Je me demande si j'ai bien participé à la même réunion quand je lis ce qui suit  !

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Sur l'Etoile de Normandie, on commence à en voir assez de la métaphore sportive des journalistes qui ont du vent sous pression dans la tête à l'instar d'un... ballon de foot !


 

Publié le 29/04/2015 á 22H55
En exposant ses atouts, Caen dans une position de défense

Normandie. En exposant ses atouts, la Basse-Normandie montre qu’elle veut peser dans les choix à venir. Mais elle ne joue qu’à domicile.

Que retenir de l’initiative « Caen cause normand » qui a réuni mille personnes mardi soir dans le grand hall du Mémorial pour la Paix ?

Que l’exercice est réussi, s’il ne consistait qu’à déployer l’éventail des atouts et des talents d’une Normandie qui mérite évidemment bien mieux que son appellation « Basse ».

Mais aussi que la cible est ratée, dans la mesure où cette démarche n’aura eu pour effet que de convaincre des convaincus, venus comme pour se rassurer, à la manière d’une douairière qui vérifie que l’argenterie est toujours bien dans le placard. « On n’a pas envie de se faire manger tout cru. Nous sommes dans une position de défense», glisse le philosophe Michel Onfray quelques instants avant de monter sur l’estrade où vont se succéder durant près de trois heures des personnalités de premier plan de la vie économique, culturelle et sportive, ainsi que des universitaires et chercheurs invités à exposer leur trajectoire d’excellence et à exprimer un attachement réel, sincère et sans doute mérité, à la ville qui les accueille.

Ainsi Navin Alahari, directeur de recherche au Ganil (Grand accélérateur national d’ions lourds). Ainsi Frédéric Vilain, à la tête de DSI Instruments. Ainsi le patron de la société Normandise à Vire, spécialisée dans l’alimentation haut de gamme pour les chats et petits chiens, qui exporte dans le monde entier. Et Paul Langeois, directeur du festival de Beauregard, Xavier Gravelaine, « patron » du Stade Malherbe de Caen, et encore Luc Lesenecal, directeur des tricots St James venu sans marinière ni Arnaud Montebourg dire combien il apprécie de travailler dans la région, près d’une ville construite « à la campagne car l’air y est plus pur», comme le préconisait l’humoriste honfleurais Alphonse Allais.

Mais quoi ? Quelle finalité et surtout quel avenir pour cet intéressant balayage des success stories caennaises, sinon des retombées locales sur un terroir déjà entièrement acquis à la cause ? De fait, la vraie bonne idée n’eût-elle pas été de monter l’opération à Rouen ou au Havre, villes que l’on voudrait partenaires avant d’être rivales, et qui auraient pu elles-mêmes aller « causer normand» chez Guillaume le Conquérant ?

À défaut, il faut s’interroger sur l’objectif véritable de cette séance d’autocongratulation, pas du tout imméritée mais semblable au regard que se porte le bodybuilder dans le miroir de la salle de musculation. La réponse vient des politiques. De Joël Bruneau, le maire UMP et président de Caen la Mer à l’initiative du rassemblement. De Jean-Léonce Dupont, président UDI du Calvados, de Philippe Augier, maire Nouveau Centre de Deauville, de Véronique Louwagie, maire UMP de l’Aigle, tous installés au premier rang auprès de Laurent Beauvais, président socialiste sortant d’une région où la campagne électorale pour le scrutin des 6 et 13 décembre est visiblement déjà lancée. Car en réunissant à domicile les forces vives de la région, en prônant à longueur de soirée « le fédéralisme», « la recherche d’équilibre» entre Rouen et Caen, la droite bas-normande s’exonère d’ores et déjà des reproches de n’avoir pas réagi à temps, ou de n’avoir rien tenté, si la ville n’obtenait ni le titre de chef-lieu, ni le siège du conseil régional.

C’est une éventualité. Elle était mardi soir dans tous les esprits.

Franck Boitelle


Réponse de florestan  à franck boitelle:

Pour avoir même participé à cette soirée, en avoir discuté directement avec Michel Onfray lui-même et avec vous comme témoin privilégié, cette présentation un peu ironique, limite méprisante de cette soirée qui a su contrairement à ce qui se dit à Rouen, limiter la passion triste du clochemerle, frise la malhonnêteté intellectuelle.

C'est décevant car vous faites du Ouest France, ce journal (breton) ayant clairement pris partie pour une posture systématiquement critique sur la fusion normande... C'est même pire ! Vous devenez les idiots utiles de tous ceux qui ne veulent pas de l'unité normande!


Vous tenez compte néanmoins de la belle idée qui a pu enfin émerger de cette soirée caennaise et normande: le fédéralisme ! Cette idée mérite bien plus que votre condescendance puisque c'est la seule solution réaliste à notre problème !

Pour être néanmoins honnête avec vous et c'est le seul point d'accord que j'aurai avec votre analyse (nous aurions pu en parler d'ailleurs) c'est que si les élus de la droite caennaise et du département du Calvados étaient à ce point désireux de faire du fédéralisme normand, ils pourraient le faire avec Le Havre en mettant en oeuvre un vrai pôle métropolitain régional de part et d'autre de l'Estuaire (au lieu de s'échiner à faire exister deux projets de pôles, l'un sur Caen et l'autre sur Le Havre) ou en mettant en oeuvre une grande coopération de finances et de projet sur les cinq départements normands (rencontre d'ailleurs prévue le 4 mai prochain à Caen des 5 présidents de département)

Enfin, il faut être clair:

La loi du 16 janvier dernier dispose que pour confirmer définitivement l'option d'une capitale unique (siège de la préfecture et de la région dans la "même unité urbaine") il faudrait le vote conforme (je ne dis pas un simple "avis consultatif" je dis bien: "un vote conforme") d'au moins 3/5ème des conseillers régionaux.
A savoir sur 102 conseillers régionaux normands, il en faudrait 60 pour Rouen capitale unique en Normandie. Sachant qu'il y a 55 conseillers issus de HN et 47 de BN. Si par miracle les 55 conseillers Haut-Normands faisaient bloc pour Rouen il faudrait, en plus ! débaucher 5 conseillers Bas-Normands supplémentaires pour arriver au 3/5ème.


Autant dire, mission IMPOSSIBLE !
Que cela vous plaise ou non, il y aura une capitale régionale multi-sites avec des pôles principaux et des antennes dans les trois villes.