On a vu que la fusion normande générait dans la classe politique régionale un précipité chimiquement pur du type "clochemerle"... Habitués à la course pour les places à prendre, les élus ont l'habitude de raisonner "périmètre" ou "circonscription" au lieu de penser "région" ou "territoire" (des mots qu'ils ont toujours à la bouche pourtant...). Quand a pris ses habitudes dans un bac à sable ou une cour de récréation, il est normal que l'on réagisse violemment dès qu'il s'agit de bouger les limites ou les murs !

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La Normandie, vue d'après un homme politique...

Et dans la société civile et les syndicats qui la représente dans le cadre quotidien et encore dominant du travail, qu'en est-il?

Il y a des "bassins de vie", un "espace vécu régional" (notion que l'on doit à Armand Frémont, notre plus grand géographe normand...), un sentiment d'appartenance, local (la ville, la commune, le département et orignalité du cas normand, un attachement particulier au "pays"... "Je suis Cauchois, je suis du Cotentin, je viens du Bessin ou du Pays d'Auge...")

Voire, une identité régionale ou dumoins, le respect, la considération ou une fierté pour l'évidence normande et son patrimoine géo-historique et culturel...

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Du côté des syndicats, donc, au nom de la défense de l'unité indivisible de la République, certains ont longtemps nié la réalité des spécificités locales ou régionales: un conflit social breton, alsacien ou normand, ça reste avant tout un conflit social... Un patron ou un salarié qu'il soit auvergnat, provençal, corse ou picard ça reste avant tout un patron ou un salarié. Dirait-on encore la même chose pour un chômeur? S'il habite au coeur d'une métropole favorisée branchée sur la Mondialisation (par exemple, Paris) ou s'il habite dans le "rural profond" du Bourbonnais ou du Rouergue?

L'orthogonie rationnelle d'un territoire national français parfaitement homogène, régulier,  égal et semblable en tout lieu, tel un immense plateau de jeu où tous les pions pourraient se mouvoir à égalité, est une vue de l'esprit totalement délirante et cette maladie mentale porte même un nom: le "jacobinisme".

Et pour ce qui concerne notre sujet, la fusion normande et les syndicats, le plus ou moins grand degré de jacobinisme des uns et des autres permet de comprendre la position de plus ou moins bonne volonté vis à vis du principe de l'unité normande... En tout cas, en bons républicains légitimistes et respectueux de la loi, tous les syndicats devront se plier aux réalités nouvelles de l'unité normande: de bonne ou de mauvaise grâce, avec un avantage pour ceux qui ont eu l'intelligence de l'anticiper !

C'est pourquoi, nous ne perdrons donc pas notre temps ici: on ne vous parlera pas des états d'âme sur le retour au féodalisme normand seriné par les gens de Force Ouvrière, ces jacobins forcenés jadis financés par la... CIA !

On vous parlera plutôt ici de la CGT qui fut pionnière puisque son comité régional "Normandie" existe depuis 1982 avec pour mission, la coopération solidaire lors des conflits sociaux en Normandie pensée déjà comme une unité économique et industrielle cohérente...

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  • Dans la Chronique de Normandie (n°401 en date du 6 avril 2015) on pouvait lire ceci:

"A la CGT, la fusion des deux Normandie n'aura pas d'impact sur l'organisation interne du syndicat. Et pour cause: "nous sommes déjà un comité régional sous la responsabilité des cinq unions départementales" explique Lionel LEROGERON, secrétaire régional. Le seul impact tangible concernera les représentants de la CGT élus et mandatés siégeant dans des instances destinées à fusionner, les CESER notamment...

"En revanche, les inquiétudes émanant des agents des collectivités et des services déconcentrés de l'Etat, qui ne savent pas quel sera leur sort, sont réelles. Dans les rectorats, à Pôle emploi, à la DIRECCTE, le syndicat est sollicité à ce sujet. La CGT sera vigilante bien sûr: "On attend la mise en place du préfet préfigurateur qui réunira les instances syndicales et qui permettra surtout d'y voir plus clair sur les projets de fusion des services régionaux"

Nul doute que cela sera d'autant plus clair avec un syndicat qui a déjà anticipé depuis plus de 20 ans les réalités régionales normandes en proposant régulièrement à ses adhérents, une brochure d'études sur le potentiel économique et industriel de la Normandie qui est toujours passionnante à lire...

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... Des choix ? Oui mais pas celui de la Normandie !

 

Comme d'habitude, c'est plus compliqué du côté de la CFDT...

  • Dans la Chronique de Normandie (n°398 en date du 16 mars 2015) on pouvait lire ceci:

"Vers une CFDT Normandie avec une sage lenteur.

"La CFDT se met doucement en ordre de marche pour adapter son fonctionnement et accompagner la fusion des deux régions normandes.

D'ici trois ans, "l'ambition est de n'avoir qu'une seule union régionale" explique Katia Planquois secrétaire générale de la CFDT Haute Normandie.

D'ici là, il va falloir que les deux représentations régionales apprennent à travailler ensemble (sic !) Les choses ne vont pas de soi (ah bon?); les habitudes de travail sont différentes et, pour tout dire, la CFDT de Haute-Normandie a toujours eu plus de relations avec les régions Picardie et Nord-Pas-De-Calais dont elle se sentait plus proche (tiens, tiens, tiens...)

Pour avancer, Katia Planquois et son homologue bas-normand Bertrand Brière se réunissent régulièrement. "Ils débroussaillent le terrain" (la friche, la jachère...)

Les congrès régionaux de 2016 permettront ensuite d'établir un plan de travail commun pour harmoniser les pratiques et les modes d'organisation.

Une chose est sûre, il faut "se concentrer sur notre coeur de métier: le syndicat, l'accompagnement des salariés en difficulté" (quid de la solidarité normande CFDT pour les ex Moulinex?)

Pas question de se disperser à l'occasion de cette réorganisation territoriale: "nous ne sommes pas présidents de région", rappelle Katia Planquois (mais les salariés ou chômeurs Normands, eux, ils existent !)

En résumé, il faut "prendre les choses dans le bon ordre, avec du bon sens" car contre toute attente, le chantier est plus vaste qu'il n'y paraît...

Et Bertrand Tierce, le rédacteur d'une chronique normande (plus haut-normande que normande...) de nous révéler le pot-aux-roses:

"La fusion des régions est synonyme pour la CFDT de gestion des inquiétudes des personnels territoriaux concernés. Et ça pour le moment, personne n'en parle (Si ! Sur l'Etoile de Normandie on en a déjà parlé !). "On a mis la charrue avant les boeufs" considère pour sa part Katia Planquois, toujours dubitative sur l'intérêt de la grande région, qui, elle en est sûre, ne sera pas source d'économies"

... Puisque la Normandie unie sera source de richesses supplémentaires !

Un adhérent de la CFDT qui, au contraire de sa direction, croit à l'évidence normande et à la nécessité de la réunification normande peut éventuellement adhérer à la... CGT !