, ni EDF, futur exploitant, n'ont souhaité s'exprimer (lire ci-dessous). A l'Elysée, en revanche, on maintient un discours rassurant : « Des résultats d'analyse plus précis sont attendus pour le mois d'octobre. En attendant, la construction de Flamanville se poursuit. » Mais pour combien de temps ?

Le silence d'EDF et Areva
Chez EDF ou Areva, c'est l'omerta sur l'EPR de Flamanville. Selon nos informations, la consigne a même été donnée il y a quelques jours par la direction d'EDF d'observer le silence sur le sujet. Rien ne doit filtrer dans les médias. Sollicité par notre journal, EDF renvoie au communiqué de presse laconique diffusé le 7 avril dans lequel il annonçait la réalisation « au plus tôt d'essais complémentaires » et confirmait la poursuite du chantier. Areva a opposé une courtoise fin de non-recevoir à nos sollicitations.

Du côté des pouvoirs publics, l'Etat en tant qu'actionnaire à 85 % d'EDF et à 86,5 % d'Areva (directement ou indirectement) déclare « ne pas pouvoir s'exprimer ». Tout au plus, l'Elysée invite-t-il à ne pas tirer de conclusions définitives. Même mutisme de la part de la ministre de l'Energie, Ségolène Royal.

Il faut dire que les conséquences d'une mise à l'arrêt définitif du chantier de l'EPR de Flamanville (le risque est réel) seraient désastreuses. Outre 9 Mds€ (le coût actuel de l'EPR, sans parler de celui d'un éventuel démantèlement) qui partiraient en fumée, c'est toute la filière nucléaire qui serait impactée. La seule construction de l'EPR de Flamanville mobilise 8 000 emplois directs ou indirects. Et 4 000 emplois supplémentaires sont associés à tout EPR vendu à l'exportation. Sauf que la fin de Flamanville entraînerait quasi automatiquement l'arrêt d'autres projets, notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Premier exportateur mondial d'équipements et de services dans le secteur de l'atome, la filière nucléaire française engrange plus de 6 Mds€ de chiffre d'affaires annuels à l'export, employant directement 125 000 personnes. Certaines régions ont développé des compétences spécifiques, comme le Rhône-Alpes, avec l'enrichissement de l'uranium, ou la Bourgogne dans la fabrication des gros composants pour réacteurs. Autant de fournisseurs et de sous-traitants, pour l'essentiel des PME, dont le destin est intimement lié à celui de Flamanville.


Commentaire de Florestan:

Le projet de Ligne Nouvelle Paris Normandie même réduite à sa plus simple expression doit coûter au total autour de... 6 MILLIARDS d'euros. AREVA / EDF doivent donc au moins ... 3 MILLIARDS à la Normandie !

Le désastre de ce tonneau sans fond de Flamanville où le vieux dragon de la légende locale semble s'être réveillé pour poursuivre le chantier de son antique malédiction serait double: désastre à la fois pour la filière nucléaire française mais désastre aussi pour la Normandie où l'argent public peut être gaspillé dans un monstreux projet inutile alors que l'on vient de négocier une série de contrats de projets avec l'Etat largement sous-financés !!!

Faudra-t-il donc expérimenter les méthodes bretonnes pour se faire respecter en Normandie par ces grandes féodalités où l'Etat central possède quelques participations encore majoritaires?

Mettre le feu à la préfecture de Saint-Lô par exemple?