Tous les connaisseurs et promoteurs sérieux et authentiques de "l'idée de région" en France s'accordent à dire que la réforme territoriale en cours est historique par son ampleur mais qu'elle est aussi fort médiocre tant sur le fond (absence quasi totale de réflexion sur l'idée de région) que sur la forme (carte à 13 grandes régionales plutôt monstrueuse ... sauf en Normandie !).

On dira que le résultat consiste à mettre en oeuvre le principe régional pour encore mieux le vider de tout contenu concret:

Le parti jacobin et centralisateur est encore puissant en France bénéficiant, à la fois, du relai de la haute-fonction publique qui ne conçoit la "régionalisation" que comme une simple déconcentration de l'Etat central vers des collectivités territoriales soumises (via le réseau des préfets et le contrôle des ressources financières réelles) et du lobby des élus locaux (sinon localistes) attachés fortement à l'idéal communal et à l'échelon départemental, lobby qui fanfaronne (et ronronne aussi...) au Sénat. L'opposition à l'idée de région est même actuellement ravivée par la montée électorale d'un Front National désormais social et national, profondément centralisateur, départementaliste et jacobin...

Comme d'habitude, les Républicains démocrates, fédéralistes, girondins et régionalistes sont minoritaires en France alors qu'ils en main la seule idée neuve pour moderniser le contrat social français dans un sens plus démocratique, participatif et plus respectueux de la société civile française et des territoires où elle vit...

Une fois de plus, la Normandie, qui sera la seule véritable région de France dans une carte régionale inepte, à savoir la seule région française à taille humaine, assurant enfin une cohérence parfaite entre identité géo-historique, réalité politico-administrative et potentiel économique, va devenir le cas d'école, le laboratoire de la mise en oeuvre réelle et effective d'une véritable expérience régionale en France.

La Normandie va donc faire exception:

Elle est la seule province historique à obtenir sa réunification et la reconnaissance pleine et entière de son intégrité territoriale contrairement aux provinces "plus identitairement affirmées" de Bretagne (qui reste amputée de la Loire Atlantique) et de l'Alsace (englobée contre son gré dans un improbable Grand Est).

La réflexion régionale normande va donc devenir exemplaire: le collectif des QUINZE géographes universitaires normands, issus des trois universités de Caen, Rouen et Le Havre qui existe depuis 2010 était jusqu'à présent, l'une des rares manifestations issues de la société civile pour tenter une réflexion et une maîtrise du processus de réforme territorial en cours en proposant la solution innovante d'un fédéralisme coopératif urbain et démocratique normand... dans le Bassin Parisien, donc tout près de la Mégalopole mondiale parisienne dans le but stratégique d'en animer aussi la porte maritime et internationale privilégiée !

Les informations concernant les futurs chef-lieux "provisoires" dans les régions nouvellement fusionnées ayant fuité récemment dans la presse nationale et bien entendu démenties comme il se doit par le Gouvernement et les élus de la majorité présidentielle actuelle (notamment les deux présidents de régions Normands) démontrent que la réflexion actuellement menée en Normandie suscite l'attention en très haut lieu...

Puisque à partir du cas normand d'un réseau métropole capitale régionale à trois villes animant un grand réseau régional de villes, il serait possible de reconsidérer l'aménagement urbain français dans un sens plus coopératif qu'actuellement dans le cadre de véritables régions.

La Normandie pourrait être même considérée comme l'antidote au cauchemar de fracture territoriale entre métropoles et périphéries.

La réflexion des géographes normands intéresse plus à l'extérieur de la Normandie qu'en Normandie même où les élus sont certainement les meilleurs cancres du cas d'école normand: nul n'est prophète en son pays ! Il suffit de voir l'actuel clochemerle caenno-rouennais instrumentalisé à des fins bassement politiciennes pour s'en rendre compte...

En revanche, l'initiative universitaire normande intéresse beaucoup les géographes Bretons puisque la Bretagne n'a pas obtenu dans le cadre de cette réforme sa réunification territoriale alors qu'il s'agit de la revendication majeure d'un régionalisme breton bien plus virulent que le régionalisme normand !


 

https://www.letelegramme.fr/bretagne/bretagne-a-5-les-geographes-lancent-le-debat-19-04-2015-10600355.php

Alors qu'il leur est souvent reproché leur discrétion, les géographes ont choisi de s'exprimer au travers d'un livre.

Leur combat ? La régionalisation.

Sur un débat jugé inexistant, ils sont sept à s'être penchés sur ses enjeux et à proposer des solutions. « Pour une réforme de cette ampleur, on consulte son peuple. Quand près de 70 % des habitants de la Bretagne historique revendiquent cette réunification et qu'on ne l'écoute pas, c'est un déni de démocratie ! », s'est exprimé Yves Lebahy, président de l'association Géographes de Bretagne.

Alors que, finalement, la Loire-Atlantique n'a pas rejoint la Bretagne et, pour lancer un débat qu'ils estiment inexistant, sept géographes bretons se sont associés pour proposer une alternative aux discours historiques et identitaires sur la régionalisation.

Un livre qui, ils l'espèrent, atteindra politiques et élus et touchera le grand public.

« Réunifier la Bretagne ? »

Quelques jours après la manifestation du 27 septembre pour la réunification de la Bretagne, qui avait rassemblé plus de 20.000 personnes à Nantes, l'association des Géographes de Bretagne, à l'occasion de son assemblée générale, a choisi de sortir de l'ombre, au travers d'un livre « Réunifier la Bretagne ? Régions contre métropoles ? ». « Nous allons continuer à nous battre »

L'objectif ?

Apporter un éclairage sur les enjeux d'une Bretagne à cinq départements et plus largement, sur l'avenir de la Bretagne. « Nous ne pouvions pas rester indifférents alors que la population s'est mobilisée », a justifié Yves Lebahy, président de l'association des Géographes de Bretagne. « Au coeur des mutations sociétales, la lecture proposée par des géographes prend tout son sens », a ajouté Jacques Lescoat, vice-président fondateur de l'association, qui regrette que les géographes n'aient pas été consultés sur le sujet.

« Cette réforme, c'est du bricolage, ont-ils souligné. Elle révèle l'incompétence de ceux qui l'ont élaboré. Nous allons droit dans le mur ».

Et d'insister : « Il ne s'agit pas d'un discours réactionnaire reposant uniquement sur des fondements historiques. Cette réunification est un fondement vers l'avenir ». Outre un « déni de justice engendré par la réforme territoriale », les géographes dénoncent aussi le phénomène de métropolisation. « On concentre les moyens et les pouvoirs dans les grandes villes, au détriment de leurs territoires environnants », s'est indigné Yves Lebahy. « Outre une fracture sociale entre privilégiés et laissés-pour-compte, ajoute Jacques Lescoat, ce phénomène participe à l'éclatement des territoires ».

Mais convaincu de la force de l'identité, de la culture et des atouts de la Bretagne, le vice président a conclu : « La situation telle qu'elle est ne pourra pas durer. Nous allons continuer à nous battre pour la Bretagne et pour un projet commun ».

Pratique:

« Réunifier la Bretagne ? Région contre métropoles ? »

Du collectif des géographes de Bretagne, aux éditions Skol Vreizh, en 160 pages illustrées. En vente en librairie dans toute la Bretagne. Tarif : 13 €.


 

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Pour mémoire, rappelons la campagne de publicité remarquée et remarquable de nos amis de l'Union Démocratique Bretonne: